À quoi servent les Roms ? Au cœur de l’été 2012, Manuel Valls ne se sera
pas contenté de célébrer l’anniversaire du discours de Grenoble. Il
nous aura distraits de la ratification du traité « Merkozy » par
François Hollande. Pour combien de temps ? (Éric Fassin et Michel Feher)
On pouvait déjà s’émerveiller que la France fût parvenue si longtemps
à constituer « l’immigration clandestine » en un enjeu majeur – alors
que l’on compte seulement 200 à 400 000 « sans-papiers » pour 65
millions d’habitants. La comparaison avec les États-Unis (même rapportée
à une population presque 5 fois plus importante) est édifiante : ils y
sont 11 à 12 millions. Or, outre-Atlantique, cette question pèse moins
qu’en France sur la vie politique. Mais avec les Roms, un nouveau palier
est franchi : ils sont en France environ 15 000 migrants (ceux de
nationalité française sont 30 fois plus nombreux). Malgré les mesures
d’éloignement volontaire ou forcé, ce chiffre est constant : si, pour
prendre 2010 en exemple, les Roumains (presque tous Roms) constituaient
30% du quota de 28 000 reconduites à la frontière, les mêmes ne
manquaient pas de revenir bientôt. Depuis l’adhésion de la Roumanie et
de la Bulgarie à l’Europe en 2007, ce sont donc des dizaines de milliers
de mesures d’éloignement pour rien : d’un côté, il n’y a pas
d’invasion, et de l’autre, les expulsions sont sans effets (sinon
humains !). La valse des contradictions ne fait que continuer : on rend
difficile l’accès à l’emploi pour les Roms étrangers, afin de les
empêcher de faire concurrence aux Français, quitte à leur faire grief
d’un taux de chômage élevé…
Devant pareille absurdité, on peut s’interroger : pour quelle
raison, malgré le changement de majorité présidentielle, les
démantèlements de camps sont-ils devenus un marronnier
politico-médiatique ? Pourquoi le ministre de l’Intérieur s’emploie-t-il
à célébrer en 2012 l’anniversaire du discours de Grenoble de 2010 ? De
Nicolas Sarkozy à François Hollande, à quoi servent les Roms ? Et
aujourd’hui, à quoi sert Manuel Valls ? Rien ne permet en effet de
penser que la « question rom » soit la préoccupation principale des
Français, comme l’atteste dans les sondages de fin d’été leur impatience
devant l’inaction gouvernementale en matière économique et sociale.
Mais n’est-ce pas là, justement, tout l’intérêt de l’opération ? On met
le projecteur sur l’accessoire pour mieux laisser dans l’ombre
l’essentiel.
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jeudi 6 septembre 2012
mercredi 5 septembre 2012
Didier Le Reste : "Le traité remet en cause le modèle social européen"
Pour un référendum sur le Pacte budgétaire européen.
Pour le syndicaliste CGT et ex-candidat
du Front de gauche aux
législatives, "la ratification d’un tel traité manifeste donc beaucoup
de mépris vis-à-vis des exigences démocratiques."En quoi l’ajout au traité budgétaire européen de François Hollande avec son pacte de croissance est-il insuffisant ?
Didier Le Reste. Une grande partie des observateurs s’accordent à reconnaître, y compris au PS, que François Hollande n’a pas renégocié le traité tel qu’il s’y était engagé. Il a obtenu un volet de croissance et d’emploi qui n’est contraignant ni sur le plan politique ni sur le plan juridique. Le traité Sarkozy-Merkel reste en l’état, et c’est ce qui est le plus dangereux. Le pouvoir du Parlement de décider du budget de la nation faisait le contrat social de notre pays. C’est un fondement de la République, que l’on trouve à l’article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il prévoit que les citoyens suivent le cheminement de leur budget national, de son recouvrement et de sa durée. La ratification d’un tel traité manifeste donc beaucoup de mépris vis-à-vis des exigences démocratiques. Si, d’aventure, ce traité passait, on transférerait des pans de souveraineté budgétaire à la Commission européenne, à savoir des gens non élus. Je pense donc que c’est suffisamment grave et important pour que les Français puissent être consultés. On a donc besoin d’un référendum, avec un vrai débat public comme cela a été fait en 2005.
Au-delà de cet aspect démocratique important, en quoi représente-t-il une menace pour les salariés ?
Didier Le Reste. La Confédération européenne des syndicats s’est positionnée contre le traité Merkel-Sarkozy, qu’elle juge dangereux puisqu’il instaure l’austérité et remet en cause le modèle social européen, c’est-à-dire le triptyque : protection sociale, services publics et négociations entre les syndicats et le patronat. Tout cela vole en éclats. De par son contenu, le traité s’attaque à la fois au marché du travail avec sa flexibilisation, au droit de grève, et il accélère la privatisation des services publics. C’est donc lourd de conséquences pour le monde du travail. Il est nécessaire de créer les conditions pour que les salariés puissent s’exprimer sur leur avenir en étant consultés. Je pense qu’il y a là une responsabilité qui incombe au mouvement social.
Selon vous, l’engagement syndical a donc largement sa place aux côtés du politique pour lutter contre ce traité ?
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Emplois d'avenir: une "première réponse" non "durable" pour le Front de gauche
Alors que le projet de loi sur les emplois d'avenir doit être
examiné la semaine prochaine par le Parlement, les députés du Front de
gauche ont déposé une série d'amendements sur ce dispositif qui "peux
apporter une première réponse" pour les jeunes concernés mais "ne
permettra pas de leurs assurer un accès durable à l'emploi".
Les députés du Front de gauche "ont déposé des amendements visant à ce que ces contrats ouvrent vraiment un avenir. Ils les défendront âprement, pour que le changement se traduise concrètement et sans attendre, en particulier pour les jeunes", écrit dans un communiqué Marie-George Buffet, qui défendra les positions de son groupe lors du débat sur le projet de loi la semaine prochaine à l'Assemblée.
Selon la députée de Seine-Saint-Denis, "il est indispensable d'inclure dans ces contrats une formation qualifiante, un accompagnement sous la forme notamment d'un tutorat et une obligation de pérennisation de ces emplois" "En outre, les acteurs concernés (syndicats, élus, organisations de jeunesses, missions locales) doivent avoir un pouvoir de contrôle du dispositif", ajoute-t-elle.
"Les contrats d'avenir professeur, pour leur part, peuvent marquer une démocratisation de l'accès aux professions d'enseignement. Mais, là encore, ce dispositif ne saurait être assimilé à un véritable pré-recrutement par l’Éducation nationale, réclamé par les syndicats, qui préserverait le statut de la fonction publique", souligne Marie-George Buffet.
Les députés du Front de gauche "ont déposé des amendements visant à ce que ces contrats ouvrent vraiment un avenir. Ils les défendront âprement, pour que le changement se traduise concrètement et sans attendre, en particulier pour les jeunes", écrit dans un communiqué Marie-George Buffet, qui défendra les positions de son groupe lors du débat sur le projet de loi la semaine prochaine à l'Assemblée.
Selon la députée de Seine-Saint-Denis, "il est indispensable d'inclure dans ces contrats une formation qualifiante, un accompagnement sous la forme notamment d'un tutorat et une obligation de pérennisation de ces emplois" "En outre, les acteurs concernés (syndicats, élus, organisations de jeunesses, missions locales) doivent avoir un pouvoir de contrôle du dispositif", ajoute-t-elle.
"Les contrats d'avenir professeur, pour leur part, peuvent marquer une démocratisation de l'accès aux professions d'enseignement. Mais, là encore, ce dispositif ne saurait être assimilé à un véritable pré-recrutement par l’Éducation nationale, réclamé par les syndicats, qui préserverait le statut de la fonction publique", souligne Marie-George Buffet.
"Pas d'enfant Rom sans école à la rentrée !" (Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation)
Le Collectif pour le Droit des Enfants Roms à l'Education (CDERE) qui
regroupe syndicats de l'Education et associations s'inquiète de
l'avenir des enfants Roms victimes des évacuations durant l'été : des
enfants qui avaient commencé une scolarisation ont vu leur lieu de vie
détruit, leur cartable et leurs affaires scolaires disparaître avec
leurs affaires personnelles et leurs repères.
Combien de ces enfants pourront ce jour de rentrée retrouver le chemin de l'école ?
Des signes contradictoires sont donnés par le gouvernement. La circulaire interministérielle du 26 août 2012 propose un cadre d'accompagnement anticipé des personnes concernées par ces évacuations. Le 28 août, Mme Pau Langevin, Ministre déléguée à la Réussite Educative réaffirme le droit à la scolarisation de tous les enfants quel que soit leur lieu de vie et reconnaît les difficultés auxquelles sont confrontées les familles Roms pour faire valoir ce droit. Cependant des évacuations sans solution pérenne se multiplient dans la précipitation.
Pour le CDERE, le droit à l'Education des enfants Roms n'est pas négociable. La France a ratifié la Convention Internationale des Droits de l'Enfant : elle doit scolariser tous les enfants vivant sur son sol, sans distinction d'origine, quel que soit leur lieu de vie.
Le CDERE rappellera ces exigences lors de sa rencontre avec la Ministre déléguée le 11 septembre prochain.
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Combien de ces enfants pourront ce jour de rentrée retrouver le chemin de l'école ?
Des signes contradictoires sont donnés par le gouvernement. La circulaire interministérielle du 26 août 2012 propose un cadre d'accompagnement anticipé des personnes concernées par ces évacuations. Le 28 août, Mme Pau Langevin, Ministre déléguée à la Réussite Educative réaffirme le droit à la scolarisation de tous les enfants quel que soit leur lieu de vie et reconnaît les difficultés auxquelles sont confrontées les familles Roms pour faire valoir ce droit. Cependant des évacuations sans solution pérenne se multiplient dans la précipitation.
Pour le CDERE, le droit à l'Education des enfants Roms n'est pas négociable. La France a ratifié la Convention Internationale des Droits de l'Enfant : elle doit scolariser tous les enfants vivant sur son sol, sans distinction d'origine, quel que soit leur lieu de vie.
Le CDERE rappellera ces exigences lors de sa rencontre avec la Ministre déléguée le 11 septembre prochain.
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mardi 4 septembre 2012
"La poursuite des politique d’austérité mène inéluctablement à l’éclatement de l’UE"
Thomas Coutrot, co-président d'Attac et membre de la
fondation Copernic et des économistes atterrés, dresse un tableau
pessimiste mais lucide de l’avenir de l’Europe, au lendemain de la
rencontre entre Angela Merkel, François Hollande et le Premier ministre
grec Antonis Samaras.
La chancelière allemande, Angela Merkel, puis le Président de la République François Hollande ont rencontré l’un après l’autre Antonis Samaras, le Premier ministre grec. Ils ont refusé le délai supplémentaire qu’il réclamait. Quel sens donner à cette décision ?
Thomas Coutrot : C’est clair : le gouvernement français partage les objectifs et la politique du gouvernement allemand. Il n’y a pas de divergence entre les deux. Malheureusement, il n’y a aucune d’ambigüité sur le sujet. Il s’agit de pousser la Grèce dans ses derniers retranchements. Même le gouvernement grec s’est fait élire en promettant à sa population une renégociation du mémorandum, la réaction des dirigeants français et allemands est extrêmement claire : il n’est pas question de renégocier quoi que ce soit de ce mémorandum.
Cela signifie-t-il que la France et l’Allemagne seraient prêtes à lâcher la Grèce à tel point qu’elle sorte de la zone euro ?
Il y a peut-être un jeu tactique de Hollande de retarder la manifestation d’une éventuelle divergence sur ce sujet de l’exclusion de la Grèce de la zone euro. Mais s’il y a jeu tactique, le moins que l’on puisse dire est qu’il est maladroit et sans espoir car ce n’est pas à la dernière minute, au moment où se posera la question de la nécessité d’exclure ou non la Grèce de la zone euro, que l’on pourra commencer à mettre les divergences sur la table. Si l’on ne met pas les éventuelles différences tout de suite sur la table, il sera trop tard lorsque la décision sera à prendre en urgence.
Personne, pourtant, ne mesure les conséquences d’une sortie d’un pays de la zone euro ? On pourrait imaginer qu’ensuite l’Espagne, le Portugal se retrouvent dans la même situation…
C’est plus que probable. Ce qui amène la Grèce dans une situation ingérable, du point de vue macro-économique, puisque exactement les mêmes mécanismes sont à l’œuvre en Espagne et au Portugal, mais aussi en Italie et en France. C’est donc un engrenage, une question de temps, mais l’écart de compétitivité entre l’Allemagne et les autres pays de la zone euro est tel que s’il n’y a pas une résorption rapide de cette écart de productivité par des politiques coopératives en Europe, la zone euro éclatera.
Personne n’est prêt à mener cette politique ! Les peuples européens sont-ils condamnés à vivre dans une Europe de l’austérité ?
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La chancelière allemande, Angela Merkel, puis le Président de la République François Hollande ont rencontré l’un après l’autre Antonis Samaras, le Premier ministre grec. Ils ont refusé le délai supplémentaire qu’il réclamait. Quel sens donner à cette décision ?
Thomas Coutrot : C’est clair : le gouvernement français partage les objectifs et la politique du gouvernement allemand. Il n’y a pas de divergence entre les deux. Malheureusement, il n’y a aucune d’ambigüité sur le sujet. Il s’agit de pousser la Grèce dans ses derniers retranchements. Même le gouvernement grec s’est fait élire en promettant à sa population une renégociation du mémorandum, la réaction des dirigeants français et allemands est extrêmement claire : il n’est pas question de renégocier quoi que ce soit de ce mémorandum.
Cela signifie-t-il que la France et l’Allemagne seraient prêtes à lâcher la Grèce à tel point qu’elle sorte de la zone euro ?
Il y a peut-être un jeu tactique de Hollande de retarder la manifestation d’une éventuelle divergence sur ce sujet de l’exclusion de la Grèce de la zone euro. Mais s’il y a jeu tactique, le moins que l’on puisse dire est qu’il est maladroit et sans espoir car ce n’est pas à la dernière minute, au moment où se posera la question de la nécessité d’exclure ou non la Grèce de la zone euro, que l’on pourra commencer à mettre les divergences sur la table. Si l’on ne met pas les éventuelles différences tout de suite sur la table, il sera trop tard lorsque la décision sera à prendre en urgence.
Personne, pourtant, ne mesure les conséquences d’une sortie d’un pays de la zone euro ? On pourrait imaginer qu’ensuite l’Espagne, le Portugal se retrouvent dans la même situation…
C’est plus que probable. Ce qui amène la Grèce dans une situation ingérable, du point de vue macro-économique, puisque exactement les mêmes mécanismes sont à l’œuvre en Espagne et au Portugal, mais aussi en Italie et en France. C’est donc un engrenage, une question de temps, mais l’écart de compétitivité entre l’Allemagne et les autres pays de la zone euro est tel que s’il n’y a pas une résorption rapide de cette écart de productivité par des politiques coopératives en Europe, la zone euro éclatera.
Personne n’est prêt à mener cette politique ! Les peuples européens sont-ils condamnés à vivre dans une Europe de l’austérité ?
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Le gouvernement osera-t-il imposer une baisse des loyers ?
Par Cécile Canpolat,
Ivan du Roy
Depuis le 1er août, un décret encadre la hausse des loyers à la relocation dans 38 agglomérations françaises. Cette mesure est destinée à limiter les hausses de loyer abusives, mais elle ne concerne ni les meublés ni les logements neufs. Si elle mécontente les professionnels de l’immobilier, elle est jugée insuffisante par les associations défendant le droit au logement. Le décret signé par Cécile Duflot constitue-t-il un premier pas vers une véritable régulation du marché de l’immobilier, et une baisse des loyers, première dépense des familles locataires ?
C’est une première étape vers une possible régulation du marché de l’immobilier. Le 1er août est entré en vigueur un décret encadrant les loyers des logements mis en relocation. Jusqu’à présent, lors d’un changement de locataire ou d’un renouvellement de bail, rien n’empêchait un propriétaire de réévaluer le montant du loyer à sa guise. Résultat : des augmentations systématiques et régulières contribuant à la spéculation dans les zones « tendues ». Dans l’agglomération parisienne (Paris et banlieue), un nouveau locataire emménageant en 2011 payait en moyenne 7,3 % plus cher que son prédécesseur, selon l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (Olap). Et mieux valait ne pas changer d’appartement dans la capitale, avec une hausse de 10,8 % en cas de relocation. Bref, pour un 50 m2 se louant 1 000 euros, une substantielle augmentation de plus de 108 euros…
L’Île-de-France n’est pas une exception : les loyers à la relocation ont, en un an, augmenté de 4 % à Lyon, de 3,5 % à Bordeaux, de 3,3 % à Lille… Cette inflation lors des changements de locataires constitue, selon l’Observatoire des loyers, le « premier facteur de hausse des loyers ». Avec le nouveau décret, un propriétaire ne pourra pas dépasser l’augmentation prévue par l’indice de référence des loyers, calculé par l’Insee, soit 2,2% au premier semestre 2012.
Les étudiants, premiers concernés
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Depuis le 1er août, un décret encadre la hausse des loyers à la relocation dans 38 agglomérations françaises. Cette mesure est destinée à limiter les hausses de loyer abusives, mais elle ne concerne ni les meublés ni les logements neufs. Si elle mécontente les professionnels de l’immobilier, elle est jugée insuffisante par les associations défendant le droit au logement. Le décret signé par Cécile Duflot constitue-t-il un premier pas vers une véritable régulation du marché de l’immobilier, et une baisse des loyers, première dépense des familles locataires ?
C’est une première étape vers une possible régulation du marché de l’immobilier. Le 1er août est entré en vigueur un décret encadrant les loyers des logements mis en relocation. Jusqu’à présent, lors d’un changement de locataire ou d’un renouvellement de bail, rien n’empêchait un propriétaire de réévaluer le montant du loyer à sa guise. Résultat : des augmentations systématiques et régulières contribuant à la spéculation dans les zones « tendues ». Dans l’agglomération parisienne (Paris et banlieue), un nouveau locataire emménageant en 2011 payait en moyenne 7,3 % plus cher que son prédécesseur, selon l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (Olap). Et mieux valait ne pas changer d’appartement dans la capitale, avec une hausse de 10,8 % en cas de relocation. Bref, pour un 50 m2 se louant 1 000 euros, une substantielle augmentation de plus de 108 euros…
L’Île-de-France n’est pas une exception : les loyers à la relocation ont, en un an, augmenté de 4 % à Lyon, de 3,5 % à Bordeaux, de 3,3 % à Lille… Cette inflation lors des changements de locataires constitue, selon l’Observatoire des loyers, le « premier facteur de hausse des loyers ». Avec le nouveau décret, un propriétaire ne pourra pas dépasser l’augmentation prévue par l’indice de référence des loyers, calculé par l’Insee, soit 2,2% au premier semestre 2012.
Les étudiants, premiers concernés
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lundi 3 septembre 2012
La souveraineté de la nation est imprescriptible
Par Roland Weyl, avocat, vice-président de l’AIJD
Il fallait s’y attendre, le Conseil constitutionnel a déclaré que la soumission de notre économie aux intérêts financiers qui dirigent l’Europe n’exige pas de réforme constitutionnelle. Certes, ses membres sont des « sages », mais la démocratie n’est pas une sageocratie. Et si une institution ou juridiction dit qu’il fait nuit à midi, cela n’empêche pas qu’il fasse jour,
Il est vrai qu’il pourra arguer de ce qu’il n’a été appelé à se prononcer que sur une loi qui organise l’austérité et pas sur la ratification du mécanisme européen. Mais cela reviendrait à ne vouloir connaître que l’écume de la vague et pas la vague qui la produit.
Car tout ce qui altère notre maîtrise sur nos affaires est contraire à la Constitution. Va-t-on, alors, nous faire procès de souverainisme ? La souveraineté, c’est être souverain, du latin superanus, supérieur ; donc, avoir le pouvoir. On ne doit pas avoir le pouvoir sur les autres, comme le colonialisme d’avant-hier, le leadership de Bush hier et la domination des marchés aujourd’hui.
En 1789, on est passé du souverain qui disait « l’État c’est moi » à ce qui a été affirmé dans la Constitution de 1946 et repris en 1958 : « La souveraineté nationale appartient au peuple français. » Il est certes ajouté : « qui l’exerce par ses représentants » (et non « dont les représentants l’exercent ») « ou par voie de référendum ». Mais cela ne concerne que l’exercice. Cela ne veut pas dire qu’il peut en disposer pour y renoncer.
Dès la Constitution de 1791, la souveraineté de la nation était déclarée « imprescriptible et inaliénable ». Et l’indépendance budgétaire en est un attribut tellement essentiel que déjà l’article 14 de la Déclaration de 1789 des droits de l’homme et du citoyen précisait que « tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en contrôler l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».
Ce n’est pas une valeur ancienne et périmée. Au contraire, la charte des Nations unies a donné en 1945 une valeur universelle à la maîtrise exclusive des peuples sur leurs affaires en en faisant, avec l’interdiction de la violence dans les relations internationales, une pierre angulaire de la société internationale. Cela inclut la coopération, mais entre peuples libres et égaux. Et c’est un principe « d’ordre public », comme par exemple le Code du travail : si un peuple renonce à sa souveraineté, c’est nul et sans valeur, comme si un individu accepte de devenir esclave.
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Il fallait s’y attendre, le Conseil constitutionnel a déclaré que la soumission de notre économie aux intérêts financiers qui dirigent l’Europe n’exige pas de réforme constitutionnelle. Certes, ses membres sont des « sages », mais la démocratie n’est pas une sageocratie. Et si une institution ou juridiction dit qu’il fait nuit à midi, cela n’empêche pas qu’il fasse jour,
Il est vrai qu’il pourra arguer de ce qu’il n’a été appelé à se prononcer que sur une loi qui organise l’austérité et pas sur la ratification du mécanisme européen. Mais cela reviendrait à ne vouloir connaître que l’écume de la vague et pas la vague qui la produit.
Car tout ce qui altère notre maîtrise sur nos affaires est contraire à la Constitution. Va-t-on, alors, nous faire procès de souverainisme ? La souveraineté, c’est être souverain, du latin superanus, supérieur ; donc, avoir le pouvoir. On ne doit pas avoir le pouvoir sur les autres, comme le colonialisme d’avant-hier, le leadership de Bush hier et la domination des marchés aujourd’hui.
En 1789, on est passé du souverain qui disait « l’État c’est moi » à ce qui a été affirmé dans la Constitution de 1946 et repris en 1958 : « La souveraineté nationale appartient au peuple français. » Il est certes ajouté : « qui l’exerce par ses représentants » (et non « dont les représentants l’exercent ») « ou par voie de référendum ». Mais cela ne concerne que l’exercice. Cela ne veut pas dire qu’il peut en disposer pour y renoncer.
Dès la Constitution de 1791, la souveraineté de la nation était déclarée « imprescriptible et inaliénable ». Et l’indépendance budgétaire en est un attribut tellement essentiel que déjà l’article 14 de la Déclaration de 1789 des droits de l’homme et du citoyen précisait que « tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en contrôler l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».
Ce n’est pas une valeur ancienne et périmée. Au contraire, la charte des Nations unies a donné en 1945 une valeur universelle à la maîtrise exclusive des peuples sur leurs affaires en en faisant, avec l’interdiction de la violence dans les relations internationales, une pierre angulaire de la société internationale. Cela inclut la coopération, mais entre peuples libres et égaux. Et c’est un principe « d’ordre public », comme par exemple le Code du travail : si un peuple renonce à sa souveraineté, c’est nul et sans valeur, comme si un individu accepte de devenir esclave.
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Alimentation : Les Bourses préparent de nouvelles émeutes de la faim
Depuis mai, le prix
du blé a augmenté
de près de 40 %,
celui du maïs de plus de 60 %. Le soja suit la tendance. Ces hausses
spéculatives se traduiront par une flambée des prix alimentaires. Les
paysans français, acheteurs de céréales pour leur bétail, sont les
premiers à payer
la facture.
Une spéculation durable est engagée sur le blé, le maïs et le soja depuis plusieurs semaines. Par effet de contagion, la hausse des prix touche aussi les céréales secondaires, comme l’orge et les oléagineux, et les plus cultivés en Europe : le colza et le tournesol. Depuis juin, le prix du blé a augmenté de près de 40 % et celui du maïs de plus de 60 % à la Bourse de Chicago. La tendance est la même sur les autres places financières où s’échangent chaque jour des milliers de tonnes de grains sans bouger de leurs silos. Plus sidérant encore, les récoltes de 2013, 2014 et même 2015 peuvent être partiellement prévendues sur le marché à terme très au-dessus de 200 euros la tonne car une sécheresse sévère sévissant au États-Unis, en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan pousse les spéculateurs à considérer que les prix resteront élevés plus longtemps que lors de la crise de 2007-2008, qui déboucha sur des émeutes de la faim dans près de 40 pays.
Pour le blé, la production mondiale pourrait être cette année de 662 millions de tonnes, auxquels s’ajoute un stock de report de fin de campagne de 177 millions de tonnes. Il n’y a donc pas de risque de pénurie. Mais les stocks sont inégalement répartis. Les pays structurellement déficitaires n’étaient guère enclins aux achats, ces dernières semaines, car ils voulaient connaître la qualité des blés récoltés avant de s’engager. Dans le même temps, les trois gros pays exportateurs que sont la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan ont une récolte en baisse de 34 % par rapport à 2011. Dès lors, leurs capacités d’exportation seront moindres. La Russie a déjà beaucoup exporté cet été et le souci de stabiliser les prix des denrées alimentaires sur leur marché intérieur peut inciter ces trois pays à relever leurs stocks de sécurité. Il n’en faut pas plus pour qu’on anticipe d’énormes profits en spéculant sur les céréales dans les salles de marché.
S’agissant du maïs, les États-Unis tablent désormais sur une récolte de 273 millions de tonnes, au lieu des 375 millions de tonnes envisagés au mois de mai dernier. Comme ce pays utilise 40 % de son maïs pour produire de l’éthanol destiné aux véhicules, la part des réservoirs entre en concurrence avec celles de la consommation humaine et animale. Du coup, les spéculateurs tablent aussi sur une pénurie de maïs et sur des prix en forte hausse.
Lire la suite
Une spéculation durable est engagée sur le blé, le maïs et le soja depuis plusieurs semaines. Par effet de contagion, la hausse des prix touche aussi les céréales secondaires, comme l’orge et les oléagineux, et les plus cultivés en Europe : le colza et le tournesol. Depuis juin, le prix du blé a augmenté de près de 40 % et celui du maïs de plus de 60 % à la Bourse de Chicago. La tendance est la même sur les autres places financières où s’échangent chaque jour des milliers de tonnes de grains sans bouger de leurs silos. Plus sidérant encore, les récoltes de 2013, 2014 et même 2015 peuvent être partiellement prévendues sur le marché à terme très au-dessus de 200 euros la tonne car une sécheresse sévère sévissant au États-Unis, en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan pousse les spéculateurs à considérer que les prix resteront élevés plus longtemps que lors de la crise de 2007-2008, qui déboucha sur des émeutes de la faim dans près de 40 pays.
Pour le blé, la production mondiale pourrait être cette année de 662 millions de tonnes, auxquels s’ajoute un stock de report de fin de campagne de 177 millions de tonnes. Il n’y a donc pas de risque de pénurie. Mais les stocks sont inégalement répartis. Les pays structurellement déficitaires n’étaient guère enclins aux achats, ces dernières semaines, car ils voulaient connaître la qualité des blés récoltés avant de s’engager. Dans le même temps, les trois gros pays exportateurs que sont la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan ont une récolte en baisse de 34 % par rapport à 2011. Dès lors, leurs capacités d’exportation seront moindres. La Russie a déjà beaucoup exporté cet été et le souci de stabiliser les prix des denrées alimentaires sur leur marché intérieur peut inciter ces trois pays à relever leurs stocks de sécurité. Il n’en faut pas plus pour qu’on anticipe d’énormes profits en spéculant sur les céréales dans les salles de marché.
S’agissant du maïs, les États-Unis tablent désormais sur une récolte de 273 millions de tonnes, au lieu des 375 millions de tonnes envisagés au mois de mai dernier. Comme ce pays utilise 40 % de son maïs pour produire de l’éthanol destiné aux véhicules, la part des réservoirs entre en concurrence avec celles de la consommation humaine et animale. Du coup, les spéculateurs tablent aussi sur une pénurie de maïs et sur des prix en forte hausse.
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samedi 1 septembre 2012
L’heure est au rassemblement contre le traité européen
Le gouvernement a décidé de faire
ratifier le traité européen tout début octobre par le Parlement. Il s’agit
d’une décision importante pour la France comme pour le devenir de
l’Europe.
Le MEDEF vient d’appeler à la
ratification sans condition du traité mis en place par Madame Merkel et
Monsieur Sarkozy tout en continuant de réclamer de nouveaux cadeaux pour le
patronat en termes d’allègement d’impôts et de cotisations sociales.
Le Front de gauche tient à
rappeler son opposition totale à ce pacte budgétaire qui renforcerait encore
toutes les politiques conduisant à la fois à la régression sociale, à
l’aggravation de la crise écologique, au déni démocratique et à la récession
économique en Europe comme en France. Il entend donc mettre tout en œuvre pour
que la France ne le ratifie pas. Le Front de gauche, pour sa part, se prononce
pour l’organisation d’un référendum permettant de respecter la souveraineté
populaire.
Il salue les voix de plus en plus
nombreuses qui à gauche, au Parlement, dans le monde syndical et dans la
diversité du mouvement social s’élèvent contre la ratification de ce pacte
budgétaire.
Il estime nécessaire de mener une
campagne rapide, dynamique et pédagogique afin de souligner les enjeux et les
dangers liés à ce pacte budgétaire et de mettre le Président de la République,
le gouvernement et les parlementaires devant leurs responsabilités.
C’est dans ce cadre qu’il a lancé
le principe d’une grande manifestation nationale contre ce traité afin de
contribuer au rassemblement de toutes celles et ceux qui veulent défendre les
chances d’une politique alternative aux logiques financières. Il propose cette
initiative au « collectif de l’audit de la dette » dans la perspective
de la réunion que celui-ci organise le 4 septembre prochain.
Il partage le souci d’inscrire
cette action dans la durée afin de créer les conditions en France et en Europe
de combattre les politiques d’austérité et de construire une autre Europe.
Il souhaite que la manifestation
nationale, comme l’ensemble des initiatives prises, soit coorganisée par le
maximum d’organisations associatives, syndicales et politiques. L’heure est au
rassemblement, c’est la voix de l’efficacité et c’est urgent.
Communiqué du Front de Gauche,
Paris, le 29 août 2012
Scop : démocratie participative et transparence
Suite de notre série sur les conditions de travail en Scop. Les employés de Magnetic nous parlent de la démocratie en entreprise, du fonctionnement des A.G. et de l'importance de la transparence pour les prises de décision.
- Retrouvez nos précédents entretiens :
Frédéric, un salarié – associé, nous raconte comment travailler dans une coopérative a changé sa vie. Il nous parle de sa motivation nouvelle à se lever le matin, mais aussi de l’importance du collectif dans la réussite d’une entreprise. Scop : "Etre heureux d'aller travailler, ça change tout !"
Olivier, membre fondateur de la Scop nous raconte la création de la coopérative et nous explique quelques aspects économiques : Scop : "Un associé a une voix, qu’il ait mis 8000 ou 30 euros"
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