mercredi 11 septembre 2013
Le dernier discours de Salvador Allende
Par Philippe Marlière
Salvador Allende (1908-1973), un médecin de formation, est démocratiquement élu président du Chili en 1970, à sa quatrième tentative. C’est un socialiste ; le premier marxiste à accéder à ce poste sur le continent sud-américain.
Le 11 septembre 1973, l’armée chilienne lance ses chars contre le palais de la Moneda, la résidence présidentielle. Les cadres fascisants de l’armée avaient déjà tenté de renverser le régime de gauche démocratiquement élu. Le nouvel assaut sera victorieux. De la junte militaire qui organise cet acte odieux émergera Augusto Pinochet, qui avait été nommé général en chef des armées par Allende quelques jours auparavant. Le coup d’État est financièrement et logistiquement soutenu par les États-Unis sous la présidence Nixon.
Quelques minutes avant la prise de la Moneda, Allende s’adresse à la nation chilienne sur les ondes de Radio Magellanes. C’est un discours d’adieu. Le « président camarade » a refusé de fuir le pays, comme le lui proposait les putschistes. La qualité de l’enregistrement est médiocre. Surimposés aux paroles du président chilien on entend des bruits de fond : des voix angoissées et agitées, ainsi que des bruits d’explosion et de fusils automatiques. La retransmission se déroule dans le chaos général alors que les chars entourent déjà le palais présidentiel.
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Salariés et retraités en ligne de mire
La der des ders… Chaque fois qu’une réforme des retraites est lancée — sept depuis 1993 —, on assure que c’est la bonne et qu’enfin salariés comme retraités pourront vivre tranquille. Chaque fois, les promesses s’envolent et les gouvernants aggravent les ponctions, sans jamais s’interroger sur la nocivité de la potion qu’ils font ingurgiter à intervalles réguliers, depuis deux décennies.
Plus habiles que leurs prédécesseurs, le président François Hollande et son premier ministre ont laissé leurs experts multiplier les propos alarmistes, avant de présenter ensuite leur mixture comme un moindre mal. Mais si la posologie est (un peu) allégée par rapport aux annonces intempestives, elle n’en est pas moins dangereuse. Sa philosophie ? Travailler plus pour toucher moins, et sans attendre, payer plus.
Tous les salariés sont touchés, mais les plus jeunes et les plus anciens, c’est-à-dire les retraités, sont les plus pénalisés. Le capital est totalement épargné. La seule mesure franchement positive concerne la pénibilité. Toutefois, pour les travailleurs les plus exposés aux problèmes de santé, elle ne fait que réparer les dégâts liés au recul de l’âge de la retraite à 62 ans — décidé par la droite et M. Nicolas Sarkozy, condamné par le Parti socialiste quand il était dans l’opposition mais maintenu par les élus socialistes désormais majoritaires (sauf pour les très longues carrières).
Idées fausses pour mauvaises solutions
Avant même d’entrer dans le détail des mesures, on peut s’interroger
sur la dramatisation des déficits et l’inquiétude permanente instillée
dans les têtes.Lire la suite
Revue du Projet n°29: Communisme et Municipales
Le dossier COMMUN(ism)E et MUNICIPALES
Les élections municipales seront le premier retour aux urnes depuis l’arrivée au pouvoir du PS. Ce dossier s’inscrit dans une série de numéros consacrés à ces échéances : projet pour nos communes et leurs habitants, démocratie, décentralisation et enfin habiter la ville. Nous n’avons pas cherché à être exhaustifs ou à présenter un programme clé en main, mais nous espérons offrir des pistes de réflexion à tous les communistes qui s’engageront dans ces batailles.
Les élections municipales seront le premier retour aux urnes depuis l’arrivée au pouvoir du PS. Ce dossier s’inscrit dans une série de numéros consacrés à ces échéances : projet pour nos communes et leurs habitants, démocratie, décentralisation et enfin habiter la ville. Nous n’avons pas cherché à être exhaustifs ou à présenter un programme clé en main, mais nous espérons offrir des pistes de réflexion à tous les communistes qui s’engageront dans ces batailles.
mardi 10 septembre 2013
Retraites : Le PCF mobilisé, mardi 10 septembre, pour la journée unitaire
Près de 2 français sur 3 soutiennent la journée de mobilisation
syndicale unitaire contre la réforme des retraites prévue demain, mardi
10 septembre.Le projet de loi connu depuis la semaine dernière ne répond
pas aux attentes des salarié-e-s, des sans emploi, des jeunes et des
retraité-e-s. En augmentant la durée de cotisations, la reforme
s'inscrit dans la droite ligne des réformes régressives depuis 1993,
s'en prenant en premier lieu aux jeunes.Alors que plus de 8 français sur
10 sont inquiets pour leur retraite, il est indispensable de peser en
exprimant haut et fort l'exigence de la retraite à 60 ans et à taux
plein.
A l'appel des syndicats, le PCF et ses partenaires du Front de gauche seront présents, mobilisés dans les manifestations et rassemblements prévus demain, partout en France.
A Paris, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur de Paris, participera, aux côtés des leaders des autres organisations membres du Front de gauche, à cette journée d'action.
A l'appel des syndicats, le PCF et ses partenaires du Front de gauche seront présents, mobilisés dans les manifestations et rassemblements prévus demain, partout en France.
A Paris, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur de Paris, participera, aux côtés des leaders des autres organisations membres du Front de gauche, à cette journée d'action.
Georges Corm : "C’est une bataille titanesque qui se joue aujourd’hui, principalement en Syrie"
Historien et économiste, spécialiste du monde arabe, Georges
Corm (1) décrypte les risques d’une intervention armée en Syrie pour la
région, le rôle des différentes puissances, comme l’Arabie saoudite,
Israël, l’Iran, et le jeu des alliances.
Quel impact peut avoir une intervention en Syrie même présentée comme rapide et courte ?
Georges Corm. On ne peut vraiment pas savoir car cela dépendra de l’ampleur de cette attaque. Si elle est courte, en principe elle peut passer sans qu’il y ait de riposte pouvant dégénérer en affrontements plus larges. En revanche, si elle est ravageuse en termes de vies humaines, comme cela est très possible à constater la concentration de forces militaires à haut pouvoir de destruction, on ne sait pas ce qui peut se passer. D’ailleurs, le régime pourrait en sortir renforcé, contrairement à l’objectif recherché.
Dix ans après l’Irak, et devant un tel échec, pourquoi les puissances du Nord (France, États-Unis, Grande-Bretagne, Canada...) sont-elles prêtes à prendre à nouveau le risque d’une nouvelle guerre dans la région ?
Georges Corm. L’Occident politique sous la conduite des États-Unis est pris d’une fièvre guerrière étonnante depuis la chute de l’URSS, qui le fait bombarder ou envahir ou dépecer des pays souverains avec un appétit insatiable et la farce d’arguments moraux ou de défense tellement sélective des droits de l’homme. C’est un phénomène très peu analysé.
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Quel impact peut avoir une intervention en Syrie même présentée comme rapide et courte ?
Georges Corm. On ne peut vraiment pas savoir car cela dépendra de l’ampleur de cette attaque. Si elle est courte, en principe elle peut passer sans qu’il y ait de riposte pouvant dégénérer en affrontements plus larges. En revanche, si elle est ravageuse en termes de vies humaines, comme cela est très possible à constater la concentration de forces militaires à haut pouvoir de destruction, on ne sait pas ce qui peut se passer. D’ailleurs, le régime pourrait en sortir renforcé, contrairement à l’objectif recherché.
Dix ans après l’Irak, et devant un tel échec, pourquoi les puissances du Nord (France, États-Unis, Grande-Bretagne, Canada...) sont-elles prêtes à prendre à nouveau le risque d’une nouvelle guerre dans la région ?
Georges Corm. L’Occident politique sous la conduite des États-Unis est pris d’une fièvre guerrière étonnante depuis la chute de l’URSS, qui le fait bombarder ou envahir ou dépecer des pays souverains avec un appétit insatiable et la farce d’arguments moraux ou de défense tellement sélective des droits de l’homme. C’est un phénomène très peu analysé.
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lundi 9 septembre 2013
Manifestons Mardi 10 Septembre 10h Place de Verdun à GRENOBLE
OUI à la création de vrais emplois !
OUI A DE BONNES RETRAITES PAR RÉPARTITION !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires de l’Isère se sont réunies sur les questions des retraites, de l’emploi, des salaires, de l’avenir des services publics. Elles ont fait part de leur analyse sur le rapport Moreau et des mesures qu’elles ne sauraient accepter :
- l'allongement de la durée de cotisation,
- l’opposition public/privé
- la sous-indexation des pensions et des salaires portés aux comptes.L’allongement de la durée de cotisation, déjà engagé, fixe des conditions inaccessibles aux plus jeunes dont la durée d’étude, de formation, de recherche d’emploi est allongée par rapport aux générations antérieures.Il est nécessaire de redonner confiance aux salariés, particulièrement aux jeunes générations dans le système de retraite solidaire.
Pour financer nos retraites, il
faut amplifier la lutte contre la fraude fiscale (60 milliards),
remettre à plat les exonérations accordées aux employeurs (30
milliards), arrêter les suppressions de postes dans la fonction publique
et les licenciements dans le privé. Pour changer de cap et faire face à
la situation, il faut rompre avec les politiques d’austérité. Il est
urgent d’augmenter l’ensemble des salaires et des pensions, du privé
comme du public, ce qui impose d’en finir avec le gel du point d’indice
et de revaloriser réellement le SMIC. C'est urgent pour mieux vivre !
Et
ensemble, dans nos entreprises, nos services, du public comme du privé,
jeunes, actifs ou privés d'emploi, retraités, mobilisons nous !
MANIFESTONS, EN GRÉVE, MARDI 10 SEPTEMBRE 10H Place de Verdun à GRENOBLE
pour exiger - des augmentations de salaires, des créations d'emploi, l'amélioration des conditions de travail, pour défendre notre droit à la retraite à 60 ans à taux plein
- pour ne pas laisser les propositions du MEDEF faire la loi
- et pour imposer d’autres choix au gouvernement.
Le collectif Retraites 2013 bat le rappel de la mobilisation
Conférence de presse du Collectif - 04/09/13 par retraites2013
Le collectif Retraites 2013 a organisé un premier rassemblement ce mercredi midi, pour lancer la mobilisation contre la réforme annoncée par le gouvernement. Des débats sont organisés dans toute la France et le rendez-vous est donné dans la rue mardi 10 septembre pour une mobilisation nationale à l'appel de la CGT, FO, FSU et Solidaires.
Ce midi, le rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, en plein coeur du quartier des Champs-Elysées, a accueilli un événement plutôt rare en ces lieux. Le collectif Retraites 2013 réunissait en effet ses soutiens pour un rassemblement, suivi d'une conférence de presse. On y trouvait unis autour d'affiches « Luttons pour nos retraites », Pierre Laurent (PCF), Clémentine Autain (FASE), Gérard Filoche (PS), Olivier Besancenot (NPA), ainsi que Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) et des représentants de l'UNEF, la CGT, la FSU, Solidaires, Attac et la fondation Copernic. Etaient aussi présents l'eurodéputée Karima Delli (EELV), Denis Durand (fédération des Finances CGT), Anne Féray (FSU), Catherine Lebrun (Solidaires), Emmanuel Zemmour (collectif jeunes), le Collectif féministe.
"La retraite à 60 ans, c'est nous"
Tous ont dénoncé une réforme injuste, dans la lignée des précédentes. Inégalités hommes-femmes, espérance de vie, chômage, financement: chacun s'est attaché à montrer l'inefficacité de la réforme, et à pointer la responsabilité d'un gouvernement de gauche. « La gauche ne peut pas aggraver la situation des retraites ! », a lancé Gérard Filoche, rappelant que, jusqu'à son dernier souffle, Pierre Mauroy disait : « La retraite à 60 ans c'est nous. » Quelques minutes avant lui, Jean-Luc Mélenchon avait martelé : « Nous récusons le point de départ du raisonnement du gouvernement. Nous ne sommes pas d'accord pour dire que le problème c'est le coût du travail. Ce qui nous coûte cher c'est le capital ! », a lancé Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche (PG).
samedi 7 septembre 2013
Des « points retraites pénibilité » individualisés pour… 100 000 salariés sur 24 millions ?
Par Gérard Filoche
Les partisans patronaux de « la retraite à la carte » font feu de tout bois pour remettre en cause les choses simples, claires, lisibles et chiffrées. Ils détestent le droit à la retraite à 60 ans, parce que tous les salariés s’y reconnaissent et peuvent se mobiliser ensemble pour le défendre. 60 ans, à taux plein c’est un droit commun, solidaire. Alors pour mieux le combattre, ils inventent des systèmes « notionnels », « par points », individualisés. Ca vise à saper l’ordre public social solidaire.
Sentant qu’ils ne peuvent pas d’un seul coup casser le système par répartition actuel, ils avancent masqués, et proposent des « points » de retraite pour la pénibilité du travail… ce que le gouvernement Ayrault semble vouloir proposer au Parlement de reprendre. C’est même un des points de la réforme Ayrault qui est présenté comme une « avancée sociale ». Bien sur qu’il y a des degrés de pénibilité physique et mentale différents et plus ou moins sévères entre tous les métiers. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a ce qu’on appelle des « régimes spéciaux » : ils ont été négociés par branches, et adaptés à des catégories professionnelles particulières. Il y en a encore 35, ils sont légitimes, car un danseur du ballet de l’Opéra a du mal à faire des pointes après 45 ans et un gendarme a du mal a courir après les voleurs passé 55 ans, les militaires ont du mal à faire leur métier, un ouvrier du bâtiment devrait avoir la retraite a 55 ans, et les chauffeurs ou les « roulants » de la SNCF ont des plannings horaires éprouvants, une infirmière aussi…
Mais le paradoxe c’est que nos partisans des « points de pénibilité »… comme par hasard, sont opposés aux régimes spéciaux négociés par branches. Ils veulent nous entrainer vers un système in-di-vi-duali-sé. Vous aurez des « points » pour une rotule abimée, pour un poignet déformé, pour un dos bloqué, et non pas liés à votre statut, votre métier, votre branche… ca coutera moins cher. Une rotule, dix points, deux rotules vingt points ? Les TMS (troubles musculo-squelettiques), 85 % des maladies professionnelles, combien donneront ils de « points » ?
Comment on va « trier » ça ? Car il va bel et bien s’agir de tri. On va accorder des « bons à métiers pénibles » (comme il y a des « bons à polluer ?). Le gouvernement l’a promis aux employeurs : » – Ce ne sera pas eux qui paieront » … ( à la différence des accidents du travail). Donc, c’est d’une gravité exceptionnelle, les employeurs n’auront aucune raison de limiter la pénibilité… Pire, ils pourront arguer auprès du salarié : » – D’accord c’est dur, mais tu vas avoir des points retraites ». Ils ne s’en priveront pas.
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Les partisans patronaux de « la retraite à la carte » font feu de tout bois pour remettre en cause les choses simples, claires, lisibles et chiffrées. Ils détestent le droit à la retraite à 60 ans, parce que tous les salariés s’y reconnaissent et peuvent se mobiliser ensemble pour le défendre. 60 ans, à taux plein c’est un droit commun, solidaire. Alors pour mieux le combattre, ils inventent des systèmes « notionnels », « par points », individualisés. Ca vise à saper l’ordre public social solidaire.
Sentant qu’ils ne peuvent pas d’un seul coup casser le système par répartition actuel, ils avancent masqués, et proposent des « points » de retraite pour la pénibilité du travail… ce que le gouvernement Ayrault semble vouloir proposer au Parlement de reprendre. C’est même un des points de la réforme Ayrault qui est présenté comme une « avancée sociale ». Bien sur qu’il y a des degrés de pénibilité physique et mentale différents et plus ou moins sévères entre tous les métiers. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a ce qu’on appelle des « régimes spéciaux » : ils ont été négociés par branches, et adaptés à des catégories professionnelles particulières. Il y en a encore 35, ils sont légitimes, car un danseur du ballet de l’Opéra a du mal à faire des pointes après 45 ans et un gendarme a du mal a courir après les voleurs passé 55 ans, les militaires ont du mal à faire leur métier, un ouvrier du bâtiment devrait avoir la retraite a 55 ans, et les chauffeurs ou les « roulants » de la SNCF ont des plannings horaires éprouvants, une infirmière aussi…
Mais le paradoxe c’est que nos partisans des « points de pénibilité »… comme par hasard, sont opposés aux régimes spéciaux négociés par branches. Ils veulent nous entrainer vers un système in-di-vi-duali-sé. Vous aurez des « points » pour une rotule abimée, pour un poignet déformé, pour un dos bloqué, et non pas liés à votre statut, votre métier, votre branche… ca coutera moins cher. Une rotule, dix points, deux rotules vingt points ? Les TMS (troubles musculo-squelettiques), 85 % des maladies professionnelles, combien donneront ils de « points » ?
Comment on va « trier » ça ? Car il va bel et bien s’agir de tri. On va accorder des « bons à métiers pénibles » (comme il y a des « bons à polluer ?). Le gouvernement l’a promis aux employeurs : » – Ce ne sera pas eux qui paieront » … ( à la différence des accidents du travail). Donc, c’est d’une gravité exceptionnelle, les employeurs n’auront aucune raison de limiter la pénibilité… Pire, ils pourront arguer auprès du salarié : » – D’accord c’est dur, mais tu vas avoir des points retraites ». Ils ne s’en priveront pas.
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Les riches sont narcissiques : ils sont persuadés qu'ils le valent bien
Par Monique Pinçon-Charlot, Sociologue
Se dire "je suis riche parce que je le vaux bien", c’est le résultat d’un travail idéologique et d’une escroquerie linguistique mis au point par les riches. Sur les plateaux des émissions télévisées, ils se présentent tous comme des bienfaiteurs de l’humanité, des créateurs de richesses et d’emplois – alors que c’est l’exact inverse puisque le système capitaliste est fondé sur le vol du travail d’autrui.
Des tailleurs Chanel comme une seconde peau
Physiquement aussi, ils cherchent à renvoyer l’image de conquérants. L’étude menée par le psychologue social Paul K. Piff, de l’université de Berkeley, aux États-Unis, pour illustrer les liens entre richesse souligne que plus l’on est aisé, plus l’on s’observe dans un miroir. Se regarder dans la glace, c’est effectivement se mettre en scène devant soi-même. Et le corps montré est le prix de transformations dès la naissance en corps de classe.
Avec leur posture droite, leur maintien, leur teint hâlé, leur manucure, leur élégance même dans une petite robe, les riches peuvent se regarder dans la glace avec plaisir. Face à eux, les personnes dont les mains sont abîmées par le travail ménager, qui grossissent parce qu’elles mangent mal et n’ont pas le temps de faire de l’exercice physique se disent :
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Une étude publiée dans "Personality and Social Psychology Bulletin"
révèle des liens étroits entre richesse et narcissisme. Les CSP+ se
regardent davantage dans le miroir et pensent "sincèrement mériter plus
que les autres". Des conclusions étonnantes ? Pas pour les sociologues
Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, dont l’ouvrage "La violence des
riches – Chronique d’une immense casse sociale" paraît le 12 septembre
aux éditions La Découverte.
Si vous êtes né à Neuilly, vous n’y êtes pour rien. Pas plus qu’un
jeune d’une famille pauvre élevé à Saint-Denis ou Aubervilliers. Mais
cet aspect arbitraire des privilèges, la classe supérieure l’a
transformé en dû et en mérite. L’héritage est maquillé en des qualités
personnelles.Se dire "je suis riche parce que je le vaux bien", c’est le résultat d’un travail idéologique et d’une escroquerie linguistique mis au point par les riches. Sur les plateaux des émissions télévisées, ils se présentent tous comme des bienfaiteurs de l’humanité, des créateurs de richesses et d’emplois – alors que c’est l’exact inverse puisque le système capitaliste est fondé sur le vol du travail d’autrui.
Des tailleurs Chanel comme une seconde peau
Physiquement aussi, ils cherchent à renvoyer l’image de conquérants. L’étude menée par le psychologue social Paul K. Piff, de l’université de Berkeley, aux États-Unis, pour illustrer les liens entre richesse souligne que plus l’on est aisé, plus l’on s’observe dans un miroir. Se regarder dans la glace, c’est effectivement se mettre en scène devant soi-même. Et le corps montré est le prix de transformations dès la naissance en corps de classe.
Avec leur posture droite, leur maintien, leur teint hâlé, leur manucure, leur élégance même dans une petite robe, les riches peuvent se regarder dans la glace avec plaisir. Face à eux, les personnes dont les mains sont abîmées par le travail ménager, qui grossissent parce qu’elles mangent mal et n’ont pas le temps de faire de l’exercice physique se disent :
"Je vois bien qu’ils me sont supérieurs."
Ce corps de classe exposé aux regards vient d’une éducation explicite
et formalisée, d’un travail sur le corps précis, auquel aucun détail
n’échappe. Une jeune femme de 20 ans nous expliquait porter les
tailleurs Chanel comme une seconde peau : ainsi vêtue, elle était aussi à
l’aise que dans un survêtement. Elle nous a confié un souvenir
marquant. À quatre ans, sortant de la piscine où elle s’amusait avec ses
cousins, elle a entendu sa grand-mère lui dire :Lire la suite
vendredi 6 septembre 2013
Rentrée scolaire. Rythmes scolaires, une aubaine pour le secteur privé ?
En lançant une réforme sans moyens pour l’appliquer, l’État
offre un boulevard aux acteurs du périscolaire, un secteur déjà en plein
essor.
Bientôt des écoles primaires sponsorisées par le CAC 40 ? Nos enfants apprendront-ils à lire dans une classe Total et à compter grâce aux assurances Axa ? Un tel scénario relève de la fiction… pour l’heure en tout cas. Dès la rentrée 2014, certaines activités périscolaires, instaurées par la nouvelle semaine de quatre jours et demi, seront financées par l’entreprise Total. Le 7 juin, le groupe pétrolier a en effet signé un accord-cadre avec la ministre Valérie Fourneyron, aux termes duquel il s’engage à financer des projets en faveur de la jeunesse, à hauteur de 16 millions d’euros. Quatre millions seront destinés à « des activités éducatives et culturelles en dehors du temps scolaire, notamment en accompagnant la réforme des rythmes éducatifs dans le premier degré », détaille le communiqué du ministère. « Il ne s’agit que d’une renégociation d’un accord signé en 2009 avec Martin Hirsch », explique Catherine Ferrant, déléguée générale de la fondation Total. Qui s’est vu demander par le nouveau gouvernement d’orienter une partie de ces fonds vers le financement de sa réforme.
Ce recours à des fonds privés « trahit un glissement insupportable dans la manière dont l’État considère le futur de l’organisation scolaire », a dénoncé, cet été, l’Association des maires ruraux de France. C’est la conséquence d’une réforme « imposée aux collectivités locales mais qui n’est pas financée par l’État », ajoute son directeur, Cédric Szabo. À l’instar de l’État, des collectivités vont-elles, par manque de ressources, se tourner vers le secteur privé ?
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Bientôt des écoles primaires sponsorisées par le CAC 40 ? Nos enfants apprendront-ils à lire dans une classe Total et à compter grâce aux assurances Axa ? Un tel scénario relève de la fiction… pour l’heure en tout cas. Dès la rentrée 2014, certaines activités périscolaires, instaurées par la nouvelle semaine de quatre jours et demi, seront financées par l’entreprise Total. Le 7 juin, le groupe pétrolier a en effet signé un accord-cadre avec la ministre Valérie Fourneyron, aux termes duquel il s’engage à financer des projets en faveur de la jeunesse, à hauteur de 16 millions d’euros. Quatre millions seront destinés à « des activités éducatives et culturelles en dehors du temps scolaire, notamment en accompagnant la réforme des rythmes éducatifs dans le premier degré », détaille le communiqué du ministère. « Il ne s’agit que d’une renégociation d’un accord signé en 2009 avec Martin Hirsch », explique Catherine Ferrant, déléguée générale de la fondation Total. Qui s’est vu demander par le nouveau gouvernement d’orienter une partie de ces fonds vers le financement de sa réforme.
Ce recours à des fonds privés « trahit un glissement insupportable dans la manière dont l’État considère le futur de l’organisation scolaire », a dénoncé, cet été, l’Association des maires ruraux de France. C’est la conséquence d’une réforme « imposée aux collectivités locales mais qui n’est pas financée par l’État », ajoute son directeur, Cédric Szabo. À l’instar de l’État, des collectivités vont-elles, par manque de ressources, se tourner vers le secteur privé ?
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