Fabien Gay
vendredi 12 décembre 2025
Teisseire Crolles
Fabien Gay
mercredi 10 décembre 2025
Allevard. Mobilisation contre la brutale annonce de fermeture du lycée Le Bréda
Les lycéens, réunis dans la cour de l'établissement, se sont mobilisés, notamment pour réaliser des affiches et banderoles.
Le groupe CREEFI est propriétaire de quatre lycées privés, non confessionnels, ayant convention avec l’Éducation nationale, dont Le Bréda (situés à Grenoble, Allevard et Coublevie). Ce groupe annonce être en difficulté et devoir fermer le lycée professionnel d’Allevard. Le Bréda, ce sont, en 2025, cent soixante-deux élèves, vingt-trois enseignants et neuf formateurs, huit salariés.

Après l’annonce, fin novembre, de la fermeture prochaine, élèves, enseignants, parents d’élèves, personnels du lycée ont défilé le 4 décembre dans les rues d’Allevard avec en tête du cortège, la maire Christel Mégret et deux élues. Une pétition intitulée « Sauvons le lycée des métiers Le Bréda à Allevard : Non à la fermeture ! » avait par ailleurs déjà recueilli, en date du 9 décembre, plus de 4 000 signatures.

Ce mardi 9 décembre toujours, le lycée était ouvert à celles et ceux qui souhaitaient venir soutenir l’action de défense de l’établissement. Dès 9 heures, c’était ainsi l’effervescence dans la cour avec accueil de jeunes lycéens·es, tables pour signer la pétition, café, croissants… Mais aussi des espaces de discussion, de dessin ou d’écriture.
Une fermeture « motivée par la rentabilité »
Parmi les présents, Justin Jay Allemand, chef de file d’une liste (issue du collectif « les Allevardins ») aux municipales, à Allevard : « Je suis évidemment inquiet et en colère de voir cette fermeture s’annoncer, motivée par la rentabilité propre au fonctionnement privé. C’est pourtant un lycée qui fonctionne bien, qui est un rouage important en matière de justice territoriale, étant le seul lycée professionnel entre Grenoble et Chambéry, notamment pour la filière des ‘3e prépa métier’, c’est un outil d’égalité des chances. »

Selon le candidat, « si ce lycée disparaissait, ce ne serait pas seulement un établissement qui fermerait, mais une porte que l’on claquerait au visage de dizaines de jeunes auxquels on avait enfin permis de croire que tout était à nouveau possible dans leur parcours scolaire ».
Selon la CGT, « aucune étude pour envisager d’autres scénarios »
Une rencontre s’est ensuite tenue, vers 10 heures, autour de Ludovic Lerussi, enseignant et délégué syndical CGT des établissements du groupe CREEFI. Ne nous y trompons pas, dit la CGT, « c’est bien aujourd’hui l’ensemble de l’association CREEFI qui est en situation d’alerte économique ! Les trois établissements sont concernés et sont solidaires les uns des autres dans la comptabilité. À ce jour, aucune étude économique n’a été réalisée pour évaluer le coût et les gains potentiels d’un tel projet. Personne ne peut affirmer si les économies réalisées suffiront à sauver le CREEFI et les autres établissements. »

De même, à ce stade, « aucune étude n’a été réalisée pour envisager d’autres scénarios. Reprise par l’État du Lycée, par un repreneur ? Maintien des activités et vente du bâtiment pour location ? Autres reprises ? », égrène le syndicat. La CGT a en tout cas réaffirmé son engagement total pour la défense des emplois, la protection des élèves et la sauvegarde de l’offre éducative sur le territoire. Ludovic Lérussi a en outre lu une lettre adressée par l’avocat conseil de la CGT à la direction du CREEFI pour entrave à la loi. Laquelle exige en effet la consultation des salariés avant l’annonce de fermeture d’un établissement.
La maire promet de « tout faire » pour garder le lycée ouvert
De son côté, Christel Mégret, maire d’Allevard, a elle aussi répondu au Travailleur alpin. « Je suis extrêmement déçue de cette situation. Très inquiète car je connais un certain nombre d’élèves et de professeurs. Je suis choquée », avoue l’édile. Et de promettre : « On fera tout jusqu’au dernier moment pour que ce beau lycée reste ouvert. C’est un maillage territorial précieux. Rien d’autre n’a été imaginé que la fermeture ! Je connais beaucoup de jeunes, de conditions modestes, pour qui c’était une deuxième chance, qui n’iront pas à Grenoble. »

À 11 heures, enseignants, parents d’élèves et lycéens tenaient conférence de presse. Vincent, enseignant, explique que le personnel a été informé le 26 novembre d’un projet de fermeture du lycée Le Bréda. Avec, en guise d’explications, quelques chiffres peu fiables (bilans annuels au rouge, trésorerie au rouge) et l’annonce d’un audit d’experts comptables en cours.

Pour information, l’établissement est le seul lycée professionnel entre Grenoble et Chambéry. À ce jour, lycée privé non confessionnel, Le Bréda n’a ni le soutien des établissements d’enseignement catholique ni celui du rectorat. Le tour de table fait apparaître une forte inquiétudes des parents d’élèves et lycéens qui n’imaginent pas vivre une future scolarité ailleurs du fait notamment des difficultés de transport.
« L’établissement de la seconde chance »
Un autre élément marquant des témoignages est celui du statut de l’établissement qui se caractérise « pour un tiers des lycéens comme l’établissement de la seconde chance ». « Ma fille a été en échec scolaire, cet établissement a été une chance, affirme ainsi un parent. Ma fille est contente d’aller en cours. »
Aloïs, lycéen, évoque quant à lui « un virage de vie complexe : dépression, décrochage, déscolarisation. J’ai trouvé ici une étincelle à la suite d’une opération porte ouverte. Je réussis ici », se félicite-t-il. Même témoignage d’Anaïs : « J’ai retrouvé confiance ici. J’ai été bien accueillie par professeurs et élèves, assure-t-elle. Dès que j’ai une note en dessous de 15, je suis dégoutée. » La lycéenne cite également son voyage de classe en Pologne : « On a visité Auschwitz. Ce voyage a été magique ! »

Les parents d’élèves précisent que les conditions sont particulièrement bonnes dans cet établissement avec 18 élèves par classe, des équipes très attentives au parcours de chaque lycéen. En fin de rencontre, il est fait état de la construction en cours de deux hôtels à Allevard, lesquels sont un atout supplémentaires pour les lycéens qui y trouveront des stages. Les soutiens du lycée Le Bréda, nombreux, ont d’ores et déjà fixé leur prochain rendez-vous : ce sera le mardi 16 décembre, date de réunion du conseil d’administration du CREEFI.
lundi 8 décembre 2025
Municipales. Crolles 2026 : l’opposition de gauche lance sa campagne
Cette soirée du 4 décembre, organisée dans la salle Cascade, à Crolles, est l’aboutissement d’un processus de co-construction initié par les élus du mandat actuel et des précédents, auxquels se joignent des personnes prêtes à s’engager et des compagnons de route. Depuis 2020, les élus de l’opposition n’ont cessé de s’investir dans la vie de la commune, de porter leurs propositions et d’exprimer leurs points de vue. Chaque personne a ainsi apporté sa pierre à une dynamique qui prend forme et qui, peut-être, gagnera en mars prochain.

Pour le déroulé de la présentation, le collectif Crolles 2026 a invité Nicolas Bourdeaud, de Fréquence commune, une coopérative qui accompagne les listes et mairies participatives depuis 2019, aux côtés d’Edwige Infanti, militante du Grenoble Alpes collectif (GAC). L’annonce est enfin faite, Adelin Javet est désigné tête de liste par le collectif !
« La solidarité, l’écologie et la participation citoyenne sont les trois piliers de notre projet. Ils ne sont pas négociables car ils sont interdépendants. »
Adelin Javet, tête de liste de Crolles 2026
Crolles 2026, explique le candidat, s’inscrit dans la ligne directe du collectif précédent, Crolles 2020, qui avait présenté une liste citoyenne et participative lors des dernière élections municipales. En tête au premier tour, celle-ci s’était inclinée de 135 voix. Adelin Javet rappelle d’ailleurs qu’au second tour, le Parti socialiste avait retiré l’investiture du maire sortant, Philippe Lorimier, à la suite de la fusion de sa liste avec celle de droite.

« La solidarité, l’écologie et la participation citoyenne sont les trois piliers de notre projet, souligne la tête de liste. Ils ne sont pas négociables car ils sont interdépendants. Nous ne pourrons pas avoir un Crolles plus vert sans l’intelligence collective de ses habitants, ni une ville plus solidaire sans une gestion sobre et responsable de nos ressources. »
Et Adelin Javet de poursuivre : « Notre liste propose un changement de méthode et de cap pour que Crolles devienne un modèle de démocratie locale, écologique et humaine. Rejoindre et voter pour notre liste, c’est choisir un Crolles où personne n’est laissé pour compte, une ville où l’expérience des uns fait la force et l’avenir des autres. Les meilleures idées sont chez vous. Nous ne décidons plus pour vous, nous décidons avec vous », assène-t-il.
Avec Crolles 2026, une autre manière de faire
Un travail collectif a été effectué jusqu’à la présentation des résultats du questionnaire, initiée par Stéphane Giret qui nous dresse le portrait des répondants. Ensuite, un état des lieux de Pierre-Jean Crespeau et Claire Quinette-Mourat exposant à la fois les atouts de Crolles — une ville agréable à vivre — mais aussi les motifs de critiques.

Françoise Lejeune a quant à lui développé les priorités qui sont ressorties du questionnaire concernant l’adaptation au climat et la végétalisation. Les thèmes de la mobilité et de la sécurité ont, eux, été pris en main par Adrien Edouardo Pedone, conscient des préoccupations des Crollois. Enfin, Solenn Gouasdoué a expliqué la démarche participative du collectif, alimentée elle-même par le questionnaire. C’est une autre manière de faire que propose et applique déjà Crolles 2026.
Avant de profiter du pot convivial, la trentaine de personnes présentes ont participé à la priorisation des propositions réparties au travers des trois axes de campagne : vivre ensemble, prendre soin, préparer l’avenir. Le principe ? C’est David Roux qui le détaille : chaque personne reçoit onze gommettes à coller devant les propositions qu’elle souhaite mettre en avant, dans la limite de trois par proposition.

Certes, la période est moins propice à la participation qu’en 2020, et le collectif cherche encore des volontaires — en particulier des femmes. Néanmoins, quand on porte fièrement des valeurs de gauche, celles-ci ne se bradent pas au profit d’une alliance opportuniste avec la droite ou l’extrême droite. À bon entendeur…






