mercredi 9 novembre 2016

Trump élu président des États-Unis

Contre toutes attentes, le républicain populiste Donald Trump remporte l'élection présidentielle américaine, un séisme politique aux Etats-Unis qui plonge le monde dans une incertitude vertigineuse.
Les marchés ont dévissé au fur et à mesure que les informations ont été distillées par les médias américains lors d'une soirée électorale complètement folle.
Huit ans après l'élection de Barack Obama, premier président noir qui avait suscité une immense vague d'espoir à travers le pays, le républicain populiste de 70 ans, taxé de sexisme et de xénophobie par ses adversaires, était en passe de l'emporter sur la démocrate Hillary Clinton qui espérait devenir la première femme présidente des Etats-Unis.
Il a fait campagne comme l'outsider déterminé à mettre fin à la corruption des élites politiques qui ont selon lui "saigné le pays à blanc". En promettant de "rendre à l'Amérique sa grandeur", son slogan et de la protéger de l'extérieur.
Ce milliardaire imprévisible, que personne n'avait vu venir, avait promis lundi un "Brexit puissance trois", référence au vote surprise des Britanniques pour sortir de l'Union européenne.
Il avait durant toute sa campagne galvanisé un électorat blanc modeste se sentant laissé pour compte face à la mondialisation et aux changements démographiques, auquel il décrivait un avenir sombre.
Ce développement choc intervient à l'issue de 18 mois d'une campagne électorale qui a profondément divisé les Etats-Unis et stupéfié le monde par ses outrances et sa violence.
 
Plus de 60% des Américains pensaient que Donald Trump n'avait pas le caractère pour devenir président. Mais il a réussi à capter la colère et les angoisses d'une partie des Américains.
Ses propositions restent vagues dans un certain nombre de domaines, comme la politique étrangère. Et elles suscitent l'inquiétude dans d'autres, comme l'économie.
 
La possibilité d'une présidence Trump a violemment secoué les marchés. Le dollar a chuté alors que les investisseurs se précipitaient sur les valeurs refuges comme l'or et les marchés obligataires.
Au fil de la soirée, le chemin vers la Maison Blanche s'est fait de plus en plus étroit pour Hillary Clinton, qui depuis des mois était la favorite des sondages.
 
Vers 5H30 GMT, l'élection était suspendue aux résultats d'une toute petite poignée d'Etats -Michigan, Wisconsin, Pennsylvanie, New Hampshire.
L'homme d'affaires milliardaire, en qui personne ne croyait lorsqu'il a lancé sa candidature en juin 2015, n'a jamais occupé le moindre mandat électif.
Outre la Floride, la Caroline du Nord et l'Ohio, deux autres Etats cruciaux, étaient tombés dans son escarcelle plus tôt dans la soirée.
Preuve de son optimisme, le magnat de l'immobilier a tweeté trois heures avant sa victoire une photo de lui avec son colistier Mike Pence, son équipe et sa famille regardant les résultats depuis la Trump Tower sur la Ve avenue à Manhattan, où il a ses bureaux et son appartement, un luxueux triplex aux allures de mini-Versailles.
 
"Je pense que nous allons gagner !", jubilait Brendon Pena, 22 ans, supporteur de Trump, dans l'hôtel new-yorkais où l'équipe de campagne du milliardaire avait prévu "une fête de victoire". "J'y ai toujours cru. Je pense que Donald Trump est un type très intelligent".
"C'est incroyable ! Je pense qu'il va aller jusqu'au bout", soulignait de son côté Glenn Ruti, 54 ans. "Le pays veut du changement".
Et au fil des résultats, les mines se sont allongées à l'intérieur de la soirée électorale d'Hillary Clinton, 69 ans.
La voix des journalistes de CNN et de CBS, projetées sur des écrans géants, résonnaient dans un étrange silence.
Certains supporteurs choqués, venus parfois de très loin, sont partis en pleurant sans attendre le résultat final.
"C'est tout simplement incroyable", se désolait Anabel Evora, 51 ans. "Je prie et je ne suis pas croyante... Nous avons besoin d'un miracle. Je suis triste, je sens que je vais pleurer".
Mme Clinton a regardé les résultats avec son mari Bill Clinton, leur fille Chelsea, son mari et leur deux enfants dans un hôtel de New York.
"Nous étions confiants ce matin et cet après-midi, rien n'a changé" affirmait encore en soirée un membre de son équipe de campagne.
Plus de 200 millions d'Américains étaient appelés aux urnes mardi pour choisir le successeur de Barack Obama, extrêmement populaire, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier après huit années au pouvoir.
Sa première élection, en 2008, avait nourri l'espoir d'un pays plus uni que la campagne 2016 a profondément divisé.
 
Pour l'emporter et devenir président de la première puissance mondiale, les deux candidats devaient franchir le cap crucial des 270 grands électeurs. A 5H50 GMT, M. Trump disposait de 245 grands électeurs contre 215 à Mme Clinton, selon un décompte de l'AFP.
 
Hillary Clinton comptait pour l'emporter sur les minorités, les jeunes, les électeurs blancs diplômés et sur les femmes qui constituent la majorité de l'électorat (environ 52% lors des précédentes présidentielles).
 
Celle qui a été tour à tour Première dame, sénatrice de New York puis chef de la diplomatie américaine, présentait un CV impressionnant, mais sa personnalité suscite peu d'enthousiasme.
Elle était arrivée à New York en début de soirée pour affiner avec son équipe son discours, dans un centre de conférences au toit de verre, le Javits Convention Center.
 
"J'espère qu'il y a plus d'Américains sains d'esprit que fous", y disait Sharon Jones, 50 ans, venue de Chicago, avant le résultat final. Et si Donald Trump l'emportait mardi soir ? "Il paraît que le Canada c'est très beau au printemps", plaisantait-elle, évoquant avant les résultats la possibilité de quitter le pays.
 
La campagne, particulièrement violente, faite souvent d'attaques personnelles, a laissé un goût amer et a accru la méfiance des Américains envers leur classe politique.
Les Américains votaient aussi mardi pour renouveler 34 des 100 sièges du Sénat à Washington et la totalité de la Chambre des représentants, dont les républicains ont conservé la majorité mardi.
Le sénateur Marco Rubio, ancien rival de M. Trump aux primaires, a conservé son siège.
Douze des 50 Etats américains élisaient aussi de nouveaux gouverneurs, et des dizaines de référendums locaux étaient organisés, sur des questions allant de la légalisation de la marijuana à la suppression de la peine de mort.

Un décryptage complet du projet de traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada.

Le nouveau livre de Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, député au Parlement européen.
Voici le livre qui révèle ce que l’on cache à nos concitoyens depuis si longtemps : le contenu d’un projet d’accord entre l’Union européenne et le Canada préparé depuis des années dans le plus grand secret. 
Celui-ci aura de lourdes conséquences sur nos modes de vie, sur la qualité de nos aliments, nos droits sociaux, l’existence de nos services publics, l’emploi et la rémunération du travail, pire, ce texte ira à l’encontre du droit national et du droit européen, comme le montre cet ouvrage. Il contient les prémices du projet de Grand marché transatlantique, préparé lui aussi dans l’opacité la plus totale. 
Ce document, bourré d’informations inédites, est à mettre entre le maximum de mains.  Patrick Le Hyaric est le directeur de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche, il est également député et vice-président du groupe de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique au Parlement européen.
 

mardi 8 novembre 2016

Turquie : « Quoi qu’ils fassent, ils ne peuvent détruire ni notre espoir, ni notre résistance. »

Parmi les 11 députés du HDP ( Parti démocratique des Peuples ) arrêtés jeudi et vendredi dernier en Turquie sur ordre du gouvernement turc, 9 ont réussi à faire parvenir un message à l’extérieur de leur prison, par l’intermédiaire de leurs avocats. Tous appellent à poursuivre la résistance contre le régime d’Erdogan et voient dans leur arrestation le signe d’une dictature aux abois. Parmi eux, les deux leaders du HDP, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ. Nous publions leurs messages.
Selahattin Demirtaş :
« Je voudrais tout d'abord exprimer toute mon affection à tous les amis.
Notre arrestation illégale vient épaissir l’obscurité dans laquelle notre pays s’enfonce chaque jour un peu plus.
Cependant, ceux qui pensent pouvoir nous maintenir dans cette obscurité doivent savoir qu'une seule allumette, qu’une seule bougie suffit à la déchirer.
Où que nous soyons, quel que soit notre état, nous continuerons à brûler comme une bougie pour que notre peuple puisse vivre libre et en paix.
Chacun doit continuer son travail dans le cadre de la lutte pour la démocratie, et doit combattre sans relâche pour dissiper cette obscurité, et aller vers un avenir lumineux.
Mon moral est au plus haut et ma santé est bonne.
Avec mon affection. »
 
Figen Yüksekdağ : 
« Quoi qu’ils fassent, ils ne peuvent pas détruire notre espoir, ou briser notre résistance.
Que nous soyons en prison ou non, le HDP et nous, nous continuons à être la seule voie pour la liberté et la démocratie en Turquie.
C’est la raison pour laquelle ils ont si peur de nous. Ne vous laissez-vous être démoraliser, ne baissez pas la garde, n’affaiblissez pas votre résistance.
N'oubliez pas que cette haine et cette agression que nous subissons, sont enracinées dans la peur.
L'amour et le courage gagneront à coup sûr. Avec toute mon affection et mes meilleurs souvenirs. »
 
İdris Baluken: 
« Notre peuple doit garder le moral au plus haut.
Je salue notre peuple qui a refusé de renoncer à son honneur, et nous aussi, nous continuons à protéger le nôtre.
Ce n'est pas nous qui devrions être ici en prison, mais ceux qui ont ourdi cette conspiration contre nous.
Ils refusent même de révéler l’endroit où nous nous trouvons, afin de nous reléguer dans l’oubli.
Nous subissons une politique de prise d'otages, d'enlèvement.
Mais l’Histoire nous appris que de tels procédés, que de telles dictatures, se sont toujours effondrées, qu’elles sont vouées à l'oubli. Comme nous ne bougerons pas, leur sort sera le même.
Nous continuerons notre lutte où que nous soyons.
Tous mes sentiments les meilleurs à notre peuple. »
 
Ferhat Encü : 
« Nous sommes dans un combat.
Des milliers de prisonniers sont tombés au nom de ce combat. Nous ne sommes pas différents d’eux.
Nous subissons une violente attaque. Elle ne peut être repoussée que par la résistance. Nous résistons donc et nous continuerons à le faire. Personne ne doit perdre espoir. Seuls ceux qui gardent espoir dans la vie, sont capables de résister à cette tyrannie.
L'espoir il est aussi dans notre unité.
Cette résistance que notre peuple oppose au fascisme finira par être victorieuse.
Personne ne peut dire « je suis libre », dans un pays où nos responsables politiques ont été pris en otage.
J’exprime toute mon affection et mes meilleurs sentiments à notre peuple. »
 
Gülser Yıldırım : 
« Peu importe ce que fait la dictature de l'AKP, elle ne pourra ni nous éloigner de notre lutte, ni des valeurs auxquelles nous croyons.
Les pratiques inhumaines de la dictature témoignent de notre légitimité dans notre lutte contre cette dictature.
Je veux que notre peuple sache que notre détermination est encore  plus forte maintenant.
Salutations chaleureuses.»
 
Leyla Birlik : 
« C'est une période difficile, c'est un coup d'Etat.
Nous résisterons ici, en prison, et à l'extérieur.
Et nous allons l'emporter.
Salutations. »
 
Nursel Aydoğan : 
« Nos arrestations s’inscrivent dans un plan de liquidation du HDP
( Parti démocratique des Peuples, 3ème force politique au Parlement turc NDLR ).
Il ne faut pas oublier que le HDP est un parti qui défend une cause. Même si nous sommes en prison, nous défendrons notre cause et nous continuerons à lutter.
Personne ne doit se sentir affaibli à cause de nos arrestations, personne ne doit perdre espoir.
Peu importe ce que fait l'AKP ( parti au pouvoir de Erdogan NDLR ), nous gardons le moral au plus haut.
Nos espoirs n’en sont que plus grands encore. »
 
Selma Irmak : 
« Tout le monde voit clairement l’objectif  du coup que vient de réaliser l’AKP: il s’agit de barrer le chemin au front démocratique. C'est un coup d'Etat encore plus sinistre que celui de 1980.
Ce qu’ils craignent, c’est le développement d’une opposition de plus en plus large. Mais la résistance continuera.
Notre peuple résistera à l'extérieur, et nous, nous résisterons aussi. Les prisons ont toujours été notre deuxième adresse.
J'envoie mes salutations à mes amies. Les femmes seront le cauchemar de l'AKP. J'invite notre peuple à revendiquer très haut son avenir. Nous appelons le peuple turc et le Kurdistan à résister.
Avec mon affection et mes meilleurs souvenirs. »

Non au fichier de police qui va insécuriser 60 millions de Français

Le PCF marque son opposition totale sur la forme et le fond à la constitution du fichier totalitaire des « titres électroniques sécurisés » (TES) concernant 60 millions de Français.
Sur la forme, le PCF dénonce la méthode du gouvernement qui hors de tout débat démocratique a pris dans la plus grande opacité la décision de créer le fichier TES par un décret publié le dimanche 31 octobre. Il appuie la demande de débat parlementaire faite par la CNIL. Il soutient la décision du 7 novembre du Conseil national du numérique (CNNum) d’appeler le gouvernement à suspendre la mise œuvre de son décret et de s’autosaisir afin d’examiner des alternatives respectueuses des droits et libertés au fichier TES.
Sur le fond, le PCF pense que le fichier TES loin d’être un outil efficace dans la lutte contre l’usurpation d’identité et la falsification des titres, va au contraire être un facteur d’insécurité pour les citoyens à la fois en raison des risques de piratage, mais aussi à cause des dérives liberticides et totalitaires qui sont historiquement documentés pour de tels fichiers. De vraies altPCFernatives existent comme l’intégration de puces sécurisées dans les titres et l’utilisation de la technologie Blockchain. Ainsi, le choix du ministère de l’Intérieur est politiquement dangereux et technologiquement ringard.
Le PCF appelle le gouvernement a abrogé le décret de création du TES, et a mandaté la CNIL et le CNNum pour faire des propositions alternatives de sécurisation des titres d’identité sous contrôle parlementaire.

lundi 7 novembre 2016

Les communistes mettent l’un des leurs dans la balance

La conférence nationale du PCF a voté, ce samedi, majoritairement en faveur de la désignation d’une candidature issue de ses rangs qui pourrait se retirer en cas d’accord pour un rassemblement plus large. Le dernier mot reviendra aux militants, fin novembre.
Mieux se faire entendre, ménager les possibilités de rassemblement, refuser l’attitude de Jean-Luc Mélenchon à leur égard… Les arguments avancés en faveur d’une candidature communiste à la présidentielle – tout comme, d’ailleurs, ceux en faveur d’un appel à voter pour le candidat de La France insoumise – ont été nombreux ce samedi dans l’amphithéâtre de la Cité des sciences, à Paris, où le PCF organisait sa conférence nationale sur 2017. Alors que ces deux hypothèses étaient en balance, c’est celle de la désignation d’un candidat PCF qui a finalement emporté la majorité avec 274 voix (52,8 %), contre 218 voix (42 %) pour l’autre option, soutenue par le secrétaire national du parti, Pierre Laurent, et 27 abstentions (5,2 %). Composée des membres du Conseil national, des parlementaires et de délégués issus des départements, cette conférence nationale n’aura cependant pas le dernier mot, qui revient à l’ensemble des adhérents du PCF, appelés au vote du 24 au 26 novembre.
Si, pour l’heure, l’une des deux options tient la corde, « l’unité des communistes (se fait) autour de (leur) démarche de rassemblement », a relevé Pierre Laurent en conclusion des travaux invitant, un peu plus tôt, à « prendre la mesure de la situation ». « Le danger n’est pas seulement celui d’une alternance comme on en a connue, ramenant la droite au pouvoir. Ce danger, c’est bel et bien le risque d’une victoire politique, idéologique, électorale conjuguée de forces de droite radicalisées, décomplexées dans leurs choix ultralibéraux et antirépublicains, et de forces d’extrême droite alliées à ce qui se fait de pire en Europe », a précisé le dirigeant communiste, évoquant le risque, dans ces circonstances, d’une « marginalisation des forces de transformation sociale ». Une résolution, adoptée à plus de 90 % par la conférence nationale, l’engage à la construction d’un « nouveau front populaire et citoyen » autour d’un double objectif : « Combattre la droite et l’extrême droite, et les empêcher de conquérir le pouvoir en 2017 » et « porter au pouvoir, au printemps, une nouvelle majorité politique de gauche alternative à l’austérité, au service des luttes sociales, pour ouvrir un espoir de progrès et de solidarité pour la France ».
Pour les communistes, s’il s’agit de trouver la meilleure voie à ce rassemblement.

Le PCF refuse « d’attendre la fumée blanche des primaires socialistes »

Le contexte est difficile, dans un paysage dévasté par les coups du quinquennat Hollande-Valls. Une partie de la gauche, qui conteste la politique gouvernementale, est engagée dans ses propres primaires, à commencer par les « frondeurs » du PS, au risque d’un ralliement de dernière minute à une candidature contestée. Refusant « d’attendre la fumée blanche des primaires socialistes », Pierre Laurent a invité, dès vendredi, les socialistes critiques à quitter le « bateau ivre » de la primaire, tout en se disant favorable à un soutien de Jean-Luc Mélenchon comme « première étape du rassemblement ». « Si un candidat socialiste sortait vainqueur de la primaire en affirmant sa volonté de rompre avec les politiques d’austérité qui ont été menées depuis cinq ans, je pense qu’au minimum, ça mériterait une discussion », a-t-il toutefois ajouté. Après le vote communiste, Arnaud Montebourg s’est, lui, montré prudent : « Les partis politiques s’autodéterminent librement », a-t-il déclaré, tout en se positionnant comme possible tête de pont de « l’union des gauches », à laquelle il dit travailler.
L’option d’une candidature communiste n’exclut pas cette possibilité, ni celle de s’allier, in fine, à Jean-Luc Mélenchon. « Cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérents, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité », stipule le bulletin de vote sur lequel les militants du PCF auront à se prononcer. Si, pour certains partisans de ce choix, le « tout sauf un candidat issu des primaires socialistes » prime, comme l’a lancé dans le débat le secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais, Hervé Poly, pour d’autres la porte reste ouverte. « Le rassemblement peut se faire à partir d’un candidat communiste. Ce n’est pas se replier, c’est au contraire ouvrir les bras et porter une conception du rassemblement qui est historiquement la nôtre », a jugé le chef de file des députés Front de gauche, André Chassaigne. « Je ne crois pas qu’il y ait deux gauche irréconciliables. Si, dans une forme de glaciation, on considérait que c’est complètement à exclure, ce ne serait pas nous qui serions perdants, en premier, ce serait la population », a ajouté l’élu du Puy-de-Dôme.
Ont sans doute aussi pesé les fins de non-recevoir envoyées par le candidat de La France insoumise aux demandes, notamment des signataires de l’appel. « En 2017, faisons front commun » favorable à sa candidature, de renoncer à imposer le mouvement qu’il a lancé et qui s’est doté de son propre programme, mi-octobre, comme seule bannière du rassemblement. « Ce cadre-là (celui de la France insoumise – NDLR), ils n’arrêtent pas de le répéter, il ne bougera pas. Ils disent bienvenue aux communistes insoumis, mais en aucun cas, ce n’est une démarche de rassemblement », a jugé Pierre Lacaze, responsable du PCF en Haute-Garonne. « La déclaration solitaire de candidature, la création d’un mouvement dont il tente d’imposer les règles à tous les anciens partenaires du Front de gauche, sans succès… Ce ne sont pas des actes qui ont favorisé le rassemblement. Mais, je le répète, le débat n’est pas clos », a constaté Pierre Laurent à l’issue des débats. Pour ceux qui ont plaidé en faveur d’un soutien à Jean-Luc Mélenchon, samedi, il est cependant possible de faire entendre la voix du PCF. « La situation économique et sociale implique que les communistes, sans renoncer à ce qu’ils sont, entrent en campagne. Il n’est pas incompatible de faire une campagne communiste autonome et de se servir de l’outil Mélenchon en lucidité, en mesurant ses limites », a expliqué Sébastien Jumel, le maire de Dieppe, proposant de réunir les parrainages d’élus PCF pour qu’ils constituent une « contribution lisible » à la campagne. D’autant, selon Frédérick Genevée, que « depuis des décennies, notre courant est toujours réduit du fait du vote utile (face à la droite et l’extrême droite – NDLR), pour la première fois on a la possibilité d’inverser » la tendance.
Côté FI, après un silence radio appuyé vendredi et samedi, Alexis Corbière, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a estimé que le vote des communistes « ne change rien à la dynamique » autour de son candidat. Et d’ajouter : « Si des gens pensent qu’il faut absolument qu’ils soient présents à cette élection après avoir dit qu’il fallait le rassemblement. Bon courage, ce n’est pas mon problème. » Reste aussi l’épineuse question des élections législatives. Un scrutin majeur pour le PCF : « Nous appelons les Français à reconsidérer toute l’importance de ce scrutin. La France a besoin qu’une majorité des députés élus en juin prochain s’engage à porter pendant cinq ans des propositions de lois qui répondent aux exigences populaires », est-il écrit dans la résolution. Mais les conditions posées par La France insoumise inquiètent. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a annoncé mi-octobre vouloir présenter des candidats « labellisés » FI dans toutes les circonscriptions. À la clé une « charte » comprenant des conditions politiques et financières à l’obtention de l’investiture.

Pour les législatives, le PCF met sur la table un autre « label »

« S’il est sûr qu’aucun candidat communiste ne ratifiera (cette) charte, nous n’avons aucune garantie que si nous ne le faisons pas, il n’y aura pas partout, y compris là où nous avons des sortants, de candidats de La France insoumise », a relevé Igor Zamichiei, secrétaire du PCF parisien, pointant également des désaccords de fond avec Jean-Luc Mélenchon, notamment sur l’Europe. « Quel que soit notre choix, l’échéance sera difficile. Si nous provoquons la division nous ne serons pas compris », a argué, pour sa part, Patrice Bessac. Et le maire de Montreuil d’ajouter : « Je n’aime pas les ultimatums et les coups de menton des responsables de La France insoumise mais j’aime encore moins que mon parti sans préparation se lance dans une aventure qui ajoute au désordre. » Toujours est-il que, pour les législatives, le PCF met sur la table un autre « label », « unis pour l’humain d’abord », dans l’espoir de réunir largement autour d’un « pacte d’engagement pour une nouvelle majorité » (lire ci contre). « Aucune force, a insisté Pierre Laurent, ne peut prétendre constituer seule une majorité à l’Assemblée nationale. »

samedi 5 novembre 2016

Les cadres du PCF refusent de soutenir Jean-Luc Mélenchon pour 2017

La Conférence nationale du PCF a refusé cet après-midi le ralliement à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017. 
Sur les 519 votants qui se sont exprimés sur la stratégie à adopter, 274 ont choisi l'option d'une candidature communiste pour la présidentielle. L'option appelant à voter pour Jean-Luc Mélenchon n'a recueilli que 218 voix.
La décision finale reviendra toutefois aux 50.000 adhérents du parti qui seront appelés à se prononcer sur la question lors d'un scrutin prévu du 24 au 26 novembre

2017, à l'offensive - Suivez la Conférence nationale du PCF en direct

 

2017, à l'offensive pour une majorité de Progrès social, démocratique et écologique
Suivez en direct la conférence nationale du PCF à la cité des sciences samedi 5 novembre de 9h30 à 17h00
Comment construire le rassemblement que nous voulons dans cette situation ? Quelles nouvelles initiatives ? Quelles initiatives prendre pour les législatives ? Quel choix de candidature à l'élection présidentielle ?
Pierre Laurent secrétaire national du PCF prendra la parole  - A 12h00 où il s'exprimera sur les échéances électorales à venir et vers 16h45, pour les conclusions de la Conférence nationale.

vendredi 4 novembre 2016

Le PCF appelle une fois de plus à la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

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La Côte d’Ivoire est marquée par les stigmates d’un régime autocratique à la dérive. Des centaines de prisonniers politiques croupissent dans les geôles, des chefs de guerre soupçonnés des crimes les plus graves sont promus aux plus hautes fonctions de l’État, des dizaines de milliers de refugiés  ne peuvent revenir en Côte d'Ivoire par crainte de repression.  Une justice des vainqueurs s’est installée dans un climat de répression tous azimut contre les partis politiques d’opposition, les syndicats et des associations, avec une politique de régression sociale et une soumission totale aux intérêts des entreprises transnationales notamment françaises.
Pour tenter d’asseoir sa mainmise sur le pays, le régime d’Alassane Ouattara fait adopter dimanche 30 octobre un projet de constitution inique lors d’une parodie de référendum. Le texte prévoit la mise en place d’un vice-président que l’actuel président pourra choisir à sa guise, la création d’un Sénat dont 30 % des élus seront nommés par lui, et l’empêchement du syndicalisme dans les milieux étudiants, pour ne citer que ces éléments.
C’est précisément cette date que Manuel Valls choisit pour se déplacer à Abidjan et "afficher le soutien de la France aux processus démocratiques" en cours !
Ainsi, le pouvoir français reste non seulement sourd aux plaintes du peuple ivoirien mais adoube ceux qui l’oppriment sans vergogne ! Cette visite en Côte d’Ivoire du Premier Ministre ne peut qu’être vu comme une provocation et interroge sur les contreparties qu’il en attend.

Le Parti communiste français appelle une fois de plus à la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, à un retour à un état de droit et au respect des droits de l’homme. Il apporte sa solidarité au peuple ivoirien et aux forces démocratiques et progressistes qui veulent contrecarrer les ambitions dictatoriales d’Alassane Ouattara et des cliques affairistes qui se partagent autour de lui les miettes que veulent bien leur laisser les multinationales.
La France au lieu de perpétuer une politique de faux-semblants des plus rétrogrades devrait au contraire favoriser les conditions permettant d’assurer à la Côte d’Ivoire un avenir de Paix, de droit et de progrès social, démocratique et économique. C'est la condition sine qua none pour que des milliers d'ivoiriens, réfugiés politiques ou économiques ne prennent plus la route de l'exil.

mercredi 2 novembre 2016

Communiqué de presse 5 ème circonscription de l’Isère



Élections Législatives

5 ème circonscription de l’Isère


Le vendredi 28 octobre 2016, dans le cadre de la préparation de l’élection présidentielle et des prochaines élections législatives de 2017, les communistes des sections du PCF de St. Égrève, de Voiron-Chartreuse et du Grésivaudan ont tenu une assemblée générale à laquelle était conviée toute personne intéressée par cette question.
La salle Méli-Mélo de Crolles accueillait plus de 60 participants qui, suite à l’introduction au débat présentée par Annie DAVID, secrétaire départementale du PCF et Sénatrice de l’Isère, ont engagé des échanges pertinents sur comment aborder ces échéances. L’élection présidentielle a été au cœur du débat. Mais tous s’accordant sur la nécessité de poursuivre la recherche d’une union sur un programme en rupture avec la politique menée par la droite et celle de François Hollande, Manuel Valls et le gouvernement. Tous se sont accordés pour mener des actions pour faire barrage à une droite revancharde et à un Front national, dont un peu mesurer la politique néfaste conduite par ses élus dans les différentes communes qu’ils dirigent.
Les élections législatives ont pris le relais dans les échanges. Pour souligner l’importance de ce scrutin, plusieurs intervenants ont rappelé que ce n’est pas à l’Elysée que se votent les lois mais bien à l’Assemblée nationale, représentant le Peuple souverain. D’où l’importance d’avoir le plus de députés portant les propositions d’une gauche de transformation sociale, écologique et démocratique, en rupture avec les orientations néolibérales ou socio-libérales du gouvernement actuel.
Dans le contexte actuel de multiplication, à gauche, de candidatures à la présidentielle et aux législatives les communistes sont conscients que l’enjeu est aussi l’existence même de cette gauche de transformation sociale qui a tant apporté au pays en terme de progrès économiques, sociaux et culturels aux moments clefs de son histoire (Front populaire,1946, 1968, 1981..)
C’est pourquoi, les militants communistes de la 5ème circonscription ont fait le choix de mettre des candidats à disposition de ces élections, tout en poursuivant, nationalement et localement, la recherche de candidatures de Gauche rassemblée sur ce projet de transformation sociale dont notre pays a tant besoin.

Le gouvernement français doit reconnaître et faire respecter le Non belge au CETA

A les entendre, tous les feux étaient au vert. Mais la Belgique, après le vote du Parlement Wallon, a déclaré ce lundi 24 octobre qu'elle rejetait l'ultimatum lancé par le président du Conseil européen qui lui intimait de changer d'avis et accepter le CETA en l'état.

Le PCF salue la décision du Parlement Wallon, qui, contrairement aux arguments visant à l'isoler, ne serait sûrement pas le seul en Europe à rejeter ce Cheval de Troie ultralibéral, passerelle vers d'autres accords de libre échange comme le TAFTA ou le TISA. En témoignent les mobilisations citoyennes massives de ces derniers mois, les 3 millions de signatures de l'Initiative citoyenne européenne, et les centaines de collectivités déclarées hors-tafta en France.

Le bras de fer n'est pas terminé et les tentatives de passer en force sont réelles, dans la pure tradition autoritaire et opaque des négociations menées par l'Union européenne avec les multinationales.

Aussi, le PCF s'adresse au gouvernement : la France doit reconnaître et faire respecter ce Non lors du sommet UE-Canada. Le CETA doit finir à la poubelle.

Les citoyens pourront compter sur l’action déterminée de nos parlementaires nationaux et européens, qui démontrent chaque jour les menaces du CETA sur la démocratie, la souveraineté, l’emploi, l’alimentation et l’agriculture, les territoires, le climat et l’environnement.