Par Gérard Filoche
Les partisans patronaux de « la retraite à la carte » font feu de tout
bois pour remettre en cause les choses simples, claires, lisibles et
chiffrées. Ils détestent le droit à la retraite à 60 ans, parce que tous
les salariés s’y reconnaissent et peuvent se mobiliser ensemble pour le
défendre. 60 ans, à taux plein c’est un droit commun, solidaire. Alors
pour mieux le combattre, ils inventent des systèmes « notionnels »,
« par points », individualisés. Ca vise à saper l’ordre public social
solidaire.
Sentant qu’ils ne peuvent pas d’un
seul coup casser le système par répartition actuel, ils avancent
masqués, et proposent des « points » de retraite pour la pénibilité du
travail… ce que le gouvernement Ayrault semble vouloir
proposer au Parlement de reprendre. C’est même un des points de la
réforme Ayrault qui est présenté comme une « avancée sociale ». Bien sur
qu’il y a des degrés de pénibilité physique et mentale différents et
plus ou moins sévères entre tous les métiers. C’est d’ailleurs pour cela
qu’il y a ce qu’on appelle des « régimes spéciaux » : ils ont été
négociés par branches, et adaptés à des catégories professionnelles
particulières. Il y en a encore 35, ils sont légitimes, car un danseur
du ballet de l’Opéra a du mal à faire des pointes après 45 ans et un
gendarme a du mal a courir après les voleurs passé 55 ans, les
militaires ont du mal à faire leur métier, un ouvrier du bâtiment
devrait avoir la retraite a 55 ans, et les chauffeurs ou les
« roulants » de la SNCF ont des plannings horaires éprouvants, une
infirmière aussi…
Mais le paradoxe c’est que nos partisans
des « points de pénibilité »… comme par hasard, sont opposés aux régimes
spéciaux négociés par branches. Ils veulent nous entrainer vers un
système in-di-vi-duali-sé. Vous aurez des « points » pour une rotule
abimée, pour un poignet déformé, pour un dos bloqué, et non pas liés à
votre statut, votre métier, votre branche… ca coutera moins cher. Une
rotule, dix points, deux rotules vingt points ? Les TMS (troubles
musculo-squelettiques), 85 % des maladies professionnelles, combien
donneront ils de « points » ?
Comment on va « trier » ça ? Car il va bel et bien s’agir de tri. On va accorder des « bons à métiers pénibles » (comme
il y a des « bons à polluer ?). Le gouvernement l’a promis aux
employeurs : » – Ce ne sera pas eux qui paieront » … ( à la différence
des accidents du travail). Donc, c’est d’une gravité exceptionnelle, les
employeurs n’auront aucune raison de limiter la pénibilité… Pire, ils
pourront arguer auprès du salarié : » – D’accord c’est dur, mais tu vas avoir des points retraites ». Ils ne s’en priveront pas.
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samedi 7 septembre 2013
Les riches sont narcissiques : ils sont persuadés qu'ils le valent bien
Par Monique Pinçon-Charlot, Sociologue
Se dire "je suis riche parce que je le vaux bien", c’est le résultat d’un travail idéologique et d’une escroquerie linguistique mis au point par les riches. Sur les plateaux des émissions télévisées, ils se présentent tous comme des bienfaiteurs de l’humanité, des créateurs de richesses et d’emplois – alors que c’est l’exact inverse puisque le système capitaliste est fondé sur le vol du travail d’autrui.
Des tailleurs Chanel comme une seconde peau
Physiquement aussi, ils cherchent à renvoyer l’image de conquérants. L’étude menée par le psychologue social Paul K. Piff, de l’université de Berkeley, aux États-Unis, pour illustrer les liens entre richesse souligne que plus l’on est aisé, plus l’on s’observe dans un miroir. Se regarder dans la glace, c’est effectivement se mettre en scène devant soi-même. Et le corps montré est le prix de transformations dès la naissance en corps de classe.
Avec leur posture droite, leur maintien, leur teint hâlé, leur manucure, leur élégance même dans une petite robe, les riches peuvent se regarder dans la glace avec plaisir. Face à eux, les personnes dont les mains sont abîmées par le travail ménager, qui grossissent parce qu’elles mangent mal et n’ont pas le temps de faire de l’exercice physique se disent :
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Une étude publiée dans "Personality and Social Psychology Bulletin"
révèle des liens étroits entre richesse et narcissisme. Les CSP+ se
regardent davantage dans le miroir et pensent "sincèrement mériter plus
que les autres". Des conclusions étonnantes ? Pas pour les sociologues
Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, dont l’ouvrage "La violence des
riches – Chronique d’une immense casse sociale" paraît le 12 septembre
aux éditions La Découverte.
Si vous êtes né à Neuilly, vous n’y êtes pour rien. Pas plus qu’un
jeune d’une famille pauvre élevé à Saint-Denis ou Aubervilliers. Mais
cet aspect arbitraire des privilèges, la classe supérieure l’a
transformé en dû et en mérite. L’héritage est maquillé en des qualités
personnelles.Se dire "je suis riche parce que je le vaux bien", c’est le résultat d’un travail idéologique et d’une escroquerie linguistique mis au point par les riches. Sur les plateaux des émissions télévisées, ils se présentent tous comme des bienfaiteurs de l’humanité, des créateurs de richesses et d’emplois – alors que c’est l’exact inverse puisque le système capitaliste est fondé sur le vol du travail d’autrui.
Des tailleurs Chanel comme une seconde peau
Physiquement aussi, ils cherchent à renvoyer l’image de conquérants. L’étude menée par le psychologue social Paul K. Piff, de l’université de Berkeley, aux États-Unis, pour illustrer les liens entre richesse souligne que plus l’on est aisé, plus l’on s’observe dans un miroir. Se regarder dans la glace, c’est effectivement se mettre en scène devant soi-même. Et le corps montré est le prix de transformations dès la naissance en corps de classe.
Avec leur posture droite, leur maintien, leur teint hâlé, leur manucure, leur élégance même dans une petite robe, les riches peuvent se regarder dans la glace avec plaisir. Face à eux, les personnes dont les mains sont abîmées par le travail ménager, qui grossissent parce qu’elles mangent mal et n’ont pas le temps de faire de l’exercice physique se disent :
"Je vois bien qu’ils me sont supérieurs."
Ce corps de classe exposé aux regards vient d’une éducation explicite
et formalisée, d’un travail sur le corps précis, auquel aucun détail
n’échappe. Une jeune femme de 20 ans nous expliquait porter les
tailleurs Chanel comme une seconde peau : ainsi vêtue, elle était aussi à
l’aise que dans un survêtement. Elle nous a confié un souvenir
marquant. À quatre ans, sortant de la piscine où elle s’amusait avec ses
cousins, elle a entendu sa grand-mère lui dire :Lire la suite
vendredi 6 septembre 2013
Rentrée scolaire. Rythmes scolaires, une aubaine pour le secteur privé ?
En lançant une réforme sans moyens pour l’appliquer, l’État
offre un boulevard aux acteurs du périscolaire, un secteur déjà en plein
essor.
Bientôt des écoles primaires sponsorisées par le CAC 40 ? Nos enfants apprendront-ils à lire dans une classe Total et à compter grâce aux assurances Axa ? Un tel scénario relève de la fiction… pour l’heure en tout cas. Dès la rentrée 2014, certaines activités périscolaires, instaurées par la nouvelle semaine de quatre jours et demi, seront financées par l’entreprise Total. Le 7 juin, le groupe pétrolier a en effet signé un accord-cadre avec la ministre Valérie Fourneyron, aux termes duquel il s’engage à financer des projets en faveur de la jeunesse, à hauteur de 16 millions d’euros. Quatre millions seront destinés à « des activités éducatives et culturelles en dehors du temps scolaire, notamment en accompagnant la réforme des rythmes éducatifs dans le premier degré », détaille le communiqué du ministère. « Il ne s’agit que d’une renégociation d’un accord signé en 2009 avec Martin Hirsch », explique Catherine Ferrant, déléguée générale de la fondation Total. Qui s’est vu demander par le nouveau gouvernement d’orienter une partie de ces fonds vers le financement de sa réforme.
Ce recours à des fonds privés « trahit un glissement insupportable dans la manière dont l’État considère le futur de l’organisation scolaire », a dénoncé, cet été, l’Association des maires ruraux de France. C’est la conséquence d’une réforme « imposée aux collectivités locales mais qui n’est pas financée par l’État », ajoute son directeur, Cédric Szabo. À l’instar de l’État, des collectivités vont-elles, par manque de ressources, se tourner vers le secteur privé ?
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Bientôt des écoles primaires sponsorisées par le CAC 40 ? Nos enfants apprendront-ils à lire dans une classe Total et à compter grâce aux assurances Axa ? Un tel scénario relève de la fiction… pour l’heure en tout cas. Dès la rentrée 2014, certaines activités périscolaires, instaurées par la nouvelle semaine de quatre jours et demi, seront financées par l’entreprise Total. Le 7 juin, le groupe pétrolier a en effet signé un accord-cadre avec la ministre Valérie Fourneyron, aux termes duquel il s’engage à financer des projets en faveur de la jeunesse, à hauteur de 16 millions d’euros. Quatre millions seront destinés à « des activités éducatives et culturelles en dehors du temps scolaire, notamment en accompagnant la réforme des rythmes éducatifs dans le premier degré », détaille le communiqué du ministère. « Il ne s’agit que d’une renégociation d’un accord signé en 2009 avec Martin Hirsch », explique Catherine Ferrant, déléguée générale de la fondation Total. Qui s’est vu demander par le nouveau gouvernement d’orienter une partie de ces fonds vers le financement de sa réforme.
Ce recours à des fonds privés « trahit un glissement insupportable dans la manière dont l’État considère le futur de l’organisation scolaire », a dénoncé, cet été, l’Association des maires ruraux de France. C’est la conséquence d’une réforme « imposée aux collectivités locales mais qui n’est pas financée par l’État », ajoute son directeur, Cédric Szabo. À l’instar de l’État, des collectivités vont-elles, par manque de ressources, se tourner vers le secteur privé ?
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Lucien Sève "L’urgence historique de penser avec Marx le communisme"
Pour le philosophe, avec un capitalisme confronté
à des
crises ultra-profondes, les présupposés
du communisme sont là. L’enjeu
anthropologique est posé pour réactualiser la visée communiste.
Lucien Sève, agrégé de philosophie en 1949, a publié ses premiers travaux au milieu des années 1950, qu’il consacre à la philosophie universitaire française, adversaire impitoyable du matérialisme et de la pensée dialectique. Son engagement politique au Parti communiste lui fermera les portes de l’enseignement supérieur en dépit de la notoriété qu’acquièrent ses recherches qu’il consacre à la question de l’individualité et de la personne. Marxisme et Théorie de la personnalité (Éditions sociales, 1969) sera plusieurs fois réédité et augmenté. Durant les décennies ultérieures, l’histoire du matérialisme, la dialectique, les sciences de la nature et la bioéthique, l’anthropologie, la religion occupent une part notable de ses recherches, l’autre versant étant consacré à l’étude de la philosophie de Marx dont il traduit nombre de textes, à la théorie de l’État et à la question du communisme. Communisme, quel second souffle ? (Messidor-Éditions sociales, 1990) développe ses conceptions sur la nécessité impérieuse d’une « refondation » du communisme et de l’intervention politique initiée en 1984. Il entend replacer paradoxalement Marx à la croisée des interrogations contemporaines : le politique, l’anthropologique, le philosophique, le communisme. Il s’investit alors dans le projet colossal d’écrire une tétralogie, Penser avec Marx, qui devrait lui demander une quinzaine d’années de labeur. Marx et nous inaugure la série (2004) aux éditions la Dispute. Vient ensuite l’Homme (2008). La Philosophie et le Communisme devraient suivre.
« Penser un monde nouveau », nous a suggéré cette série d’été de l’Humanité. Depuis que vous êtes entré en philosophie n’est-ce pas aussi votre propos ? Penser la nouveauté, le renouvellement, osons le mot, la révolution ?
Lucien Sève. Oui, osons le mot révolution, il en est grand besoin, mais pensons la chose à neuf, de cela aussi il est grand besoin. Quand j’ai commencé à penser, au lendemain de la guerre, il y avait – ça m’a énormément impressionné – une très grande pensée de la révolution communiste nécessaire. Marx, Lénine, Rosa Luxemburg, Gramsci, Jaurès, Lukacs, Mao… La plus ambitieuse action politique coïncidait avec la plus haute réflexion. Mais la visée communiste était alors immature, dans les faits et dans les consciences. Et alors qu’aujourd’hui elle revient plus fort encore à l’ordre du jour, où est la grande pensée actualisée du communisme ? On la cherche… Or sans cela comment changer le monde ? C’est mon souci d’origine, et c’est ce que je cherche à nouveau avec cette tétralogie Penser avec Marx aujourd’hui – je suis dans la longue écriture du tome 3 sur la Philosophie –, dont le dernier volume portera sur le communisme…
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Lucien Sève, agrégé de philosophie en 1949, a publié ses premiers travaux au milieu des années 1950, qu’il consacre à la philosophie universitaire française, adversaire impitoyable du matérialisme et de la pensée dialectique. Son engagement politique au Parti communiste lui fermera les portes de l’enseignement supérieur en dépit de la notoriété qu’acquièrent ses recherches qu’il consacre à la question de l’individualité et de la personne. Marxisme et Théorie de la personnalité (Éditions sociales, 1969) sera plusieurs fois réédité et augmenté. Durant les décennies ultérieures, l’histoire du matérialisme, la dialectique, les sciences de la nature et la bioéthique, l’anthropologie, la religion occupent une part notable de ses recherches, l’autre versant étant consacré à l’étude de la philosophie de Marx dont il traduit nombre de textes, à la théorie de l’État et à la question du communisme. Communisme, quel second souffle ? (Messidor-Éditions sociales, 1990) développe ses conceptions sur la nécessité impérieuse d’une « refondation » du communisme et de l’intervention politique initiée en 1984. Il entend replacer paradoxalement Marx à la croisée des interrogations contemporaines : le politique, l’anthropologique, le philosophique, le communisme. Il s’investit alors dans le projet colossal d’écrire une tétralogie, Penser avec Marx, qui devrait lui demander une quinzaine d’années de labeur. Marx et nous inaugure la série (2004) aux éditions la Dispute. Vient ensuite l’Homme (2008). La Philosophie et le Communisme devraient suivre.
« Penser un monde nouveau », nous a suggéré cette série d’été de l’Humanité. Depuis que vous êtes entré en philosophie n’est-ce pas aussi votre propos ? Penser la nouveauté, le renouvellement, osons le mot, la révolution ?
Lucien Sève. Oui, osons le mot révolution, il en est grand besoin, mais pensons la chose à neuf, de cela aussi il est grand besoin. Quand j’ai commencé à penser, au lendemain de la guerre, il y avait – ça m’a énormément impressionné – une très grande pensée de la révolution communiste nécessaire. Marx, Lénine, Rosa Luxemburg, Gramsci, Jaurès, Lukacs, Mao… La plus ambitieuse action politique coïncidait avec la plus haute réflexion. Mais la visée communiste était alors immature, dans les faits et dans les consciences. Et alors qu’aujourd’hui elle revient plus fort encore à l’ordre du jour, où est la grande pensée actualisée du communisme ? On la cherche… Or sans cela comment changer le monde ? C’est mon souci d’origine, et c’est ce que je cherche à nouveau avec cette tétralogie Penser avec Marx aujourd’hui – je suis dans la longue écriture du tome 3 sur la Philosophie –, dont le dernier volume portera sur le communisme…
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mercredi 4 septembre 2013
Syrie, déplorable veillée d’armes
par Alain Gresh
Depuis combien de temps un responsable politique français n’avait-il évoqué Munich ? Harlem Désir, le premier secrétaire du Parti socialiste a osé : « Je ne voudrais pas que les mêmes qui recevaient M. (Bachar) Al-Assad un 14 juillet montrent aujourd’hui un esprit munichois face à ces atrocités. » Il faisait allusion à la visite en France du président syrien en 2008. La formule sur Munich s’est tellement banalisée — certains évoquaient même, à propos d’une décision du gouvernement sur le foulard, en 1989, « un Munich de l’école républicaine » ; plus éloigné de nous, mais plus significatif, Guy Mollet, un autre socialiste, l’utilisait pour justifier l’agression contre l’Egypte après la nationalisation de la compagnie du canal de Suez en 1956.
Cette formule permet de discréditer, sans beaucoup de risques, l’adversaire accusé de céder au fascisme, comme la France et le Royaume-Uni avaient reculé en 1938 devant Hitler. Elle permet aussi d’éviter tout débat sur des sujets importants et de réduire le champ de la controverse démocratique.
Pourtant, le débat sur un éventuel bombardement de la Syrie, qui aurait sans doute été en partie escamoté si le président Barack Obama n’avait pas décidé de consulter le Congrès avant d’agir, est désormais lancé. Et c’est une bonne chose, tant les décisions prises auront de répercussions sur le Proche-Orient, mais aussi sur la place de la France dans le monde. Le Parlement français débattra de ces questions le mercredi 4 septembre.
Selon le site du Figaro (« Syrie : les députés UMP réticents à un engagement de la France en l’état », 2 septembre), « Yves Nicolin, élu de la Loire, a envoyé samedi (31 août) un SMS à l’ensemble des membres du groupe en leur posant une seule question : “Es-tu prêt à soutenir l’engagement de la France en Syrie dans les conditions actuelles ?”. Lundi matin, 81 députés UMP avaient répondu “non”, 5 “oui”, 5 ne savaient pas, 1 avait dit “oui, si”, en énumérant des conditions, notamment que la France ne soit pas seule, et 106 n’avaient pas répondu. Ce sondage n’a bien sûr pas de valeur scientifique, mais il indique une tendance : une majorité du groupe UMP à l’Assemblée refuse que la France s’engage dans l’aventure syrienne dans les conditions actuelles, c’est-à-dire très probablement sans la Grande-Bretagne, avec des États-Unis très hésitants et une ONU où la Russie fait blocage. »
En effet, la position de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) a rapidement évolué dans un sens plus critique, comme le prouve la volte-face de son président Jean-François Copé, soulignée, malgré ses dénégations, dans un entretien au quotidien Le Monde (3 septembre) :
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Depuis combien de temps un responsable politique français n’avait-il évoqué Munich ? Harlem Désir, le premier secrétaire du Parti socialiste a osé : « Je ne voudrais pas que les mêmes qui recevaient M. (Bachar) Al-Assad un 14 juillet montrent aujourd’hui un esprit munichois face à ces atrocités. » Il faisait allusion à la visite en France du président syrien en 2008. La formule sur Munich s’est tellement banalisée — certains évoquaient même, à propos d’une décision du gouvernement sur le foulard, en 1989, « un Munich de l’école républicaine » ; plus éloigné de nous, mais plus significatif, Guy Mollet, un autre socialiste, l’utilisait pour justifier l’agression contre l’Egypte après la nationalisation de la compagnie du canal de Suez en 1956.
Cette formule permet de discréditer, sans beaucoup de risques, l’adversaire accusé de céder au fascisme, comme la France et le Royaume-Uni avaient reculé en 1938 devant Hitler. Elle permet aussi d’éviter tout débat sur des sujets importants et de réduire le champ de la controverse démocratique.
Pourtant, le débat sur un éventuel bombardement de la Syrie, qui aurait sans doute été en partie escamoté si le président Barack Obama n’avait pas décidé de consulter le Congrès avant d’agir, est désormais lancé. Et c’est une bonne chose, tant les décisions prises auront de répercussions sur le Proche-Orient, mais aussi sur la place de la France dans le monde. Le Parlement français débattra de ces questions le mercredi 4 septembre.
Selon le site du Figaro (« Syrie : les députés UMP réticents à un engagement de la France en l’état », 2 septembre), « Yves Nicolin, élu de la Loire, a envoyé samedi (31 août) un SMS à l’ensemble des membres du groupe en leur posant une seule question : “Es-tu prêt à soutenir l’engagement de la France en Syrie dans les conditions actuelles ?”. Lundi matin, 81 députés UMP avaient répondu “non”, 5 “oui”, 5 ne savaient pas, 1 avait dit “oui, si”, en énumérant des conditions, notamment que la France ne soit pas seule, et 106 n’avaient pas répondu. Ce sondage n’a bien sûr pas de valeur scientifique, mais il indique une tendance : une majorité du groupe UMP à l’Assemblée refuse que la France s’engage dans l’aventure syrienne dans les conditions actuelles, c’est-à-dire très probablement sans la Grande-Bretagne, avec des États-Unis très hésitants et une ONU où la Russie fait blocage. »
En effet, la position de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) a rapidement évolué dans un sens plus critique, comme le prouve la volte-face de son président Jean-François Copé, soulignée, malgré ses dénégations, dans un entretien au quotidien Le Monde (3 septembre) :
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L’avenir commence maintenant !
par Patrick Le Hyaric
Au-delà de la simple opération de
communication politique sans lendemain, un débat citoyen approfondi sur
un nouveau projet pour la « France en 2025 » est nécessaire. Il est en
effet indispensable de sortir du court-termisme et de retrouver
l’essence même de la politique. Celle qui consiste à fixer un cap pour
que cela aille mieux pour chacune et chacun, pour sécuriser l’avenir.
Celle qui renoue avec le progressisme à la française et veut contribuer à
changer le monde. Malheureusement, le gouvernement ne s’est pas fixé
cet objectif avec le séminaire qu’il a tenu. Un regard lucide sur le
présent permet aisément de voir que, dans notre pays, les familles
populaires connaissent, pour la première fois depuis la fin de la
seconde Guerre mondiale, une sérieuse régression de leur niveau de vie.
C’est là une nouvelle donnée historique. Les décisions prises sous les
deux derniers quinquennats de la droite, tout comme, depuis un an,
celles prises par le gouvernement socialiste-écologiste, vont produire
de nouvelles dégradations de la vie quotidienne, de nouvelles
insécurités sociales et environnementales, de nouveaux reculs des droits
humains et sociaux, alors que les puissances d’argent sont sécurisées.
Ceci n’a rien à voir avec un projet progressiste !
L’acceptation de ce que l’on appelle
« le pacte budgétaire européen » ou la « loi de flexibilité du travail »
va produire de terribles effets négatifs dont on ne mesure sans doute
pas encore toute la portée. Le refus du gouvernement de donner une
impulsion pour un nouveau partage des richesses, à commencer par une
augmentation des salaires, alors que les prix des produits de première
nécessité continuent d’augmenter, est porteur de graves dangers pour
l’avenir, tout comme le refus d’une vraie réforme progressiste de la
fiscalité et du crédit. Il en est de même pour le projet en débat de
réforme des retraites. Au moment où doit s’effectuer le choix de taxer,
soit, une nouvelle fois, les salariés et les retraités, soit la
finance, le courage n’est pas d’allonger la durée de cotisation ou
d’augmenter la CSG sur les familles populaires ou encore d’abaisser le
prétendu « coût du travail ». Le courage c’est de taxer les revenus
financiers du capital et de s’engager dans un nouveau projet de
développement favorable au travail. Cette réflexion ouverte et
constructive pour l’emploi est urgente. Elle est liée à l’avenir de
notre industrie et des services, à la révolution informationnelle, aux
mutations de l’agriculture, aux promesses d’un nouveau projet pour une
politique de la mer et à l’indispensable transition écologique.
mardi 3 septembre 2013
La forfaiture de Moscovici !
Par Robert Injey du PCF
Lors de l'Université du MEDEF, Moscovici a confirmé que l'intégralité de ce qui est "demandé" aux entreprises pour les cotisations retraites leur sera intégralement compensé par d'autres baisses de cotisations ou impôts...
Face à un patronat qui en demande toujours plus pour accroître la part de ses profits, le ministre a aussi indiqué que le CICE serait exclu du champ du contrôle fiscal. En clair il vient tout simplement d'annoncer qu'il n' y aura aucun contrôle sur les 20 milliards ( équivalent à 6% de la masse salariale ! ) d'exonérations accordé au patronat dans le cadre du Crédit impôt compétitivité emploi. Une telle annonce en dit long sur les renoncements de ce gouvernement. Mais aussi sur la forfaiture de celui-ci qui renonce ainsi à contrôler la réalité des exonérations qu'il accorde généreusement.
Lors de l'Université du MEDEF, Moscovici a confirmé que l'intégralité de ce qui est "demandé" aux entreprises pour les cotisations retraites leur sera intégralement compensé par d'autres baisses de cotisations ou impôts...
Face à un patronat qui en demande toujours plus pour accroître la part de ses profits, le ministre a aussi indiqué que le CICE serait exclu du champ du contrôle fiscal. En clair il vient tout simplement d'annoncer qu'il n' y aura aucun contrôle sur les 20 milliards ( équivalent à 6% de la masse salariale ! ) d'exonérations accordé au patronat dans le cadre du Crédit impôt compétitivité emploi. Une telle annonce en dit long sur les renoncements de ce gouvernement. Mais aussi sur la forfaiture de celui-ci qui renonce ainsi à contrôler la réalité des exonérations qu'il accorde généreusement.
Petit guide d’autodéfense en temps de réforme des retraites
L’avenir de nos
retraites n’est pas une question anecdotique, ni une affaire
d’« experts ». Il s’agit d’un choix de société qui nous concerne tous et
toutes, jeunes et vieux, femmes et hommes, salariés, indépendants,
précaires ou chômeurs.
Au moment où le gouvernement annonce une nouvelle réforme des retraites qui s’inscrit dans la continuité des réformes précédentes menées par la droite, et où les experts du MEDEF nous expliquent qu’« il n’y a pas le choix », il est essentiel que les citoyens aient toutes les cartes en main pour permettre un véritable débat de société.
Ce petit guide d’autodéfense publié par Attac, et auquel a collaboré les Dessous de Bruxelles, a pour vocation de déconstruire les idées toutes faites ressassées à longueur d’antenne dans les grands médias, et de montrer que d’autres perspectives sont possibles pour sortir de l’impasse et financer des retraites de qualité et solidaires.
Argument n°1 : « La réforme des retraites sera une réforme juste »
Hollande annonce que la mesure phare de la réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite complète, était « la mesure la plus juste à condition qu’elle soit appliquée à tous » et qu’elle devait permettre que les efforts soient « équitablement répartis ».
Mais cet allongement de la durée de cotisation s’accompagne d’une diminution du montant des pensions pour chaque trimestre manquant, à laquelle s’ajoute une sanction appelée décote qui pénalise la pension à hauteur de 5 % par année manquante.
Pour les femmes, qui ont des carrières plus courtes et qui sont nombreuses à travailler en temps partiel, pour les précaires ou pour ceux qui ont connu des périodes de chômage, cet allongement va donc être synonyme de diminution du montant des pensions.
Ainsi, selon une étude officielle, les contre-réformes cumulées de 1993, 2003 et 2010 conduiraient à une réduction du montant des pensions d’environ 15 à 25%. Elles aggravent les inégalités déjà fortes entre les retraites des femmes et celles des hommes. La diminution des pensions font les bonnes affaires des banques et assurances : de plus en plus de Français ont recours à des assurances retraites complémentaires pour pallier la faiblesse des pensions.
Pour les jeunes, c’est la double peine. Peine de court terme : avec le chômage de masse, si les séniors sont contraints de cotiser et donc de travailler plus longtemps, il ne reste aux jeunes que des stages peu ou pas rémunérés ou le Pôle emploi. Et ce alors qu’un jeune actif sur quatre ne parvient pas à trouver un emploi…
Lire la suite
Au moment où le gouvernement annonce une nouvelle réforme des retraites qui s’inscrit dans la continuité des réformes précédentes menées par la droite, et où les experts du MEDEF nous expliquent qu’« il n’y a pas le choix », il est essentiel que les citoyens aient toutes les cartes en main pour permettre un véritable débat de société.
Ce petit guide d’autodéfense publié par Attac, et auquel a collaboré les Dessous de Bruxelles, a pour vocation de déconstruire les idées toutes faites ressassées à longueur d’antenne dans les grands médias, et de montrer que d’autres perspectives sont possibles pour sortir de l’impasse et financer des retraites de qualité et solidaires.
Argument n°1 : « La réforme des retraites sera une réforme juste »
Hollande annonce que la mesure phare de la réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite complète, était « la mesure la plus juste à condition qu’elle soit appliquée à tous » et qu’elle devait permettre que les efforts soient « équitablement répartis ».
Mais cet allongement de la durée de cotisation s’accompagne d’une diminution du montant des pensions pour chaque trimestre manquant, à laquelle s’ajoute une sanction appelée décote qui pénalise la pension à hauteur de 5 % par année manquante.
Pour les femmes, qui ont des carrières plus courtes et qui sont nombreuses à travailler en temps partiel, pour les précaires ou pour ceux qui ont connu des périodes de chômage, cet allongement va donc être synonyme de diminution du montant des pensions.
Ainsi, selon une étude officielle, les contre-réformes cumulées de 1993, 2003 et 2010 conduiraient à une réduction du montant des pensions d’environ 15 à 25%. Elles aggravent les inégalités déjà fortes entre les retraites des femmes et celles des hommes. La diminution des pensions font les bonnes affaires des banques et assurances : de plus en plus de Français ont recours à des assurances retraites complémentaires pour pallier la faiblesse des pensions.
Pour les jeunes, c’est la double peine. Peine de court terme : avec le chômage de masse, si les séniors sont contraints de cotiser et donc de travailler plus longtemps, il ne reste aux jeunes que des stages peu ou pas rémunérés ou le Pôle emploi. Et ce alors qu’un jeune actif sur quatre ne parvient pas à trouver un emploi…
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lundi 2 septembre 2013
Non à une intervention militaire de la France en Syrie : pétition de l'"Humanité"
L’utilisation d’armes chimiques, dont ont témoigné de nombreux
médecins dans un quartier de Damas le 21 août 2013, a fait franchir à la
Syrie un nouveau palier dans l’horreur. Depuis deux ans, la
confrontation provoquée par le régime de Bachar Al Assad, qui a refusé
d’entendre les revendications populaires de démocratie, affiche un bilan
effroyable : 100 000 morts, plusieurs millions de réfugiés, dont un
million d’enfants, un pays dévasté, des villes détruites, une population
prise en otage par les affrontements internes soutenus par les
différents Etats de la région.
Une intervention militaire des états-Unis et de leurs alliés, dont la France, ferait courir le risque d’une nouvelle escalade de la violence, d’un embrasement régional favorisant un recours sans limites aux armes de destruction massive, notamment chimiques. Ajouter la guerre à la guerre serait la pire des solutions. Nous exigeons que la France ne participe pas à une intervention militaire en Syrie.
Le conflit en Syrie est devenu une crise géopolitique internationale. Une pression diplomatique vigoureuse doit s’exercer pour obtenir l’arrêt des hostilités et la mise en oeuvre d’une transition démocratique garantissant l’intégrité du pays. Un sommet réunissant sous la responsabilité de l’ONU les parties en conflit et les principales puissances impliquées pourrait tracer les contours d’un règlement politique. Il n’y a pas d’autre voie.
Signer la pétition
Une intervention militaire des états-Unis et de leurs alliés, dont la France, ferait courir le risque d’une nouvelle escalade de la violence, d’un embrasement régional favorisant un recours sans limites aux armes de destruction massive, notamment chimiques. Ajouter la guerre à la guerre serait la pire des solutions. Nous exigeons que la France ne participe pas à une intervention militaire en Syrie.
Le conflit en Syrie est devenu une crise géopolitique internationale. Une pression diplomatique vigoureuse doit s’exercer pour obtenir l’arrêt des hostilités et la mise en oeuvre d’une transition démocratique garantissant l’intégrité du pays. Un sommet réunissant sous la responsabilité de l’ONU les parties en conflit et les principales puissances impliquées pourrait tracer les contours d’un règlement politique. Il n’y a pas d’autre voie.
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Les paysans contre le libre-échange
COLOMBIE • En crise, le secteur agraire, rejoint par les mouvements
urbains, exige la suspension des accords avec l’UE et les Etats-Unis. Le
gouvernement opte pour la dureté.
Le mouvement paysan et populaire, qui secoue la Colombie depuis le 19 août, a pris un nouveau tour jeudi. La journée de manifestation des étudiants et d’autres secteurs en solidarité avec les travailleurs ruraux a été massive mais également marquée, en fin d’après-midi à Bogota, par de violents affrontements avec les brigades antiémeutes ESMAD. Bilan: trois morts, quelque 200 civils blessés, et un couvre-feu mis en place dans quatre secteurs de la capitale. Une aubaine pour le gouvernement qui tente de discréditer le mouvement social?
Le matin même, le président Juan Manuel Santos avait déclaré: «Nous traversons une tempête, mais nous allons nous en sortir.» Il lui avait fallu onze jours de grèves et mobilisations nationales sans précédents, ainsi que des «cacerolazos», c’est-à-dire des manifestations de milliers de personnes frappant sur des casseroles dans la plupart des villes du pays, dont la capitale Bogota, pour reconnaître qu’il y a bel et bien une crise du secteur agraire et du monde rural.
Mécontentement étendu
La cause? Les traités de libre commerce (TLC) avec les Etats- Unis et l’Union européenne qui, en un an, ont détruit des secteurs entiers de production à coups d’importations qui cassent le marché interne.
Que demandent les paysans, les transporteurs, et au-delà, les secteurs populaires critiques de la politique économique du président? Des dérogations, voire l’abolition de ces traités, ainsi que des prix de soutien pour leurs productions et des rabais pour les achats de semences et engrais.
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Le mouvement paysan et populaire, qui secoue la Colombie depuis le 19 août, a pris un nouveau tour jeudi. La journée de manifestation des étudiants et d’autres secteurs en solidarité avec les travailleurs ruraux a été massive mais également marquée, en fin d’après-midi à Bogota, par de violents affrontements avec les brigades antiémeutes ESMAD. Bilan: trois morts, quelque 200 civils blessés, et un couvre-feu mis en place dans quatre secteurs de la capitale. Une aubaine pour le gouvernement qui tente de discréditer le mouvement social?
Le matin même, le président Juan Manuel Santos avait déclaré: «Nous traversons une tempête, mais nous allons nous en sortir.» Il lui avait fallu onze jours de grèves et mobilisations nationales sans précédents, ainsi que des «cacerolazos», c’est-à-dire des manifestations de milliers de personnes frappant sur des casseroles dans la plupart des villes du pays, dont la capitale Bogota, pour reconnaître qu’il y a bel et bien une crise du secteur agraire et du monde rural.
Mécontentement étendu
La cause? Les traités de libre commerce (TLC) avec les Etats- Unis et l’Union européenne qui, en un an, ont détruit des secteurs entiers de production à coups d’importations qui cassent le marché interne.
Que demandent les paysans, les transporteurs, et au-delà, les secteurs populaires critiques de la politique économique du président? Des dérogations, voire l’abolition de ces traités, ainsi que des prix de soutien pour leurs productions et des rabais pour les achats de semences et engrais.
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