vendredi 6 mars 2026

Municipales. L’intersyndicale Isère interpelle les candidats sur les droits des femmes


 Comme chaque année (ici le 8 mars 2024), les syndicats participeront ce dimanche 8 mars 2026 à la manifestation féministe qui s'élancera à 15h40 de l'hôpital couple-enfant, à La Tronche.

À l'approche des municipales, l'intersyndicale de l'Isère (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, Unsa, CFTC) adresse une lettre ouverte aux candidates et candidats, afin de les interpeller sur la place de l'égalité hommes-femmes dans leur programme. Elle attend ainsi des engagements sur l'égalité professionnelle, la prise en compte des violences faites aux femmes ou la santé reproductive et sexuelle, sans oublier de pointer le danger incarné par l'extrême droite. Des revendications que les syndicats porteront dans la rue ce dimanche 8 mars, à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

La lettre ouverte, datée du 3 mars, s’inscrit dans une double actualité. À cinq jours du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, et douze du premier tour des élections municipales. L’intersyndicale de l’Isère (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, Unsa, CFTC) interpelle donc les différentes candidates et candidats du département sur « l’urgence de placer l’égalité femmes-hommes au coeur de [leurs]programmes » respectifs. Elle attend de leur part « des engagements clairs, chiffrés et opposables ».

Banderole lors de la manifestation pour la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 8 mars 2025, à Grenoble.

Première question soulevée, celle de « l’égalité professionnelle [qui] commence dans les territoires », estime l’intersyndicale. Laquelle rappelle les inégalités persistantes, notamment au niveau salarial : « À travail égal, les femmes gagnent toujours moins que les hommes. À la retraite, les pensions sont d’un quart en moins pour les femmes. Elles représentent 62 % des personnes payées au SMIC et subissent massivement la précarité et le temps partiel contraint. » À cet égard, la fonction publique territoriale, qui emploie plus de 60 % de femmes, a un grand rôle à jouer.

Les syndicats demandent donc aux têtes de liste de s’engager à « mettre en œuvre une politique de rattrapage salarial dans leurs fonctions publiques territoriales ; imposer des clauses d’égalité professionnelle dans les marchés publics attribués par leurs communes ; pérenniser ou mettre en place des structures publiques petite enfance et de soin aux proches aidant et au grand âge, dont le déficit d’offre publique pénalise l’activité professionnelle des femmes ».

Des moyens contre les violences faites aux femmes ou pour l’accès à l’IVG

Second point évoqué, les violences faites aux femmes. Les féminicides se poursuivent à un niveau dramatique. Depuis le début de l’année 2026, on compte ainsi déjà seize femmes mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Et les violences conjugales ont augmenté de 16 % entre 2022 et 2024 en Isère. Or, l’intersyndicale pointe des « dispositifs locaux insuffisants » et des « territoires encore sous-dotés », particulièrement dans les zones rurales et de montagne, qualifiées de « déserts médicaux et sociaux pour les victimes ».

Pancarte sur les féminicides d’une manifestante grenobloise, le 8 mars 2025.

Là aussi, trois revendications principales. Les candidats sont priés de « maintenir et augmenter les subventions aux associations locales d’aide aux victimes ; créer ou pérenniser des places d’hébergement d’urgence spécifiquement dédiées aux femmes victimes de violences ; soutenir la formation des agent·e·s municipaux (polices municipales, CCAS, personnels scolaires) au repérage et à l’accueil des victimes ».

Troisièmement, la situation de la santé reproductive et sexuelle, « un service public en danger », selon les organisations syndicales. Les femmes, déjà fortement touchées par la baisse des dotations aux hôpitaux et la fermeture de lits, connaissent, dans certains territoires, de grosses difficultés pour l’accès à l’IVG, « droit fondamental pourtant constitutionnalisé ». Quant à l’éducation à la vie affective et sexuelle, celle-ci reste « largement insuffisante ».

Banderole sur l’éducation à la sexualité à la manifestation du 8 mars 2025.

L’intersyndicale appelle les futurs élus à « soutenir activement les centres de planification et d’éducation familiale de leurs territoires ; favoriser l’implantation et le maintien de structures de soin gynécologique et obstétrique ; promouvoir dans leurs communes des actions d’éducation à l’égalité et à la sexualité, l’EVAR et l’EVARS, dans vos écoles municipales, en lien avec l’Éducation nationale et les associations progressistes et féministes ».

L’extrême droite, « danger spécifique pour les femmes »

Enfin, les syndicats achèvent cette lettre ouverte par un quatrième point en forme de mise en garde. Ils alertent en effet sur « la montée des idées d’extrême droite et des discours masculinistes et fémonationalistes » — à l’image de l’irruption de Némésis« Un danger spécifique pour les femmes », affirment-ils. De fait, « l’extrême droite porte un projet de société qui, partout où elle gouverne, se traduit par des coupes dans les services publics, un recul des droits des femmes et une hostilité assumée envers les associations féministes », constate l’intersyndicale.

« Les premières victimes de cette idéologie sont les femmes, poursuit-elle. Celles qui subissent des violences et trouveront moins de structures pour les accueillir, celles qui travaillent et verront leurs droits sociaux démantelés, celles qui sont racisées et subiront une double discrimination, celles qui sont LGBTQIA+ et seront niées dans leur existence. »

Les organisations iséroises lancent un avertissement : « Voter pour des listes qui pactisent avec l’extrême droite ou qui ne placent pas l’égalité au cœur de leur projet, c’est prendre la responsabilité de fragiliser encore davantage la situation des femmes dans nos communes. » Avant de conclure : « Les femmes de l’Isère comptent sur vous pour ne pas les oublier une fois les urnes refermées. »

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