lundi 12 septembre 2011

737 maîtres du monde contrôlent 80 % de la valeur des entreprises mondiales

Par Ivan du Roy
Une étude d’économistes et de statisticiens, publiée en Suisse cet été, met en lumière les interconnexions entre les multinationales mondiales. Et révèle qu’un petit groupe d’acteurs économiques – sociétés financières ou groupes industriels – domine la grande majorité du capital de dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde.
Leur étude, à la frontière de l’économie, de la finance, des mathématiques et de la statistique, fait froid dans le dos. Trois jeunes chercheurs de l’Institut fédéral de technologie de Zurich [1] ont scruté les interactions financières entre multinationales du monde entier. Leur travail – « The network of global corporate control » (le réseau de domination globale des multinationales) – porte sur un panel de 43.000 groupes (« transnational corporations ») sélectionnés dans la liste de l’OCDE. Ils ont mis en lumière les interconnexions financières complexes entre ces « entités » économiques : part du capital détenu, y compris dans les filiales ou les holdings, prise de participation croisée, participation indirecte au capital…
Résultat : 80 % de la valeur de l’ensemble des 43.000 multinationales étudiées est contrôlé par 737 « entités » : des banques, des compagnies d’assurances ou des grands groupes industriels. Le monopole de la possession du capital ne s’arrête pas là. « Par un réseau complexe de prises de participation », 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes entre elles, possèdent 40 % de la valeur économique et financière de toutes les multinationales du monde entier.
Une super entité de 50 grands détenteurs de capitaux
Enfin, au sein de ce groupe de 147 multinationales, 50 grands détenteurs de capital forment ce que les auteurs appellent une « super entité ». On y retrouve principalement des banques : la britannique Barclays en tête, ainsi que les « stars » de Wall Street (JP Morgan, Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley…). Mais aussi des assureurs et ds groupes bancaires français : Axa, Natixis, Société générale, le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne ou BNP-Paribas. Les principaux clients des hedge fund et autres portefeuilles de placements gérés par ces institutions sont donc, mécaniquement, les maîtres du monde.
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Au Chili, la jeunesse se souvient de l’autre 11 septembre

Le Chili connaît ses plus grandes manifestations populaires depuis la chute de la dictature Pinochet en 1990. Née dans une démocratie néolibérale où les inégalités se creusent, la jeunesse chilienne réclame une éducation publique, gratuite et de qualité. Au-delà du gouvernement, elle s’en prend à l’héritage de la dictature, et renoue symboliquement avec la séquence Allende. Cette année, le 11 septembre a un goût amer pour la classe politique chilienne.
La cote de popularité de Sebastian Pinera – premier président de droite à arriver au pouvoir de manière électorale au Chili depuis 1956 –, a dégringolé de plusieurs étages depuis le mois de mai. A 26%, on peut même considérer qu’il a atteint le « ground zero » de la popularité des présidents chiliens depuis le retour à la démocratie. Une claque, donc, alors qu’entre 70% et 80% de la population, selon les sondages, soutiennent les étudiants qui se mobilisent depuis le mois de mai pour une éducation publique, gratuite et de qualité. De quoi calmer les ardeurs d’un président multimillionnaire qui, « par provocation, prétend que ’’l’éducation est un bien de consommation’’, et que ’’dans la vie, tout a un coût’’, alors que l’éducation était gratuite jusqu’en 1973  », explique Franck Gaudichaud, maître de conférence en Civilisation hispano-américaine à l’Université Grenoble-3, membre du bureau national de l’association « France Amérique Latine », et coordinateur de l’ouvrage Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine (Textuel, 2008). On comprend que les étudiants aient peu apprécié : « 70% d’entre eux sont endettés, 65% sont obligés d’interrompre leurs études. Les établissements, privés comme publics, dépendent à 75% des frais d’inscription. Face à cela les étudiants veulent un retour de l’État dans l’éducation ». L’ampleur et la teneur de cette mobilisation d’ « une génération qui n’a plus peur » n’est pas sans rappeler les manifestations populaires de soutien à Allende, ou celles qui ont mis fin à la dictature.
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samedi 10 septembre 2011

Education : l'enseignement privé fera aussi grève avec le public

Après l'appel à une journée de grève, le 27 septembre prochain, lancé par les syndicats du public pour protester contre les suppressions de postes dans l'Education nationale, la quasi totalité des syndicats des établissements privés sous contrat appellent, fait inédit, à rejoindre la mobilisation.
La Fep-CFDT, le Snec-CFTC, le Spelc, le SNPEFP-CGT et le Synep-CFE-CGC réclament "zéro retrait d'emploi pour la rentrée 2012" et appellent "tous les personnels des établissements d'enseignement privés à défendre leur avenir en participant à la journée du 27 septembre dans l'Education nationale et dans l'enseignement agricole", selon un communiqué commun.
Environ "1.350 suppressions d'emplois sont à nouveau envisagées (en 2012) pour l'enseignement privé", déplorent les syndicats. "Depuis 2008, plus de 5.000 emplois ont été retirés dans l'enseignement privé associé à l'Etat par la mise en oeuvre de la RGPP (révision générale des politiques publiques) alors que les prévisions d'effectifs sont fortement à la hausse", rappellent-ils. Ce chiffre de 5.000 postes supprimés tient compte des 1.433 postes enlevés à la rentrée 2011, a précisé Bruno Lamour, secrétaire général de la Fep-CFDT. "C'est exceptionnel que cinq organisations syndicales du privé lancent, de manière conjointe, un appel pour rejoindre les syndicats du public", a-t-il dit.
Le principe d'une grève conjointe dans le privé est dans l'air depuis fin août
Les suppressions de postes dans le privé, exclusivement d'enseignants, ont des conséquences "désastreuses", déplorent les fédérations. Elles "réduisent l'offre de formation" à cause de fermetures de classes et d'établissements "tout particulièrement en milieu rural", elles "dégradent les conditions de travail des élèves et des personnels", et elles rendent "impossible" la prise en charge des élèves les plus en difficulté ou en situation de handicap". Contrairement au public, tous les professeurs sont devant des élèves et ne sont pas détachés à d'autres fonctions, il n'y a pas de professeurs remplaçants et le privé peut basculer certains postes d'enseignants du primaire dans le secondaire. Le principe d'une grève conjointe dans le privé était dans l'air lorsque la Fep-CFDT, principale fédération dans le secteur, avait annoncé fin août qu'elle s'associait à la mobilisation du 27 septembre, mais il fallait attendre que l'accord de principe se concrétise. "Les souhaits que nous avons ne sont pas spécifiques à l'enseignement privé mais bien ceux qui préoccupent nos collègues du public: (...) l'Education nationale est mise à mal depuis quelques années par le gouvernement, dont la conséquence est qu'il n'y a plus de priorité accordée à l'éducation", avait alors fait valoir Bruno Lamour, secrétaire général de la Fep-CFDT.
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Les radiés du chômage

Une note du collectif « Autres chiffres du chômage » apporte un éclairage complémentaire à notre enquête sur Pôle emploi et la hausse des radiations administratives par e-mail.
A la suite de l’enquête d’Anne Solesne Tavernier, « Maintenant, on radie par e-mail », à lire dans notre journal, une note du collectif « Autres chiffres du chômage » (ACDC) publiée le 6 septembre révèle l’influence des politiques menées par Pôle emploi sur les chiffres du chômage.
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Note ACDC septembre 2011
Cette note intitulée : « Les flux d’entrée et de sortie du chômage : moins de retours vers l’emploi, plus de sorties administratives », indique que « chaque mois, environ 500 000 demandeurs d’emploi s’inscrivent sur les listes de Pôle emploi et à peu près autant en sortent. Ces flux représentent aujourd’hui entre 11 % et 12 % du total des demandeurs d’emploi et sont bien supérieurs aux variations mensuelles du stock des demandeurs inscrits. Les mouvements qui affectent ces flux d’entrée et de sortie peuvent donc avoir une incidence assez sensible sur les fluctuations du baromètre mensuel ».
Ainsi, en juillet, comme l’ont relevé le syndicat SNU-Pôle emploi et le site actuchomage.org, le collectif a constaté « une hausse brutale du nombre de radiations administratives : +25,1 % en un mois. Par rapport au mois de juin, près de 10 000 personnes supplémentaires ont été ainsi radiées des listes de Pôle emploi au cours du mois de juillet. Il s’agit là d’une hausse record, jamais observée depuis quinze ans ».
Le collectif considère que « les bouleversements organisationnels de l’établissement public influent » sur les données chiffrées sur le marché du travail et le chômage indemnisé. Ainsi la dématérialisation des courriers adressés aux chômeurs pourrait y avoir une bonne part de responsabilité. « On avait constaté dans la première année d’existence de Pôle emploi une croissance, sans diminution depuis, des inscriptions pour autres motifs ».
Et de conclure : « Cette absence marquée d’intérêt pour la qualité de ces chiffres contraste singulièrement avec l’usage médiatique qui en est fait ». De là à penser que les radiations administratives servent à ajuster les chiffres officiels, il n’y a pas loin.
Tripatouillages autour des chiffres du chômage
Nicolas Sarkozy s’est permis une belle pirouette en commentant le 2 septembre les mauvais chiffres du chômage, le mois de juillet étant le troisième mois consécutif a enregistrer une hausse du nombre de demandeurs d’emploi. Le président des riches a insisté sur la vigueur des créations d’emploi et établit un lien entre chômage et démographie. En clair, les mauvaises statistiques seraient dues à la vitalité démographique française.
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vendredi 9 septembre 2011

En Israël, l’indignation gagne du terrain

Le journaliste et militant israélien Michel Warschawski était invité à l’initiative de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase) samedi 3 septembre à Paris. Il est revenu sur le mouvement de contestation sociale né à Tel-Aviv à la mi-juillet, qui a culminé samedi soir lors de la plus grande manifestation de l’histoire d’Israël. Compte-rendu.
« A bas les privatisations, ré-vo-lu-tion !  », scande-t-on à Jérusalem et à Tel-Aviv depuis mi-juillet, rapporte Michel Warschawski, observateur direct du mouvement de contestation sociale qui s’étend en Israël. « Un mot nouveau en Israël », précise-t-il devant une audience d’une cinquantaine de personnes réunies dans la mairie du 2ème arrondissement de Paris, samedi 3 septembre. Le vocabulaire des classes moyennes et populaires est bien la seule chose qui s’enrichit dans l’Israël néolibérale de Benyamin Netanyahou.
L’un des « deux îlots de stabilité que sont les territoires palestiniens occupés, et Israël  » dans l’océan tumultueux des révolutions arabes a cédé. Il y a un mois, « un immense mouvement populaire que personne n’avait prédit, différent des soulèvements connus » s’est mis en marche, assène le militant pacifiste israélien. Si la contestation s’est d’abord focalisée sur le problème du logement, «  très vite, l’ensemble de la politique et l’Etat néolibéral de Netanyahou ont été accusés ». Le dirigeant d’extrême droite a d’abord voulu y voir l’action de « gauchistes », mais l’ampleur du mouvement a démenti cette affirmation, dans un pays où le parti travailliste est extrêmement affaibli. Il s’agit beaucoup plus largement d’« inconnus, relativement jeunes, ni de gauche ni de droite, certains appartenant à l’électorat du Likoud, se revendiquant mouvement social, pas politique », corrige le président du centre d’information alternative de Jérusalem.
Tous réclament d’une seule voix un « retour à l’État-providence ». Explication de texte : « Israël était fier de son système de santé gratuit pour tous. Or il est en cours de privatisation. L’école publique, de mauvaise qualité, devient celle de ceux qui ne peuvent pas aller en école privée. Un professeur agrégé gagne 800 euros par mois ! C’est le métier le plus dévalorisé. Ils préfèrent être petit employé de banque, où ils sont payé 2,5 fois plus. En Israël, on parle du « tsunami social » de Netanyahou. Margaret Thatcher, à côté, c’est mère Teresa de Calcutta ».
Service public privatisé, centrale syndicale (Histadrut) démantelée, grande difficulté d’accès au logement... Tous les ingrédients témoignent de la pulvérisation de l’État social. Au-delà des plus défavorisés, c’est une partie de la classe moyenne qui est touchée. Seule solution pour désamorcer cette bombe à retardement selon Michel Warschawski : « un choix politique. Il y a beaucoup d’argent. Voilà ce que disent les manifestants, qui reprennent un slogan des Black Panthers : ’’De l’argent pour les quartiers populaires, pas pour les colonies !’’ ».
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Ce plan priverait les fondeurs de trois mois de salaire

N’étant plus capable de répondre aux exigences de Renault, la direction des Fonderies du Poitou Alu, à Ingrandes, dans la Vienne, tente d’imposer aux salariés une baisse de 23 % de leurs salaires. Ils sont en grève depuis vendredi.
Ingrandes (Vienne),  envoyée spéciale.
Lovée entre les champs de céréales et de tournesols, la zone industrielle Saint-Ustre, à la sortie du village d’Ingrandes, tout proche de Châtellerault, dans la Vienne. Et là, deux fonderies aujourd’hui distinctes, qui furent toutes deux propriétés de Renault jusqu’en 1998. L’une spécialisée dans la production de blocs moteurs en fonte et l’autre dans la fabrication de culasses en aluminium. Immenses bâtisses aux toits caractéristiques en épis, qui rapportent du blé ! Mais pas assez pour répondre aux exigences de Renault, désormais simple client (mais à 80 % !) des Fonderies du Poitou Alu. Qu’à cela ne tienne, le groupe Montupet, propriétaire de l’entreprise qui emploie 474 salariés, depuis 2009, après neuf reventes-rachats, planche depuis le mois de mai sur un « plan de compétitivité ». Et à quelques jours des congés estivaux, ces salariés en ont découvert le contenu révoltant. 
Syndicats unis contre la régression sociale
Aux ouvriers en contact avec la matière, il est demandé d’accepter une baisse de salaire de 15 % et de travailler 35 heures par semaine au lieu de 38 h 50, payées 35. Cela équivaut à une baisse de 23 % de salaire et, tous comptes faits, cela suppose de vivre avec trois mois de salaire en moins sur l’année ! Aux personnels dits de main-d’œuvre indirecte (cadres, techniciens…), le plan, qui selon la direction doit s’appliquer dès la fin septembre, impose de renoncer à 14 jours de RTT et prévoit 50 départs volontaires vers d’autres sites du groupe en France, en Bulgarie et au Mexique. En cas de refus, l’avenir du site est clairement menacé. Les salariés, unis malgré ces disparités de traitement, refusent ce plan. Ils ont entamé une grève le vendredi 2 septembre, suivie à près de 95 %, déterminés à obtenir son retrait pur et simple.
C’est unitairement que les syndicats CGT, FO, CFE-CGC et UDT (syndicat autonome) condamnent ce « plan de régression sociale » qui « ramènerait les salariés trente ans en arrière ».
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jeudi 8 septembre 2011

La longue grève des caissières d’Albertville contre le travail dominical obligatoire

Elles tiennent bon depuis deux ans. Six caissières d’un supermarché ED-Dia à Alberville, en Savoie, ont décidé de se battre contre le travail dominical que leur direction veut leur imposer. Tous les dimanches, sur le parking du supermarché, soutenues par un prêtre ouvrier, des consommateurs ou le maire de la ville, elles défient ceux qui voudraient les voir rentrer dans le rang. Reportage auprès de ces femmes exemplaires, qui vont fêter leur 100e dimanche de grève.
« Malgré les vacances, nous sommes encore une quarantaine à être présents ce dimanche matin pour montrer que notre détermination ne faiblit pas. On attend la rentrée pour impulser une nouvelle dynamique. » 28 août 2011. 96e dimanche chômé pour les six caissières du supermarché ED-Dia (ex-groupe Carrefour [1]) d’Albertville. Bientôt deux ans qu’elles tiennent le piquet de grève chaque dimanche devant le magasin où elles travaillent la semaine. Un banal parking d’une petite zone commerciale de province, au milieu des pompes à essence et des Caddies, qui se transforme alors en lieu de résistance à la société marchande. « On est toujours là et on ne lâche rien », répète chaque dimanche Corinne, l’une des six caissières en lutte.
Ras-le-bol de la surconsommation
Opposée au travail dominical facilité par la loi du 10 août 2009, Corinne revendique, avec ses cinq collègues de travail, le droit de vivre ses dimanches en famille. Comme tout le monde, avec ses gamins, son mari et ses amis. Car, selon elle, le travail dominical n’a pas été instauré sur la base du volontariat. Il a été imposé par la direction. « Je suis mère célibataire, j’ai une petite fille, et le dimanche je préfère être avec elle qu’au travail. En plus, le prix de la nounou me coûterait plus cher que ce que je gagnerais », explique Valérie. Comme on ne leur a pas donné le choix, elles décident de se mettre en grève. « Au début, même le directeur du magasin était avec nous », se souvient Corinne.
« On se bat aussi pour les générations futures », ajoute Marie-Anne. Toutes les six, elles ne veulent pas entendre parler du travail du dimanche, même pour une hypothétique « augmentation du pouvoir d’achat ». « La consommation, la surconsommation, y en ras-le-bol ! Il faut préserver notre planète, alors préservons-là. Les sous, de toute manière, on n’en a pas à gogo. Et le dimanche, on a autre chose à faire ensemble que d’aller travailler ou d’aller en courses. Nous aussi, on a des familles et on aimerait bien pouvoir en profiter », s’emporte Corinne.
Convaincre les consommateurs
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Un tramway pour les Roms : le gouvernement plonge dans l’indignité

Communiqué LDH
Le 31 août à Saint-Denis, après une nouvelle évacuation de leur bidonville, des familles de Roms roumains ont été entassées par la police dans une rame du tramway jusqu’à la gare de Noisy-le-Sec puis forcées à prendre le RER avec l’objectif de leur faire quitter le département.

Cette traque inhumaine menée par l’Etat contre les plus précaires est inacceptable. La Ligue des droits de l’Homme condamne cette opération indigne de bannissement territorial menée sous les ordres du préfet de Seine-Saint-Denis. La réquisition des moyens de transport public est injustifiable et la complicité des représentants locaux de la RATP est inadmissible.
Déjà en 2008 pour des faits semblables à la gare de Massy, la Commission nationale de déontologie de la sécurité, que la LDH avait fait saisir, avait fermement qualifié d’illégal le comportement de la police et du préfet de l’Essonne et fortement condamné la duplicité de la SNCF dans cette affaire.
La LDH a décidé en conséquence de saisir le Défenseur des droits désormais compétent pour instruire des tels agissements.
Paris, le 2 septembre 2011.

mercredi 7 septembre 2011

Règle d'or : François Fillon a peur du débat démocratique

Après avoir annoncé des consultations sur la règle d'or, le Premier ministre François Fillon, annonce aujourd'hui qu'il ne recevra pas les partis disposant d'une représentation parlementaire mais seulement des personnalités, choisies par lui, au prétexte que sa démarche serait "non partisane". Cette décision scandaleuse, contraire aux principes républicains montre son mépris de la démocratie et du rôle des partis tel qu'il est inscrit dans notre constitution. Tout cela révèle le caractère politicien de la démarche gouvernementale sur la règle d'or. Si François Fillon ne veut pas entendre la voix et les arguments de ceux qui s'opposent à cette règle conçu pour l'intérêt des seuls marchés financiers, nous ferons entendre leur voix dans le pays en rassemblant nos concitoyens sur d'autres choix politiques que ceux qui enfoncent l'économie du pays et les finances publiques dans la catastrophe. Si François Fillon a peur du débat démocratique, le PCF exige tout de même du Premier ministre qu'il reçoive tous les partis politiques comme il s'y était engagé pour une consultation sur la règle d'or. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
Communiqué du Parti Communiste Français

Le mouvement social britannique sort de sa léthargie

Outre le renforcement du Parti national écossais au sein du Parlement de Holyrood, le rendez-vous électoral du 5 mai 2011 a été marqué par une sévère sanction infligée aux libéraux-démocrates. Leur proposition de réforme du mode de scrutin a été rejetée par une large majorité de la population, qui critique l’alliance nouée avec les conservateurs dans le cadre d’un programme d’austérité d’une rare ampleur. Par Tony Wood

Des rues d’Athènes à celles de Reykjavík, en passant par les places de nombreuses villes espagnoles, une vague de contestation sociale se soulève. La réponse des gouvernements européens à la crise financière — l’austérité imposée à des populations déjà accablées par la contre-révolution néolibérale — suscite la colère. Le phénomène n’épargne pas le Royaume-Uni, où il surprend tant par son intensité que par la radicalisation de l’opinion qu’il révèle. L’annonce, en novembre 2010, d’une réduction drastique des budgets dévolus à l’éducation, couplée à une augmentation considérable des frais d’inscription à l’université, avait suscité une forte mobilisation étudiante un mois plus tard (1). Ces manifestations sont rapidement apparues comme un prélude à un mouvement plus vaste qui a peu à peu gagné toutes les sphères de la société.
A l’origine de cette colère : le plan d’austérité concocté par la coalition entre conservateurs et libéraux-démocrates (au pouvoir depuis mai 2010), qui prévoit de réduire l’ensemble des dépenses publiques de 80 milliards de livres (90 milliards d’euros) d’ici à 2014-2015, soit une amputation d’un peu plus de 12 %. Le budget des prestations sociales devrait subir une réduction de 18 milliards de livres (20,5 milliards d’euros), celui des services publics de 36 milliards (41 milliards d’euros). Au regard de ces chiffres, la hausse d’impôt censée équilibrer la réforme apparaît d’autant plus minime qu’elle résulte en grande partie d’un relèvement à 20 % de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). « Vivre aux dépens de l’Etat n’est plus une option possible », justifiait le ministre britannique de l’économie, M. George Osborne, en septembre 2010  (2).
Le 22 octobre 2010, un éditorial du Monde célèbre l’« austérité juste » du premier ministre conservateur David Cameron (3). Les Britanniques se montrent moins satisfaits : la contestation se déploie. Pendant que les étudiants se massent devant le Parlement, un large front se dresse contre le projet de vente des forêts domaniales. Il parvient à faire reculer le gouvernement, en février dernier.
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