vendredi 27 février 2026

Nationaliser Mittal, un enjeu de salut public !


 Le constat est simple et sans appel : l’appareil productif français peut atteindre le point de non-retour. Le décrochage français est constant avec un patronat qui a organisé le grand déménagement de nos industries : 62 % des emplois des groupes français sont hors du territoire national et le « made in France » ne représente au mieux qu’un gros tiers de la consommation nationale.

La place de la sidérurgie y est centrale comme secteur industriel à part entière et parce qu’elle alimente tout un ensemble de filières. Alors qu’il y a à peine 30 ans la sidérurgie européenne représentait un quart de la production mondiale, elle peine aujourd’hui à approcher des 10 %.

Derrière les promesses et les sourires de façades, l’ogre Mittal a patiemment dépecé ce secteur industriel. Il se fait prier sur les investissements à réaliser pour convertir les sites français condamnés à court terme par la réglementation européenne. Il supprime des emplois en France et continue d’affaiblir l’appareil productif pendant qu’il investit aux États-Unis. Il rapatrie des fonctions support en Inde où il produit à bas coût de l’acier avec des fours au charbon.

Il nous ment sur toute la ligne :

  • En osant se plaindre du soutien de l’État français qui l’abreuve docilement d’argent public comme on l’a vu avec le déplacement en grande pompe de Macron à Dunkerque.
  • En agitant la concurrence chinoise comme un chiffon rouge. C’est faux. Si la Chine produit aujourd’hui la moitié de l’acier mondial, cette production est destinée pour l’essentiel aux besoins industriels chinois. C’est en fait Mittal qui organise la concurrence entre ses propres sites en important massivement en Europe depuis le Brésil ou l’Inde. Et si l’accord convenu lors de la visite présidentielle de Macron en Inde entrait en vigueur, l’acier indien ne serait plus taxé et inonderait plus encore le marché européen.

Pour défendre la souveraineté industrielle nationale et européenne face à un tel patron voyou, le pays n’a pas d’autre choix que de recourir à la nationalisation. Pour mettre sous contrôle public un secteur essentiel. Pour garantir les investissements nécessaires à décarboner la sidérurgie française, à convertir les chaines de productions aux normes européennes, à permettre la montée en gamme d’un appareil productif que Mittal a laissé le plus souvent devenir vétuste.

Le parti communiste est pleinement engagé, aux côtés de la bataille syndicale courageusement menée notamment par la CGT qui demande la nationalisation.

Une pétition militante initiée par les communistes est à disposition du plus grand nombre pour y contribuer massivement.

Dans tout le pays, les élu·e·s locaux et parlementaires communistes sont engagés dans la lutte, sur le terrain, les piquets de grève et tous les Hémicycles.

Avec d’autres élu·e·s de gauche, une proposition de loi a recueilli une majorité à l’Assemblée nationale en faveur de la nationalisation d’Arcelor Mittal France. Pour garantir le chemin parlementaire le groupe CRC-K l’a inscrite dans sa niche parlementaire dans l’espoir de trouver au Sénat une majorité pour faire grandir la possibilité d’une nationalisation. Elle est d’autant plus urgente que le CSE européen se réunit dès le lendemain pour valider une série de destruction d’emplois dans toute l’Europe.

Plus que jamais, la nationalisation de Mittal qui concentre l’essentiel de la filière sidérurgique française est un enjeu de salut public.

Aux côtés des travailleurs du secteur, les communistes ne lâcheront pas.

Aymeric Seassau
membre du CEN

Article publié dans CommunisteS, numéro 1075 du 25 février 2026.

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