vendredi 15 décembre 2017

Les syndicats européens veulent un accord sur le Brexit qui fonctionne pour les travailleurs

Par Frances O’Grady et Luca Visentini, respectivement, secrétaire générale du TUC ( Congrès des syndicats) et secrétaire général de la CES (Confédération européenne des syndicats).
Il semble maintenant certain que le Conseil européen de cette semaine donnera le signal de départ à la Commission pour qu’elle ouvre les négociations portant sur les nouvelles relations avec le Royaume-Uni . Le gouvernement britannique devra donc prochainement définir ce qu’il souhaite voir figurer dans le futur accord. Le Parlement européen se prononcera ce mercredi à ce sujet et l’UE prévoit d’adopter des «  directives de négociation » détaillées en février prochain.
En tant que leaders syndicaux du Royaume -Uni et de l’UE, nous appelons les négociateurs à mettre les travailleurs au cœur de leurs débats. Le Brexit ne peut affecter l’ emploi , les droits du travail ou le niveau de vie. Il ne peut marquer le début d’une course vers le bas.
Il est essentiel d’établir des règles du jeu équitables concernant les droits des travailleurs afin d’éviter que le Royaume-Uni n’entre en concurrence avec les normes européennes . A cet égard, il faut donner aux travailleurs britanniques une garantie sérieuse quant au fait qu’ils ne seront pas à la traîne de leurs collègues européens et ne deviendront pas des citoyens de second ordre.
Le nouveau Socle européen des droits sociaux est un exemple important. Le Président Juncker précise qu’il démontre que « l’UE entend défendre les droits de ses citoyens dans un monde en mutation rapide » . Les syndicats feront pression sur l’UE pour qu’il soit mis en œuvre aussi complètement que possible.
Cela implique des protections accrues sur le lieu de travail, de nouveaux droits en faveur de congés parentaux rémunérés, de nouveaux droits pour les travailleurs de l’ économie à la demande et un nouvel accord relatif aux travailleurs détachés dans d’ autres pays par leur employeur.
La Première ministre britannique Theresa May a promis de « maintenir, protéger et renforcer » les droits des travailleurs au Royaume-Uni et elle a signé le Socle européen des droits sociaux. Toutefois, eu égard à l’apparente précarité de sa position , son engagement personnel n’est pas suffisant – et nous ignorons si elle admettra que le Socle européen des droits sociaux soit d’ application pour les travailleurs britanniques après la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
Plusieurs des candidats probables dans une course future à la direction du parti conservateur britannique n’ont pas caché leur souhait de supprimer les droits des travailleurs. Certains d’entre eux semblent même ne pas exclure un Brexit « sans accord » qui, selon des ministres, pourrait signifier que le Royaume-Uni renoncerait au modèle social européen.
Ce serait une catastrophe pour les travailleurs britanniques et constituerait aussi une menace pour les travailleurs partout en Europe . Une économie fondée sur des bas salaires , un faible taux de taxation et une réglementation complaisante aux frontières de l’UE saperait le modèle social européen et risquerait d’entraîner un nivellement vers le bas.
Tant le Royaume-Uni que les 27 économies de l’UE auraient à souffrir de coûts ou de conflits liés au commerce des biens et services . Et les travailleurs en pâtiraient également en raison de l’impact sur l’emploi et l’ investissement et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
C’est pourquoi nous croyons qu’il faut laisser ouvertes toutes les options pour les négociations de la phase suivante – y compris l’ adhésion du Royaume-Uni au marché unique et à l’union douanière.
Les lignes directrices de l’UE relatives aux négociations du Brexit incluent déjà le principe de conditions équilibrées entre le Royaume-Uni et l’ Union européenne dans les matières sociales. Le Conseil doit réaffirmer ce principe et expliquer en détail comment il sera respecté.
Le gouvernement britannique doit entamer la prochaine phase des négociations en acceptant de maintenir des règles du jeu équitables concernant les droits des travailleurs indépendamment du fait que Theresa May reste ou non Première ministre.

mercredi 13 décembre 2017

Le sommet pour la planète : de l’affichage pour se donner bonne conscience?

La COP 21 s'était conclue sans engagements contraignants pour les états. Les COP 22 et 23 se sont révélées être de vrais fiasco. Le 2 Août l'humanité avait consommé l'ensemble des ressources renouvelables et nous sommes toujours sur une trajectoire qui nous mène à un réchauffement de 3°C. Les aides financières aux énergies fossiles sont toujours deux fois plus importantes que pour celles des énergies renouvelables.
Que la France tente de relancer la lutte pour le climat est une bonne chose mais ce sommet sera-t-il autre chose que de l’affichage pour se donner bonne conscience? On est en droit de s'interroger. Déjà, il est acté que les états s'effacent devant les acteurs privés et la "finance verte"...
Pourtant les questions sont pressantes, elles demandent des réponses urgentes :
  • Les pays riches vont-ils enfin contribuer au Fonds vert de solidarité internationale à la hauteur de leur responsabilités de principaux pollueurs ?
  • En France, le réseau ferré restera t-il le parent pauvre et mal entretenu favorisant le fret par un camionnage polluant ?
  • les ENR (éolien et photovoltaïque) resteront-ils une niche à profit grâce aux taxes versées par les usagers (CSPE) ?
  • Un mix énergétique peu carboné sera-t-il maintenu grâce au nucléaire  ?
  • Qui doit financé l'isolation des logements quand la diminution des APL doit être compensée par les sociétés HLM ?
  • Va-t-on autoriser l'exploitation aurifère en Guyane au détriment des forêts primaires et continuer à réduire les moyens de l'ONF pour l'entretien de la forêt en France même ?

Sans illusions sur des financiers qui ne rechercheront que le profit, nous attendons de juger sir pièce les annonces du président de la République pour voir s'il se convertit vraiment à la défense de la planète.

mardi 12 décembre 2017

Ménard et l'apologie du féminicide : une campagne abominable

Robert Ménard, le maire d'extrême-droite de Béziers, vient de lancer une campagne d'affichage sur les murs de la ville ainsi que sur les réseaux sociaux. Dans le but de réclamer l'arrivée du TGV dans la ville, il met en scène des situations qui se veulent comiques.

Une des affiches représente ainsi une jeune femme ligotée sur les rails d'un chemin de fer, alors qu'un train à vapeur s'apprête à la percuter, avec écrit « avec le TGV, elle aurait moins souffert ! ». Comment ne pas faire le lien avec le meurtre d'Emilie, cette femme de 34 ans, mère de 4 enfants, assassinée en juin dernier par son mari en l'attachant aux rails ?

Deux semaines après la journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, le 25 novembre, des responsables politiques se permettent de tourner en dérision et de diminuer la gravité de féminicides. Doit-on rappeler qu'aujourd'hui encore, en 2017, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint en France ?

Cette campagne abominable doit alerter chaque citoyenne et citoyen, chaque responsable politique. En se moquant de femmes assassinées en raison de leur genre, Ménard diffuse l'idée que les féminicides ne sont pas un sujet sérieux et grave, et les encourage.
Le gouvernement ne doit-il pas enclencher une procédure de révocation de Robert Ménard ?

Le PCF demande de plus que ces affiches soient retirées et que des sanctions soient prises contre les élu.e.s qui encouragent des affichages sexistes.

lundi 11 décembre 2017

Il est urgent de réhabiliter la police de proximité

vendredi 8 décembre 2017[]
Eliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis, et les membres du groupe républicain, citoyen et écologiste (CRCE) vous invitent à leur
CONFERENCE DE PRESSE Le mercredi 13 décembre 2017 à 11h30
(Salle 261, Palais du Luxembourg)
pour vous présenter leur proposition de loi visant à réhabiliter la police de proximité, qui sera débattue le même jour à partir de 14h30, en séance publique.
Qu’on l’appelle police de proximité ou police de sécurité du quotidien... les questions de sémantique ne sauraient supplanter les missions qu’on lui assigne et surtout les moyens qu’on lui alloue.
Pourtant, une fois encore derrière les effets d’annonce et la communication gouvernementale, le déploiement des moyens financiers ne suit pas : le projet de loi de finances qui vient d’être examiné au Sénat, n’a présenté aucune ligne budgétaire dédiée à cet objectif. L’amendement que nous avons proposé en ce sens dans le budget de la mission « sécurités » le 5 décembre, n’a reçu aucun appui en séance publique.
Depuis 2002, les policiers, soumis à la politique du chiffre, arborent un uniforme désincarné. Privés de la légitimité que confère une relation durable avec des habitants, les policiers paraissent uniquement chargés d’interventions ponctuelles dans des conditions rendues toujours plus dangereuses, chaque intervention faisant courir le risque d’une montée de la violence.
Pourtant leur rôle est aussi d’être au plus près de la population, à la fois pour prévenir et lutter contre les crimes, les délits, ainsi que le terrorisme en récupérant les renseignements à la source, mais aussi pour répondre concrètement aux attentes et aux besoins de sécurité des populations, notamment en matière de contrôles d’identité abusifs ou de violences faites aux femmes.
Merci de bien vouloir nous confirmer votre présence avant le mardi 12 décembre à l’adresse suivante : crce@senat.fr

dimanche 10 décembre 2017

Turquie : Liberté pour Demirtas et Yüksekdag

Le procès des deux co-présidents du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, se tient ces 6 et 7 décembre 2017 à Ankara.
Arrêtés le 4 novembre 2016, les parlementaires avaient été déchus de leur immunité quelques semaines auparavant. Ils risquent respectivement 142 et 83 années de prison.
Pour avoir dénoncé les crimes de l'Etat turc dans les villes du Kurdistan soumises à des bombardements et au couvre-feu, la justice leur reproche d'appartenir ou d'appuyer une "organisation terroriste". Le président turc R.T. Erdogan entend aussi faire payer au HDP le camouflet que cette formation lui infligea lors des législatives de juin 2015, entravant la présidentialisation du régime et l'instauration de la dictature. Depuis, l'AKP au pouvoir a entrepris de briser toute forme d'opposition démocratique.
Les emprisonnements de journalistes, d'intellectuel-les, de syndicalistes, de responsables d'organisations des droits humains ou d'élu-es du HDP se sont amplifiés alors que les procès iniques sont devenus quotidiens.
En Turquie, toute expression du dissensus politique est désormais impossible et la politique est devenue un champ de vengeance généralisé. Comme depuis de longues années, le Parti communiste français (PCF) sera à leurs côtés.
Une délégation conduite par Jean-Paul Lecoq, député et membre de la Commission des Affaires étrangères, est présente à Ankara pour exprimer la solidarité du PCF et de son secrétaire national Pierre Laurent qui parraine Selahattin Demirtas. J.P. Lecoq rejoindra sur place Sylvie Jan, présidente d’une association de solidarité avec le peuple kurde.
Le PCF appelle la France et l'UE à dénoncer ces atteintes aux droits humains et à exiger la libération des prisonniers politiques en Turquie.
Le PCF appelle à la mobilisation pour amplifier la solidarité avec les membres du HDP qui oeuvrent pour la paix, la liberté et la justice.

samedi 9 décembre 2017

Conférence-débat sur le centenaire de la Révolution russe,

Grenoble - Samedi 9 décembre 2017 à 15 heures, Maison des associations, rue Berthe de Boissieux :
Conférence-débat sur le centenaire de la Révolution russe, avec l’historien Jean-Jacques Marie, et une introduction de Catherine Samarie, du Monde diplomatique. Une rencontre organisée par le Poid (Parti ouvrier indépendant démocratique), les Lanceurs de tuiles, le NPA, la section du Grésivaudan du PCF, Lutte Ouvrière....

vendredi 8 décembre 2017

Trump sur Jerusalem : UNE IRRESPONSABILITÉ CRIMINELLE

En reconnaissant officiellement et unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël et en décidant le transfert immédiat de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem , Donald Trump vient de placer son pays au ban de la communauté internationale . Son mépris des résolutions de l'ONU pour une solution politique à deux États, engage ce conflit colonial dans une phase qui l'éloigne encore plus d'une résolution pacifique juste et durable
L'action étasunienne trouve de nettes oppositions parmi ses propres alliés dans la région et malgré les « préoccupations » exprimées de Paris à Pékin, en passant par le Vatican, Donald Trump est donc demeuré sourd à tout avertissement sur les conséquences régionales et mondiales de ce revirement de la diplomatie américaine. Il s'agit bien de l'ultime confirmation de la disqualification absolue des Etats-Unis en matière de toute diplomatie de paix au Proche-Orient.
Cette politique fondée sur une alliance stratégique exclusive avec Benjamin Netanyahu et son gouvernement démontre une volonté mortifère de redéfinir le Moyen Orient et met le feu aux poudres en humiliant les Palestiniens privés de leurs terres et de leur État depuis un siècle, et et au-delà , les peuples du Proche et Moyen-Orient. Elle doit être fermement et unanimement condamnée par les membres des Nations unies. La France qui a trop longtemps remis sine die la reconnaissance de l’État de Palestine porte sa part de responsabilité dans cette situation, comme tout les gouvernements qui laissent agir Israël en tout impunité .

jeudi 7 décembre 2017

Honduras : Que le gouvernement français sorte de sa torpeur !

Au Honduras, le dictateur Juan Orlando Hernandez s'accroche désespérément au pouvoir alors que tout indique maintenant clairement que les résultats du scrutin du 26 novembre ont été manipulés pour lui assurer une victoire.
Hernandez n'a qu'un plan pour imposer des résultats falsifiés : poursuivre dans l'escalade de la répression contre les forces démocratiques qui manifestent depuis plus d'une semaine à l'appel du candidat de l'Alliance d'opposition contre la dictature, Salvador Nasralla qui estime à 200 000 le nombre de voix d'avance en sa faveur et qui exige le recompte des bulletins.
La dictature hondurienne est issue coup d'Etat de 2009 contre le gouvernement de centre gauche dirigé alors par Manuel Zelaya qui venait de faire adhérer le pays à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et entendait mettre en œuvre une politique de justice et progrès social.
Ce pouvoir illégitime est capable des pires atrocités, lui qui n'a cessé en 8 ans de battre de tragiques records d'assassinats politiques contre des militant-e-s de défense de l'environnement, des droits humains, des responsables syndicaux et militant-e-s progressistes.
L’état d'urgence a été décrété mais lundi 4 décembre, des centaines de policiers ont manifesté leur refus d'obéir, d'appliquer le couvre-feu- et de charger les manifestations pacifiques de l'opposition ; s'ils étaient rejoints massivement par l'ensemble des forces de sécurité du pays, il s'agirait d'un tournant dans les événements que traverse le Honduras dont le peuple n'aspire qu'à la paix, la démocratie et une vie digne.
Le Parti communiste français apporte son plein soutien aux forces démocratiques et progressistes, au mouvements de défense de l'environnement, des droits humains et des libertés du Honduras qui résistent contre la dictature et pour le plein respect des droits fondamentaux du peuple hondurien.
Le PCF appelle fermement le gouvernement français à sortir de sa torpeur et à manifester son soutien aux forces démocratiques honduriennes en condamnant publiquement la tentative de fraude électorale et le recours à la répression des manifestations.

mercredi 6 décembre 2017

Turquie : Stop aux discriminations contre la communauté LGBT

Le gouverneur d’Ankara a décidé d’interdire, jusqu’à nouvel ordre, toute initiative et évènement culturel de la communauté LGBT. Les rencontres cinématographiques, les expositions, les conférences sont désormais proscrites. Afin de justifier cette décision irrecevable, en violation des droits constitutionnels et des obligations de la Turquie envers le Conseil de l’Europe, les autorités évoquent, sans vergogne, des motifs d’ordre public, de morale et de santé.
Depuis plusieurs années, les discriminations sont devenues permanentes à l’égard de la communauté LGBT. Les violences homophobes se sont généralisées alors que les exactions et violences policières se sont déchaînées en juin dernier lors de la Gay Pride d’Istanbul, maintenant interdite depuis 2015.
Alors que les atteintes aux droits humains s’accentuent, que le pouvoir emprisonne et que la torture a fait son retour dans les prisons, la communauté LGBT est particulièrement visée.
Le PCF exprime sa solidarité envers la communauté LGBT de Turquie et appelle la France et le Conseil de l’Europe à agir pour que le droit s’impose et que toutes les discriminations cessent en Turquie.