vendredi 5 septembre 2014

La première internationale des travailleurs, une grande âme

Par Christophe Goby
« Jésus ne pouvait pas, c’est Marx qui est venu » telle est la dernière réplique de la farce de la compagnie L’Autre scène, adaptée de la pièce d’Howard Zinn [1] présentée à l’occasion des 150 ans de la première Internationale à Nancy le week-end du 13 au 15 juin 2014.
C’est une chorale militante de Nancy qui est à l’initiative de cet anniversaire de l’Association internationale des travailleurs (AIT), dont ont fait partie Karl Marx ou Michel Bakounine mais également des acteurs importants de la Commune de Paris, comme Eugène Varlin. Un stage intersyndical entre militants de la CGT, de la FSU et de Solidaires sur l’histoire du mouvement ouvrier avait réuni quatre-vingt participants deux jours auparavant. Stéphane Thomas, militant au NPA entre autres, explique son engagement pour ses journées : « Du 13 au 15 juin j’étais à Nancy parce que c’est là que je vis. C’est aussi là que je milite : j’étais donc au week-end des 15 ans de l’AIT. Je suis d’ailleurs toujours à Nancy et toujours prêt à saisir une opportunité de faire un croche-pied au talon de fer. »
Manu fait partie des Sans Noms, cette chorale qui regroupe bon nombres de militants de Nancy dans un œcuménisme tout à gauche. Il raconte entre deux invités : « Ca entre en résonance avec les débats de l’extrême gauche. L’AIT fut la première force politique dans le camp prolétarien et sans donner prise au stalinisme et aux querelles qui suivirent. » La scission interviendra au Congrès de la Haye entre les antiautoritaires (les anarchistes), et les « marxistes », pour reprendre le terme de Bakounine. Les premiers refusent d’entrer dans le jeu politique tandis que les autres y voient un moyen d’action supplémentaire. A cela s’ajoute une donnée fondamentale que Mathieu Léonard a rappelé dans son livre  [2] : la création des caisses de grève. Trois ans après la naissance de l’AIT, en 1864, des caisses modestes soutiennent les combats. Mais l’AIT restera « une grande âme dans un petit corps », comme le disait Charles Rappoport, un militant communiste anti-stalinien dès les années 1920. Elle aura le mérite de regrouper des proudhoniens et des fouriéristes, des hommes du peuple qui exercent les métiers de mécanicien, imprimeur ou joaillier à Paris, des Suisses de la Chaux-de-Fonds, des blanquistes qui claqueront la porte, une poignée d’Italiens et de Belges. Elle fut surtout tenue par les Trade Unions anglais et par les ouvriers de Paris.

jeudi 4 septembre 2014

"Coup de colère sur les mesures envisagées par le gouvernement" par Annie David

Depuis la composition du nouveau gouvernement formé par Manuel Valls, les annonces se multiplient mais n’apportent en aucun cas l’espoir d’un changement de cap pourtant aujourd’hui réclamé par les divers courants de la gauche, jusqu’au sein même du parti socialiste.
C’est au contraire aux demandes du MEDEF que le gouvernement accorde son soutien, évoquant la généralisation du travail du dimanche ou encore la réforme des seuils sociaux supposés être la cause des déficits de croissance dans les petites et les moyennes entreprises, qui n’aura pour effet que la remise en cause de l’exercice des droits des salarié-e-s.
Ainsi, le nouveau ministre de l’économie n’hésitait pas, quelques jours seulement avant sa nomination, à remettre en cause les 35 heures, comme si l’allongement du temps de travail était la réponse au manque d’emploi ! Mais en réalité, la remise en cause des 35 heures aura pour effets de réduire encore plus le pouvoir d’achat des salarié-e-s et d’augmenter le chômage, sans participer ni à la relance économique et la consommation de notre pays, ni à la réduction des déficits sociaux !
Dans le même temps, le ministre du travail, face à l’échec de sa politique pour faire reculer le chômage, ne trouve rien de mieux que de proposer de sanctionner les demandeurs d’emploi qui ne rechercheraient pas activement un emploi !
Peu sûr de sa majorité, le gouvernement souhaite éviter le débat parlementaire qui démontrerait le caractère antisocial de ses mesures à contre sens des choix que les françaises et les français avaient faits le 6 mai 2012. Il envisage donc d’élargir le recours aux ordonnances et de dessaisir ainsi le parlement de son pouvoir de faire la loi. Mais il est vrai que le gouvernement a largement illustré l’usage qu’il fait de la souveraineté populaire, par exemple en renonçant à l’application de la régulation des niveaux de loyers afin de permettre l’accès à un logement digne pour de nombreuses familles, mesure adoptée par le parlement il y a seulement quelques mois !
J’appelle le gouvernement et le Président de la République à renoncer à recourir à la procédure anti démocratique d’ordonnance qui confirmerait la soumission de l’exécutif au Medef, de la démocratie aux marchés financiers.

Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre

Par Ivan Duroy et Rachel Knabel
Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits ! Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.
6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100 000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10 000.
Le 20 septembre, le ministre de la Guerre, le socialiste Alexandre Millerand, organise une réunion à Bordeaux, où le gouvernement s’est réfugié. Y participent des représentants du Comité des forges, la plus puissante organisation patronale française, des membres de l’influente famille Wendel, propriétaire des aciéries de Lorraine, et Louis Renault, fondateur des usines éponymes. Des « groupements industriels régionaux » sont créés. Ils serviront d’intermédiaires entre l’État et l’armée d’un côté, les gros industriels et leurs sous-traitants de l’autre, pour répondre aux commandes. Les grandes entreprises en prennent la direction, comme la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d’Homécourt, ou les établissements Schneider (Le Creusot), créés en 1836 et l’un des principaux fournisseurs d’armement français. Ces deux entreprises sont les aïeux de ce qui deviendra beaucoup plus tard Arcelor Mittal et Schneider Electric.
Quant à Louis Renault, il dirige la mobilisation des industriels en région parisienne. Une occasion inespérée alors que la marque au losange connaît de sérieuses difficultés avant la guerre. Côté allemand aussi, on s’organise. Début octobre, une commission destinée à développer des gaz de combat est lancée. Carl Duisberg, le patron de l’entreprise chimique Bayer en prend la tête (voir notre prochain article, publié le 2 septembre).
De grandes épopées industrielles commencent grâce au conflit

mercredi 3 septembre 2014

Ouverture officielle de la chasse aux chômeurs

Confronté aux conséquences dramatiques en matière d'emploi de sa politique autéritaire, l'exécutif propose d'en sanctionner les victimes. Le ministre du travail demande à pôle emploi de "renforcer les contrôles" et de prévoir des "sanctions" pour les chômeurs suspectés de "fraude".
"Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi", a déclaré François Rebsamen sur i-Télé, ce jeudi 2 septembre. "Il faut qu'il y ait, à un moment, une sanction", a-t-il ajouté, estimant qu'il faut adopter "un état d'esprit différent", avec "des convocations" et "des vérifications". Si à la suite de ces démarches, il est démontré qu'un chômeur ne recherche pas réellement un travail, alors il doit être "radié", précise le ministre du Travail.
Des propos "scandaleux et indécents" pour le secrétaire national de la CGT Chômeurs, Jean-François Kiefer qui constate que "ce gouvernement de gauche mène une politique de droite», et dénonce la volonté du gouvernement d'avoir de «belles statistiques» grâce à l'augmentation des radiations, comme le souligne également Eric Aubin, membre de la direction de la CGT chargé de l'emploi  : «La seule solution que trouve le gouvernement pour faire baisser la courbe du chômage, c'est de sanctionner les demandeurs d'emploi en considérant qu'ils ne recherchent pas activement des emplois.» Le syndicaliste estime par ailleurs que le chiffre de 350 000 emplois non pourvus évoqué par le ministre pour justifier une décision autoritaire et brutale ne s'appuie que «sur des projections» qui ne prennent pas en compte «la nature» des emplois en question, révélant un «manque de sérieux». Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon a réagit aux déclarations de François Rebsamen : "des propos provocateurs qui prétendent masquer la responsabilité du Medef dans la montée du chômage et détourner l’attention sur l’échec flagrant de la politique économique et sociale du gouvernement."

Déclaration de la CGT : "L’entreprise appartient aussi aux salariés !"

"Mais, comment est-il possible d’en arriver-là  ? C’est la question que nombre de salariés sont en droit de se poser  ! Deux ans après l’arrivée d’une nouvelle majorité aux élections présidentielles et législatives, le patronat applaudit debout le Premier ministre le jour-même de la publication des catastrophiques chiffres du chômage. Le patronat jubile.
Au même moment, dans le pays le désespoir l’emporte sur l’espoir de pouvoir vivre mieux demain, de retrouver les chemins du progrès, du développement et de l’emploi.
Pourtant le pays tout entier a envoyé des signaux très clairs lors des élections municipales et européennes. Les records d’abstentions, la démobilisation des électeurs désabusés, les votes eux-mêmes étaient des messages envoyés pour un changement des conditions de vie et de travail.
Pendant combien de temps encore le pouvoir politique va-t-il repasser les plats au patronat et aux actionnaires déjà gavés  ? Jusqu’où vont-ils aller  ? Pouvons-nous accepter plus longtemps une croissance nulle, le chômage de masse, le recul des droits, le manque d’embauches dans toutes les professions  ?
Comment s’en sortir ? :
-   Prenons nous-mêmes nos affaires en main  !
-  Choisissons de ne pas subir mais de nous unir.
- Ne laissons pas le Medef diriger le pays et gagner toujours plus à chaque changement de gouvernement.
La question de la répartition des richesses dans notre pays et du contrôle des aides publiques par les salariés et leurs représentants est posée avec force. Cet argent, c’est le nôtre !
Il faut vraiment être ringard pour dire que l’entreprise ce sont les patrons et les actionnaires  ! Nous produisons. Nous créons la richesse. L’entreprise, c’est aussi nous  !
Débattons entre syndiqués, militants, salariés pour ne pas baisser la tête et refuser l’inacceptable, pour nous opposer résolument à la mise en route de la machine à remonter le temps  !
Le chacun pour soi n’est pas la solution, c’est l’arme des patrons. La nôtre, c’est notre union, le syndicat pour être plus forts et gagner.
Les entreprises viennent de recevoir le versement de la première tranche du Crédit Impôt Compétitivité Emploi payé par nos impôts. A qui profite cet argent  ?
- Aux actionnaires : en France, au deuxième trimestre 2014, la part des dividendes qui leur a été versée a augmenté de 30  %. Vendanges exceptionnelle pour eux, mais c’est autant qui ne va ni à l’investissement, ni à l’emploi, ni aux salaires. - Au secteur bancaire : il touchera, à terme, en année pleine, près d’1 milliard d’euros de l’enveloppe et fera preuve de la même générosité pour ses actionnaires au lieu de financer les entreprises sur le long terme.
41 milliards d’euros supplémentaires d’aides aux entreprises, en particulier avec le Pacte dit de responsabilité : joli cadeau au patronat ! Il s’ajoute aux 180 milliards déjà offerts. Pour quel résultat : + 5 % de chômeurs… Comment est-ce justifiable ?"

mardi 2 septembre 2014

PCF. Les communistes entre colère et volonté de construire

En marge de nombreux ateliers de l'université d'été, les militants livrent leur état d'esprit sur la rentrée politique.
Près de 90 ateliers, du sport, du théâtre, des débats… Les militants communistes ont un programme plus que chargé pour leur université d'été 2014. Perchés à 1600 mètres d'altitude, ils n'en demeurent pas moins remués par l'actualité politique comme ils le confient dans les couloirs de la station de montagne qui les accueillent.
Posté à côté d'un télescope d'observation solaire utilisé dans un atelier de découverte scientifique, Amar, communiste parisien et professeur de génie civil de 39 ans ne cache pas son agacement. « François Hollande est dans une fuite en avant, il fait un léger changement de cap à droite alors que c'est un réel changement de cap à gauche que nous revendiquons et dont le pays a besoin », considère-t-il.
Concernant le Front de gauche, Amar juge « qu'il n'est pas bon de s'enfermer dans des logiques de leaders ». Pour lui, il faut élargir le rassemblement en discutant avec les écologistes et les socialistes critiques. « Le modèle c'est le Front populaire, composé d'un grand nombre d'organisations mais surtout porté par un mouvement social d'ampleur », estime-t-il, appelant à rompre avec l'austérité en mettant en place de grands plans d'investissements dans la rénovation des logements ou la transition énergétique pour engager une relance sociale.
Cap sur la Fête de l'Humanité
Avant de se rendre à un atelier sur la réforme territoriale, Nicolas, employé de la sécurité sociale à Marseille et 39 ans lui aussi, voit dans le nouveau gouvernement « un coup de force » de François Hollande et Manuel Valls. « Cette fois ils ne cherchent même plus à faire semblant », avance-t-il. À l'aise au PCF auquel il a adhéré il y a un an et demi, il dit « comprendre pour une part les critiques sur la visite de Pierre Laurent à la Rochelle » mais considère qu'il « fait son boulot en envoyant un signal aux électeurs et aux militants socialistes, car l'objectif c'est de rassembler pour stopper Hollande et Valls ». Dès la rentrée, il pense « nécessaire de travailler à la mobilisation de tous ceux qui cherchent un autre chemin ».
Sur la terrasse du café, Marie-Claude viticultrice dans le Jura et Nelly, sa responsable départementale se retrouvent à l'heure de l'apéro. Marie-Claude laisse exploser son ras-le-bol des socialistes. « Ils en ont tellement fait. Les frondeurs sont bien là où ils sont ? Alors qu'ils frondent ! », s'emporte-t-elle. Plutôt critique sur la prise de distance de Jean-Luc Mélenchon, elle estime néanmoins important de continuer à rassembler mais en parlant plus aux citoyens et moins aux organisations. Nelly quant à elle refuse d'attendre 2017. « Le pays encoure un grave danger. C'est maintenant qu'il faut rassembler tous ceux qui à gauche souhaite un autre projet. Il y a urgence à entrer dans une phase de construction d'un projet capable d'élargir le rassemblement commencé au sein du Front de gauche à d'autres : écologistes, socialistes, citoyens… La Fête de l'Humanité peut en être le point de départ. Dès demain nous travaillerons à sa réussite », conclut-elle.
Léo Purguette (La Marseillaise, le 31 août 2014)

Communiqué de presse






LA POSTE SOURDE AUX REVENDICATIONS DE
SES AGENTS 
Les agents travaillant aux guichets de la Poste de Pontcharra et de tous les guichets annexes (Le Touvet,Tencin, Le Cheylas, Goncelin, Saint Hilaire du Touvet, La Terrasse, Allevard , Chapareillan) ont décidé de se mettre en grève à compter du Mardi 2 septembre, soutenus par le syndicat SUD PTT Isère Savoie.

En effet, depuis des mois, des moyens de remplacement ont été supprimés sur l’ensemble de ces bureaux par la direction de la Poste de l’Isère, provoquant des fermetures de plus en plus fréquentes des petits bureaux annexes. La Poste fait le choix délibéré de fermer ces bureaux plutôt que de remplacer les agents absents.

Cet été, la direction de la Poste a décidé sans réelle concertation avec les élus, la population et les agents, de fermer les bureaux de Poste de Tencin, Le Cheylas et Chapareillan pendant les deux mois d’été. Elle ne remplace ainsi plus les agents pendant les périodes de congés. Elle ne respecte ainsi plus ses missions de service public, et prive une partie de la population de ce secteur du Grésivaudan de leur bureau de poste de proximité.

Ces fermetures intempestives de bureaux génèrent un mécontentement légitime de la part de la population concernée. Ce mécontentement est de plus en plus mal vécu par les agents guichetiers qui se retrouvent à devoir assumer une politique que la direction de la Poste leur impose.

La direction de la Poste a décidé une nouvelle fois au dernier moment de fermer les bureaux de Poste de Tencin et du Cheylas pour les journées du mardi 02 Septembre et mercredi 03 Septembre, par manque d’effectifs.
Le personnel du terrain de Pontcharra a décidé de se mettre en grève ce mardi 02 septembre.

En effet, suite a l’audience de ce jour, ou le personnel a exprimé ses revendications:
des moyens de remplacement suffisant pour faire fonctionner l’ensemble des bureaux du terrain
La non fermeture des bureaux annexes
Le maintien d’un service public de qualité
La direction de la poste est restée sourde et le personnel a donc décidé de maintenir son préavis

Un rassemblement est prévu à 14h
devant la poste de Tencin

lundi 1 septembre 2014

Pierre Laurent à La Rochelle:"Le contrat de 2012 vient d'être déchiré"


Discours de Pierre Laurent à l'Université d'été... par CN-PCF
Pierre Laurent avait prévenu dans l'Humanité et dans le Monde, il irait à La Rochelle pour "pour tenir aux socialistes, abasourdis par le spectacle de ce début de semaine, un langage de vérité" . Il a tenu parole. Lors de la séance plénière de l'Université d'été du parti socialiste à laquelle étaient conviés l'ensemble des dirigeants de la gauche, du radical Jean-Michel Baylet, en passant par l'écologiste Emmanuelle Cosse, l'ex-communiste Robert Hue, le chevénementiste Jean-Luc Laurent et l'écolocentriste Jean-Luc Bennahmias, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF n'a pas mâché ses mots : "Depuis quand la seule feuille de route de la gauche est celle du Medef et des promoteurs immobiliers ? (…) Est-ce à Pierre Gattaz de nous aider à penser le monde de demain ?" a-t-il- interpeller. Le Secrétaire national du PCF a parlé clair à l'assistance socialiste : "La politique du nouveau gouvernement conduit par Manuel Valls est une voie sans issue". Et d'insister : "Le contrat de 2012 a été rogné jour après jour. Aujourd'hui, il n'est pas rogner bout par bout, il vient d'être déchiré cette semaine devant les Français".
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Etats d’âme d’un Frontiste-frondeur de gauche

Par Jean Ortiz 
Le révolutionnaire a-t-il droit au désespoir ? Au découragement passager : oui. Mais il doit vite se ressaisir...
Le Front de gauche n’a pas décollé, mais tout le monde continue à « faire comme si », sans trop d’illusion, mais en feignant d’en avoir.
Nous sommes des centaines de milliers à y avoir cru, à y croire encore. Beaucoup, démoralisés, restent sur le bas côté du chemin. Quel gâchis ! 
Quelle autre alternative pourtant que de rassembler le peuple pour en finir à terme avec le capitalisme prédateur ?
Comment soulever la chape de plomb du bipartisme, empêcher qu’elle ne devienne définitive ? Le bipartisme est plus qu’un mécanisme institutionnel. C’est l’un des outils qui permet aux classes dominantes d’exercer leur domination.
Voilà pourquoi ils se sont tous déchaînés, les uns de droite, les autres de gauche-alibi transgénique, contre le Front de gauche. Il ne faut surtout pas qu’émerge en France une force qui mette en cause les fondements d’un système verrouillé par eux. Existe-t-il un « plan B » alternatif au Front de gauche ? Je ne le crois pas. Alors, nous sommes donc en quelque sorte, ensemble, condamnés (positivement) à faire vivre, enraciner, élargir, réorienter s’il le faut, un Front de gauche qui soit une multiplication populaire et non un cartel d’appareils.
Cela suppose de construire, de la base au sommet, partout, des espaces de convergence autonomes, sans arrière-pensées politiciennes, électoralistes, sans calculs boutiquiers d’hégémonie, d’instrumentalisation, sans méfiance réciproque, sans « je t’aime moi non plus », sans se « marquer à la culotte », sans préventions mutuelles, sans se laisser pourrir la vie par « le rapport au parti socialiste ». L’inversion du rapport des forces politique est à ce prix.

S’agit-il pour chacun de renoncer à être lui-même ? Ce serait fort dommageable. Est-ce trop demander, face à l’extrême profondeur et au danger de la crise que nous vivons, que d’accélérer cette construction unitaire sur des contenus « de rupture » ?