vendredi 6 février 2026

Bourse du travail de Grenoble : les syndicats interpellent les candidats aux municipales


 Les représentants des organisations syndicales présentes, lundi 2 février, devant la fresque rénovée d'Ernest Pignon Ernest, sur le mur de la bourse du travail de Grenoble.

Les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires ont interpellé les candidats aux élections municipales lors d'une conférence de presse commune, ce lundi 2 février, sur la situation et l'avenir de la bourse du travail de Grenoble. L'occasion de présenter leur cahier d'acteurs regroupant leurs propositions pour la rénovation et la valorisation du lieu.

L’année prochaine, la bourse du travail de Grenoble fêtera ses cinquante ans d’existence. Elle a en effet été créée et inaugurée en 1977 par la municipalité Dubedout, pour remplacer les locaux situés rue Berthe de Boissieux, devenus inadaptés. Mais un demi-siècle plus tard, le bâtiment de l’avenue de l’Europe, bordant le quartier de la Villeneuve, a clairement « besoin d’un certain rafraîchissement pour répondre aux attentes des syndicats mais aussi pour accueillir du public dans de bonnes conditions. Et pour répondre aux nouveaux besoins issus de la modification du paritarisme, de l’évolution du monde et des enjeux climatiques », explique Nicolas Benoit.

Le secrétaire général de la CGT Isère s’exprimait lors d’une conférence de presse réunissant l’ensemble des organisations syndicales utilisatrices des lieux (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires), lundi 2 février. Objectif : profiter des élections municipales à venir pour interpeller les candidats sur ce dossier. Ceci, en leur présentant le cahier d’acteurs pour la rénovation de la bourse du travail, conçu collectivement par l’intersyndicale.

« Une vraie passoire thermique »

« Depuis quelques années, on constate les difficultés d’un débat apaisé avec les différents acteurs que sont la ville de Grenoble, la métropole et le département », déplore Nicolas Benoit, regrettant que les syndicats « paient les pots cassés » des dissensions politiques entre ces collectivités. Sans compter la volonté de désengagement du département de l’Isère — la bourse du travail ayant la particularité d’être un bâtiment communal recevant des gens venus de tout le département. Pourtant, le responsable de l’UD CGT en est convaincu, « ce qui pu être fait il y a cinquante ans par le courage de la municipalité de l’époque peut être fait à nouveau ».

Le bâtiment, mal isolé et non entretenu depuis 50 ans, a besoin d’une sérieuse rénovation.

Pour les représentants syndicaux, il y a urgence tant les problèmes s’accumulent, à l’image de l’isolation d’un bâtiment qui « n’a jamais été entretenu depuis sa construction », souligne Philippe Beaufort (FO). En clair, « c’est une vraie passoire thermique : on a très chaud l’été et froid l’hiver ! » Aujourd’hui, « l’état du bâti et des communs, l’accessibilité, la performance énergétique, les conditions d’accueil du public et les conditions de travail des équipes ne sont plus au niveau attendu pour un service de proximité aux travailleurs », constatent les syndicats, unanimes.

Un programme pluriannuel de rénovation et valorisation

Ces derniers demandent donc l’inscription, dès le mandat municipal 2026–2032, d’un programme pluriannuel de rénovation et de valorisation de la bourse du travail. Condition sine qua non pour que celle-ci puisse assurer l’ensemble de ses missions : accueil, information et accompagnement des salariés, formation syndicale pour les adhérents, défense prud’homale…

Les propositions regroupées dans le cahier d’acteurs sont déclinées en trois phases. La première (2026–2027) — la plus urgente — comprend « diagnostic technique, mise en sécurité, remise à niveau électrique, rénovation des sanitaires/PMR, traitement des accès et de la dalle », détaille Bernard Cruz (CFE-CGC). Seconde phase (2026–2030), la consolidation : il s’agit de « la rénovation thermique (isolation, protections solaires), la modernisation des éclairages, équipements numériques et audiovisuels, l’isolation acoustique », poursuit-il. Enfin, une dernière séquence (2030–2032) de valorisation visant à la « création d’un amphithéâtre, de salles complémentaires, d’une salle d’exposition ».

Réunion quadripartite et comité de pilotage

Quid du montant et du financement ? « On ne peut rien chiffrer à ce stade », répond Nicolas Benoit, concédant toutefois qu’un tel projet impliquera « un investissement massif ». Mais il faudra d’abord réaliser une première étude et beaucoup de paramètres sont à prendre en compte, de la volonté de la future municipalité aux décisions des exécutifs métropolitain et départemental. L’intersyndicale souhaite d’ailleurs être associée à une réunion quadripartite avec ces trois collectivités.

Dans un premier temps, les syndicats demandent déjà aux candidats aux municipales de prendre trois engagements, dans le cadre de la campagne :

  • Inscrire au programme de mandat un plan pluriannuel de rénovation et de mise aux normes de la bourse du travail, assorti d’un calendrier et d’une enveloppe budgétaire.
  • Installer dès 2026 une instance de pilotage et de concertation avec les organisations syndicales signataires, pour conduire un diagnostic partagé, prioriser les travaux et assurer la continuité d’activité.
  • Renforcer la visibilité et l’accessibilité de la bourse du travail comme lieu d’accueil du public et de démocratie sociale (signalétique, accès, numérique, sécurité), en cohérence avec les projets urbains du secteur.

Pour le reste, Nicolas Benoit souhaiterait que la bourse du travail s’intègre pleinement, à terme, dans le projet GrandAlpe, avec une rénovation totale du site, une dalle végétalisée… Quant à l’option d’une relocalisation — à envisager si l’état du bâti ou les contraintes d’exploitation rendent la rénovation non soutenable -, celle-ci n’est pas totalement exclue mais n’est pas le scénario privilégié par les organisations syndicales. Aux candidats de se prononcer maintenant.

jeudi 5 février 2026

Souveraineté de la France, levier pour des coopérations dans l’intérêt des peuples :
 le combat toujours actuel de la classe ouvrière

« Seule la classe ouvrière en tant que classe sauva l’honneur de la France », a écrit André Mauriac. Loin d’être une simple formule historique, cette citation résonne avec une acuité singulière aujourd’hui, à l’heure où notre souveraineté – industrielle comme alimentaire – est plus que jamais menacée. Les « Versaillo-Munichois », pour reprendre une expression de ma jeunesse qui garde toute sa pertinence, n’ont jamais été aussi présents et sans scrupules aux commandes de l’État et dans les cercles du pouvoir économique.

Depuis l’élan du Conseil national de la Résistance (CNR) jusqu’à aujourd’hui, notre parti n’a cessé de mener, sous des formes variées, des batailles essentielles contre un capital spéculateur. Face au Plan Marshall, qui entendait hier mettre notre industrie en coupe réglée, nous avons répondu par de grandes nationalisations, notamment dans le secteur bancaire et l’énergie. Nous avons aussi défendu nos politiques culturelles, la production cinématographique française, nos institutions de pensée, piliers de notre indépendance intellectuelle. Un sursaut patriotique français sur la base des intérêts du peuple français est indispensable pour permettre une meilleure indépendance de l’Europe face aux appétits hégémoniques d’où qu’ils viennent. Il est lié à notre conception de la République, sociale, démocratique, et de la nécessité de redonner à notre pays les moyens de mener une politique en toute indépendance. C’est le levier pour bâtir les coopérations nécessaires, répondant aux intérêts des peuples et non à ceux du capital, au niveau européen et au niveau international pour répondre aux défis communs de l’humanité.

La liste des entreprises passées sous contrôle américain ou allemand serait à présent trop longue pour un seul numéro de CommunisteS. À l’heure qu’il est, nos industries stratégiques font l’objet d’une infiltration massive par des fonds de pension sans attaches nationales. À la lumière de cela, on ne peut que mesurer l’importance décisive du programme du CNR, visant à reprendre le contrôle des finances et des industries clés, réalisé grâce à l’impulsion des ministres communistes et au soutien personnel de Charles de Gaulle. En vérité, nous serions en lieu de nous interroger sur ce qu’il resterait aujourd’hui de l’indépendance réelle de notre économie sans le programme du CNR.

Aujourd’hui, nous retrouvons nos ennemis de toujours, au gré de circonstances et de cas de figures différents. La défense de nos intérêts essentiels et de l’intérêt national passe par des combats concrets : le sauvetage de l’entreprise de services numériques ATOS et d’Arquus (anciennement Renault Défense), la sauvegarde du leadership industriel français dans l’avenir du projet de système de combat aérien du futur (SCAF) ou encore dans la production du char du futur avec KNDS, qui équipe les armées françaises, allemandes et ukrainiennes. C’est encore ce qui se joue avec la tentative de rachat du corrézien LMB Aerospace par le groupe Loar Holdings LLC, qui placerait la société sous pavillon américain et donc sous le coup du USA Patriot Act et de la Réglementation américaine sur le trafic d’armes au niveau international (ITAR). Ce sont autant de dossiers où se joue notre capacité à décider par nous-mêmes. De meilleures voies de coopération à l’échelle européenne restent donc à construire, dans le respect de la souveraineté des peuples et des nations, libres et associées.

La responsabilité des communistes est immense. Il nous incombe de réveiller les consciences et d’ouvrir les voies d’une renaissance nationale, pour construire la « France des jours heureux ». Ces jours heureux, on ne les bâtit pas avec des ordinateurs sous Windows 11, inféodés aux GAFAM. Le dernier document stratégique de l’administration américaine en matière de sécurité est sans ambiguïté : notre peuple et les idées qu’il porte sont perçus comme un péril. Certains rappelleront, non sans ironie, que les Lumières françaises ont pourtant inspiré la Révolution américaine. On imagine sans peine un Beaumarchais, inventeur du droit d’auteur, aujourd’hui arrêté (par les agents de ICE) pour avoir créé le copyright !

Le combat contre l’empire étatsunien et les autres menaces d’ingérence et leurs relais en France doit monter en puissance. Il doit se mener dans les entreprises, sur le terrain économique, et au Parlement, où il faut dénoncer sans relâche les décisions d’un gouvernement minoritaire dans le pays, à la solde des oligarchies. Les salariés doivent voir en notre parti et en ses militants des acteurs résolus de la défense de notre souveraineté et de notre liberté d’agir. C’est cette certitude qui donne une raison de lutter et l’espoir de vaincre.

En 1963, lors de l’un de ses discours concernant le refus de l’entrée du Royaume-Uni dans l’Europe, de Gaulle a dit : « Le peuple est patriote, les bourgeois ne le sont plus, l’esprit d’abandon des élites française est un mal qui menace cycliquement de détruire la France. »
L’honneur de la France, encore une fois, se défendra par et avec sa classe ouvrière.

Jean-Charles Schmidt

Responsable de la commission Défense
Pour échanger avec nous : com.def@pcf.fr

Article publié dans CommunisteS, numéro 1072 du 4 février 2026.

 

mardi 3 février 2026

Crolles 2026 : Agir pour demain


 Crolles 2026 : Agir pour demain

Nous venons à votre rencontre ces prochaines semaines, pour vous écouter et discuter ensemble de notre programme.
Belle journée à vous tous.

lundi 2 février 2026

Liste conduite par Jean Paul Trovero


 

PRÉPARER L’AVENIR !

PRÉPARER L’AVENIR !
✅Préparer l’avenir, c’est anticiper les défis climatiques pour offrir dès aujourd’hui un cadre de vie sain, respirable et apaisé.
➡️Nous redonnerons une large place à la nature en ville tout en repensant les déplacements, pour favoriser des mobilités douces et sécurisées.
➡️Nous travaillerons un aménagement du territoire responsable et métamorphoserons notre cœur de ville pour créer un environnement convivial, durable et adapté aux besoins de chaque habitante et chaque habitant.

 

dimanche 1 février 2026

Capgemini : sanctions, remboursement des aides et contrôle public et social !


 Capgemini, entreprise française, a conclu avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), sous couvert d’une de ses filiales, des accords, en particulier pour fournir du « skip-tracing » (identification et localisation des migrants), pour un montant de 365 millions de dollars. Plus Capgemini localise de migrants, plus elle empoche !

L’ICE, l’agence fédérale chargée de l’immigration aux États-Unis, s’est transformée en milice au service du projet MAGA de Donald Trump. Elle agit hors de tout principe déontologique, sans contrôle, sans contre-pouvoir, sans autre compte à rendre qu’à la Maison Blanche. Elle est devenue l’outil de l’État trumpiste, c’est-à-dire d’un pouvoir illibéral au service d’un projet xénophobe et raciste. Elle traduit la volonté des secteurs dominants du capitalisme états-unien de faire advenir un régime autoritaire s’affranchissant de tout principe démocratique.

Il s’agit là d’un laboratoire international pour toutes les extrêmes droites. Son directeur, Todd Lyons, nommé par Trump, recule les bornes de l’ignominie en comparant les expulsions de masse en vingt-quatre heures au service Prime d’Amazon, assimilant ainsi les migrants à des objets.

Le bilan est terrible, avec l’assassinat de Renée Good le 7 janvier 2026 et celui d’Alex Pretti le 24 janvier 2026. L’ICE suscite aussi des protestations massives, preuve que les résistances populaires sont actives contre les politiques trumpistes.

C’est un accord de la honte, qui baigne dans le sang de Renée Good et d’Alex Pretti, et qui se repaît de dollars tirés des désastres humains et de la négation des droits humains.

Il s’inscrit dans la droite ligne du rapprochement avec Palantir, dont l’ancien dirigeant, Peter Thiel, est un proche de Trump, libertarien, et vient de prononcer, ce lundi 26 janvier, un discours halluciné devant l’Académie des sciences morales et politiques à Paris, rempli d’élucubrations pseudo-religieuses.

Dans le même temps, la direction de Capgemini a annoncé, le 20 janvier, vouloir supprimer 2 400 emplois, soit près de 7 % des 35 000 postes du groupe en France.

De qui se moque-t-on ? Les dirigeants de cette entreprise s’enrichissent grâce aux politiques racistes de Trump, tout en mettant des salariés à la rue en France.

Déjà, en 2022, la sénatrice communiste Éliane Assassi, rapporteure de la commission d’enquête sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, avait pointé des problèmes quant à l’influence exercée par l’entreprise Capgemini en France sur les politiques publiques.

Les déplorations du gouvernement français ne suffisent pas.

Le PCF demande :

- la rupture des contrats avec l’ICE ;
- l’exclusion des marchés publics français et européens tant que l’entreprise collabore avec des agences violant les droits humains ;
- le remboursement des aides publiques perçues par l’entreprise (Capgemini a reçu 80 millions d’euros de Crédit Impôt Recherche en 2025) ;
- la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les activités de Capgemini.

Enfin, le PCF appelle à ce qu’une réflexion soit engagée dès à présent sur la mise sous contrôle public et social de l’entreprise.

Paris, le 29 janvier 2026