lundi 11 avril 2011

2012 : Le PCF n’a toujours pas choisi


par Michel Soudais
Le conseil national du Parti communiste, réuni depuis hier, Place du Colonel-Fabien, fait durer le suspens sur la désignation du candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle. La résolution adoptée par prés de 75% des membres du parlement du PCF [1] ne formule aucune « préférence » particulière pour Jean-Luc Mélenchon, contrairement àl’« opinion » émise par son secrétaire national, Pierre Laurent, dans le rapport qu’il a présenté hier devant le conseil national. En ouvrant au sein du parti un débat de huit semaines, jusqu’à la convocation d’une conférence nationale les 3,4 et 5 juin, ce texte se contente d’écarter les candidatures d’André Gérin et d’Emmanuel Dang Tran « compte tenu de l’engagement très majoritaire des adhérents dans la stratégie du Front de gauche » que ces deux responsables communistes combattent. Restent donc deux candidatures, celles d’André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, et Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche et déjà soutenu par la Gauche unitaire, entre lesquels les communistes sont invités à « faire leur choix non pas en soutien à une personnalité », dont aucune ne s’impose vraiment sous-entend le texte, « mais au regard de deux critères politiques ».
Voici le texte intégral de cette résolution.
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Ce que gagnent les compagnies pétrolières sur un litre de SP95

La chronique de Pierre Ivorra
Hors taxes publiques, la formation des prix des carburants est de plus en plus opaque et complexe. En février dernier, le cours de référence Opep (l’Organisation des pays producteurs de pétrole) était de 100 dollars le baril de 159 litres, ce qui donnait le litre à 0,629 dollar, soit environ 0,46 euro. Ce prix de référence est déterminé à partir d’un panier de bruts produits par les membres de l’organisation allant du Sahara Blend algérien au Merey vénézuélien. Cependant, au fil des années, le prix du Brent, le pétrole de la mer du Nord, s’est imposé comme la référence mondiale bien que ses volumes échangés soient très en deçà de ceux de l’Arabie saoudite. Aujourd’hui, le Brent serait utilisé pour fixer les deux tiers des pétroles bruts vendus dans le monde. Qu’exprime cette évolution ? D’abord cette réalité : les livraisons de l’Opep ne représentent que 36 % de la production mondiale. Ensuite et surtout, il y a là l’un des effets de la prise de pouvoir de la fi nance sur l’activité physique et du rôle grandissant des marchés à terme, notamment celui de Londres, dans le domaine des matières premières. Comme nous l’avons déjà fait remarquer dans nos colonnes, ces marchés sont très spéculatifs. Pour se protéger des évolutions de cours ou de taux de change, les intervenants achètent et vendent du pétrole virtuel dans des quantités bien plus importantes que le pétrole réel sortant effectivement des puits. Aussi, dans des situations où la demande est supérieure à l’offre, la spéculation fait gonfler les cours comme un soufflé.
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samedi 9 avril 2011

Il faut cesser d'enrichir les actionnaires au détriment de nos concitoyens

Par Odette Terrade, Sénatrice du Groupe Communiste, Républicain et Parti de Gauche.
Les tarifs du gaz ont augmenté de 20% depuis un an, soit 240 euros en moyenne par foyer. Cela porte l’augmentation à 60% depuis l’ouverture de capital de Gaz de France décidée par la droite en 2004. Les tarifs de l’électricité ont augmenté de 6,4% depuis un an.
Le 1er avril, le gouvernement a accepté une hausse de 5,2 des tarifs du gaz et annonce une hausse de 2,9% de ceux de l’électricité au 1er juillet. La loi qui brade la production d’électricité d’origine nucléaire d’EDF, votée par la droite il y a quelque mois va encore durcir la hausse des tarifs de l’électricité. Naïveté ou hypocrisie, le PDG d’EDF a pourtant déclaré à ce propos, qu’il n’était « pas là pour brader le patrimoine national, ni pour accepter le pillage du patrimoine national". Qui va payer la facture ? Selon les projections de la CRE, il faudrait relever les tarifs bleus de 11,4% une fois la réforme votée, puis de 3,5% par an entre 2011 et 2025. Selon le gouvernement l’augmentation est due aux énergies renouvelables et aux tarifs sociaux !
Vous imputez, Monsieur le premier Ministre, la hausse du gaz « aux tendances lourdes d’augmentation des cours de l’énergie, mais ces tendances sont le résultat des politiques libérales qui ont pour seul but la satisfaction de l’actionnariat. Vous accusez la gauche de démagogie et d’électoralisme. En 2002 la formule tarifaire a été modifiée pour suivre l’évolution des produits pétroliers. Ce fut la rupture avec l’application des coûts réels d’approvisionnement qui bénéficiait aux consommateurs.
Depuis 2004, l’Etat a accepté que GDF Suez revendique une marge supplémentaire de commercialisation, dépense créée de toute pièce par la Direction commerciale de l’entreprise pour gonfler ses tarifs. Il fallait rendre GDF privatisable, aujourd’hui il faut engranger les profits pour les actionnaires.
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Enfin, une place Louis Aragon à Paris

"La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût" 

J’aime beaucoup Louis Aragon. Non seulement la figure d’intellectuel engagé, de fondateur des Lettres Françaises, de poète populaire ou de résistant, mais aussi le romancier, celui d’Aurélien, notamment. Les élus communistes ont plusieurs fois demandé que la Ville détermine une rue ou une place qui porte son nom. En 2004, puis en 2009. Car aussi étrange que cela puisse paraître, quand on sait l’importance de Paris dans son œuvre (ainsi Le Paysan de Paris, Les beaux quartiers, et – encore une fois – Aurélien), Louis Aragon n’était pas inscrit dans la toponymie de la capitale. Aujourd’hui, vingt-neuf ans après sa mort, cette absence prend fin. La commission de dénomination a en effet choisi l’extrémité nord-ouest de l’Île Saint-Louis (quand le quai de Bourbon fait un coude) pour future place Louis Aragon. Juste sous les fenêtres d’Aurélien si l’on veut. Un juste retour des choses. 

vendredi 8 avril 2011

« Pacte pour l’euro plus » : le pacte de destruction des droits sociaux

Crise économique et sociale en Europe : Le Conseil européen des 24 et 25 mars a adopté un pacte, au mépris des Parlements nationaux et du Parlement européen, dont les dispositions vont encore plus loin que le traité de Lisbonne en matière d’austérité et de destruction des droits sociaux.

Extrait de l'éditorial de Patrick Le Hyaric dans l'Humanité Dimanche:
"C’est pourtant pour renforcer cette prééminence d’un Euro fort, pour attirer les capitaux, que le dernier Conseil européen a décidé d’un projet dit « pacte pour l’Euro plus ». Ce projet, comme l’était au début le traité de Lisbonne ou la directive Bolkestein, est totalement caché à nos concitoyens. Pourtant, il aura de terribles conséquences pour la vie quotidienne de chacun. Il est basé sur une vaste escroquerie politique et intellectuelle. Pour prétendument faire face aux dettes publiques, le « pacte pour l’Euro plus » va au-delà des traités de Maastricht et de Lisbonne, en organisant un coup d’état supranational au service de la Commission de Bruxelles qui décidera « a priori » de la nature et des orientations des budgets des Etats. Ajoutons que ce texte va jusqu’à vouloir régir la nature des négociations sociales. Ce coup d’état se fait au service exclusif des puissances financières et contre les travailleurs, dont il est prévu d’abaisser les salaires au nom de la « compétitivité », d’allonger le temps de travail, de reculer encore l’âge ouvrant droit à la retraite, alors que l’impôt sur les sociétés serait abaissé et que les impôts les plus injustes dits « impôts de consommation » seraient augmentés. Le modèle du travail serait celui de  « la précarité généralisée », au nom du concept de « flexi-sécurité ».
Il n’y a aucune issue de ce côté. Ce sera un nouveau transfert accéléré de la valeur ajoutée produite par le travail vers le capital. Ce sera l’appauvrissement généralisé pour les familles, la surexploitation des travailleurs de plus en plus précarisés, encore plus insécurisés.
Le combat unitaire, le rassemblement contre ce projet doit prendre une nouvelle ampleur. C’est urgent ! Cette action pour les salaires, l’augmentation des retraites, la sécurité de l’emploi, la défense et la modernisation de nouveaux services publics, l’accès au logement, à l’école pour toutes et tous, participe de l’indispensable mouvement contre ce pacte pour l’argent, au niveau de tout le continent."
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Pour visionner l'interview de P. Le Hyaric au Parlement européen : cliquez ici

« Touchez pas à l’impôt sur la fortune ! »

Sondage exclusif. Très largement opposés à la suppression de l’ISF, les Français sont aussi hostiles, à 64 %, à un « simple » allégement de cet impôt, selon un sondage Ifop-l’Humanité.
Oubliés la claque aux élections cantonales et le message envoyé dans les urnes, le gouvernement entend maintenir sa réforme de la fiscalité du patrimoine et tout particulièrement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Seul bémol à l’entêtement, il pourrait n’y avoir qu’un « simple » aménagement plutôt que la suppression pure et dure de cet impôt payé par seulement 560 000 contribuables, dont le patrimoine total est supérieur à 790 000 euros. Un impôt qui rapporte quelque 3,9 milliards d’euros à l’État. Or, tous les sondages vont dans le même sens : quelle que soit l’hypothèse retenue, les Français sont majoritairement opposés à une réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune. Le sondage réalisé par l’Ifop pour l’Humanité montre que 64 % des Français se déclarent « opposés » à ne seraitce qu’une « baisse de l’ISF ». Même si les ouvriers sont les plus hostiles à cette réforme avec 80 % d’opinions défavorables, la désapprobation est largement majoritaire chez les professions libérales, les cadres, les artisans et commerçants. Parmi les sympathisants UMP, le refus monte jusqu’à 40 %. Interrogée sur une éventuelle suppression totale de l’ISF, l’opinion publique s’avère encore plus hostile : 7 personnes sur 10 se disent contre cette hypothèse, selon un sondage CSA réalisé pour le Cercle des épargnants. Même les plus aisés, dont les revenus sont supérieurs à 4 500 euros net mensuels, plébiscitent le maintien de l’ISF sous sa forme actuelle et la fin du bouclier.
Le schéma retenu présenté le 12 avril 
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jeudi 7 avril 2011

2012: le communiste Pierre Laurent se défend d'afficher sa préférence pour Mélenchon

Avant le conseil national du parti, ce week-end, le député André Gerin l'accuse d'avoir passé un pacte avec le leader du Parti de Gauche. Mardi, c'est André Chassaigne qui réclamait des comptes sur la candidature du Front de gauche.
Avis de gros temps chez les communistes avant le conseil national du parti, ce week-end, qui doit «regarder les potentiels et les risques» des candidats potentiels. Or, certains s’irritent du deal qui pourrait être proposé dans le cadre du Front de gauche: une candidature Mélenchon à la présidentielle contre, notamment, des investitures très favorables aux communistes en vue des législatives.
De quoi hérisser, entre autres, les orthodoxes du PCF qui exigent qu’un communiste pur jus porte leurs couleurs en 2012. Après le coup de gueule d’André Chassaigne qui réclamait de la direction qu’elle dise «clairement» sa préférence pour Mélenchon, c’est un autre candidat à la candidature, André Gerin, qui demande des comptes.
Sur son blog, le député PCF du Rhône assure, ce matin, que Pierre Laurent, en visite mardi à Lyon, a affirmé: «Jean-Luc Mélenchon sera notre candidat aux présidentielles.» Le secrétaire national du PCF aurait insisté, toujours selon Gerin, sur la nécessité d’«un paquet d’ensemble pour que chacun y trouve son compte». Le député, colère, conclut sur la «souveraineté bafouée des communistes», accusant Laurent d’avoir passé «un pacte» avec le leader du Parti de gauche.
L’a dit? L’a pas dit? Le numéro un communiste lui répond vertement, ce matin sur Twitter:
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Au soir de ma visite dans la fédération du PCF du Rhône, André Gérin a publié sur son site un communiqué  de presse selon lequel j’aurais déclaré « Jean-Luc Mélenchon sera notre candidat à l’élection  présidentielle ».
Ce communiqué est une grossière manipulation qui ne grandit pas son auteur ! J’ai participé dans le Rhône à deux réunions de travail. L’une à l’invitation de la fédération a réuni plus de 100 responsables et militants. L’autre, à l’invitation d’André Gérin s’est tenue à Vénissieux avec une dizaine de camarades qui soutiennent le principe d’une candidature du PCF à l’élection présidentielle. L’ensemble de ces discussions a duré plusieurs heures.
André Gérin prétend en tirer des citations qui n’en sont pas et publie un communiqué qui n’est qu’un montage de déclarations réécrites par lui-même.
J’invite les communistes à ne pas tomber dans le panneau ! J’aurai l’occasion, au cours du Conseil national du 8 avril, d’exposer en détail mon opinion sur le débat qu’engagent les communistes pour 2012. Nous avons besoin d’un débat sérieux, transparent et respectueux. Je m’en tiendrai à cette exigence, je fais confiance au débat et aux choix des communistes.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

Toujours du sang !

Dans une guerre civile, la victoire même est toujours une défaite. Les partisans d'Alassane Ouattara se souviendront-ils de cette évidence quand, dans quelques jours, quelques semaines, ils se partageront tous les postes qu'occupent actuellement les derniers fidèles de Laurent Gbagbo ? Poser cette question en ces heures absolument tragiques pour toute la Côte d'Ivoire peut paraître bien dérisoire - sauf à oublier que, au moment d'une victoire par les armes, quelle qu'elle soit, il convient toujours d'anticiper la suite des événements pour que des drames ne s'ajoutent pas aux drames. En effet, les jours qui viennent de s'enchaîner dans tout le pays et singulièrement à Abidjan, où se terre le président sortant, ont de quoi écourer tout humain digne de ce nom connaissant un peu la situation vécue par les Ivoiriens depuis une décennie au moins.   Puisque ces temps-ci les armes ne veulent décidément pas se taire, cette confrontation horrible, avec ses meurtres aveugles et ses massacres de masse d'un côté comme de l'autre, aura des prolongements durables pour tous les Ivoiriens et au-delà. Comment oublier que l'effort multilatéral entrepris depuis 2003 avec l'ensemble des États africains a été réduit à néant depuis le dernier scrutin, alors qu'une solution politique de réconciliation était en marche ? En ce domaine, la lucidité est tout le contraire de la naïveté. Discrédité par ses actes de violences et par sa stratégie suicidaire (pour son peuple) du « seul contre tous les impérialistes », ce n'est pas prendre position pour Laurent Gbagbo que de rappeler comment et pourquoi les pressions de la « communauté internationale » l'ont poussé à un raidissement. Rappelons-nous par exemple que la « certification » de la victoire d'Alassane Ouattara par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire, le Sud-Coréen Choi Young-Jin, fut juridiquement ambiguë, puisque les Nations unies n'avaient pas sollicité une telle responsabilité et que cette « certification » fut prise au lendemain de la proclamation du Conseil constitutionnel donnant Laurent Gbagbo vainqueur. Beaucoup y ont vu la « main des Occidentaux ». Hélas, comment pouvait-il en être autrement ?
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Communiqué du Parti communiste Français
Côte d'Ivoire: le PCF exige l'arrêt immédiat de l'engagement militaire français

En participant directement aux intenses combats militaires ivoiriens opposant Allassane Ouattara et Laurent Gbagbo la France choisit l'escalade, la politique de force et la guerre, en se masquant derrière une demande de l'ONU.
Rarement les Nations-Unies, dont la Charte bannit explicitement le recours à la force, auront été à ce point instrumentalisées pour tenter de justifier, depuis le début de la crise, le refus systématique et consternant d'une issue politique négociée qui restait possible malgré les difficultés. Les Communistes français expriment leur grande inquiétude devant une situation aussi dangereuse pour le peuple ivoirien et pour toutes les personnes expatriées françaises et de toutes nationalités vivant en Côte d'Ivoire.
Le PCF exige l'arrêt immédiat de l'engagement militaire de la France. Les autorités françaises doivent provoquer une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, en présence de l'Union africaine, pour que soient définies les conditions d'un cessez-le-feu et d'un processus conduisant à une solution politique.

mercredi 6 avril 2011

Guéant : Les provocations islamophobes au plus haut niveau de l'Etat nuisent à la République

Claude Guéant s'est de nouveau livré a une provocation contre les musulmans. Pour le ministre de l'Intérieur et celui des Cultes, « l'accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème ». C'est intolérable. Les provocations islamophobes au plus haut niveau de l'Etat portent atteinte à la République. Le pouvoir sarkozyste, aux abois, a clairement décidé de faire de la mise à l'index des musulmans l'axe majeur de sa campagne pour les présidentielles. Nous ne laisserons pas faire ! Le débat organisé par le PCF, hier, lundi 4 avril a montré que défendre la laïcité, était tout autre chose que stigmatiser une religion en particulier comme le fait l'UMP. Contre cette attaque en règle au « vivre ensemble », nous imposerons la voie du dialogue, la seule possible en République.

La stratégie du Medef et du gouvernement pour en finir avec les 35 heures

Par Nadia Djabali
La France serait moins compétitive que l’Allemagne. Medef et gouvernement français mettent en cause des cotisations sociales trop lourdes imputables… aux 35 heures. Mais derrière ces analyses économiques se cache surtout la ferme volonté d’en découdre avec la protection sociale et le droit du travail. Enquête sur une série de contrevérités.

L’année 2011 s’annonce sportive pour les salariés français. Sous prétexte de dénoncer les 35 heures, une grande opération de communication politique veut les convaincre que non seulement ils ne travaillent pas assez, mais qu’en plus leur travail coûte trop cher. L’issue du conflit sur la réforme des retraites a redonné de l’énergie à ceux qui veulent en découdre avec ce qui s’apparente à la protection sociale. Dont le coût est considéré comme un manque à gagner par les actionnaires des entreprises. De Manuel Valls à Laurence Parisot, en passant par Jean-François Copé, la réduction du temps de travail est dénoncée comme étant la source du manque de compétitivité français et de l’irrésistible ascension de la courbe du chômage. À coups de comparaison avec l’Allemagne, le personnel politique s’étrangle devant la situation catastrophique dans laquelle la France s’enliserait inexorablement. Ce raisonnement alarmiste s’appuie sur une sélection d’indicateurs qui abondent dans ce sens. Même si d’autres statistiques émanant de grands organismes économiques viennent les contredire. Eurostat a ainsi publié en décembre 2010 des statistiques erronées sur le temps et le coût du travail en France. L’erreur provenait de l’Insee qui avait surévalué l’impact des RTT. Ces chiffres ont été repris par la présidente du Medef, Laurence Parisot, dans son point presse de janvier. Elle explique que le déficit de compétitivité de la France est dû aux 35 h et à un coût du travail bien plus élevé en France qu’en Allemagne. Résultat ? Une valse aux statistiques sur le coût du travail, début 2011.
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