Tête et verbe hauts, les salariés Doux de Graincourt sont dignes,
fiers. Ils sont aussi brisés. Physiquement depuis des années, moralement
depuis trois mois. Leur usine du Pas-de-Calais ferme définitivement
lundi 10 septembre. Les 254 ouvriers du site attendent désormais leur
lettre de licenciement. Le dernier repreneur potentiel, un groupe
ukrainien, a jeté l'éponge en début de semaine, notamment en raison de
la vétusté de l'abattoir qui traitait 25.000 poulets par jour. Cette
vétusté n'a rien arrangé aux conditions de travail qui, année après
année, ont peu à peu cassé des personnes.
Finies les pressions des petits chefs, finie la peur d'être viré, les
Graincourt n'ont plus rien à perdre et aujourd'hui ils parlent. Les
tendinites à la main après des années de couteau, les dos cassés après
les tonnes manœuvrées. "J'ai mal à la main. J'ai du mal à la bouger. On
nous a bousillés", raconte Hélène Guéant, ouvrière et déléguée du
personnel à Graincourt. A 48 ans, sans formation et avec cette main
malade, la mère de famille se demande où elle va bien pouvoir trouver un
nouveau boulot.
Ne pas se plaindre pour finir de payer la maison
Dans l'abattoir de Graincourt, en été, la température peut monter
jusqu'à 50°. Cette année, le directeur de l'usine n'a même pas eu les
moyens d'acheter des bouteilles d'eau. Et pas question de baisser la
cadence : ceux qui osaient quitter leur poste pour aller boire au
robinet se sont faits remonter les bretelles.
Côté découpe, il fait 4°c toute l'année. Les machines se déglinguent
mais les réparateurs refusent de se déplacer : Doux leur devait déjà
trop d'argent. Là aussi, au couteau ou à la barquette, le même geste
répétitif à longueur de journée, de semaine, d'année. Aux poignets, aux
coudes, aux épaules, les nerfs esquintés. Tous les jours, Hélène s'est
levée à 3h30 le matin pour rejoindre son poste. Elle ne s'est jamais
plainte de ses difficultés, de ses douleurs : il lui reste quatre ans
pour finir de payer la maison.
20 tonnes portées par jour pour 1.186 euros par mois
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mardi 11 septembre 2012
« La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social »
Par Agnès Rousseaux
Emprunt, crédit, créanciers, débiteurs, déficits, remboursement, taux d’endettement, « pacte budgétaire » La dette est partout, elle a envahi nos vies. Or la dette n’est pas seulement économique, elle est avant tout une construction politique. Elle n’est pas une conséquence malheureuse de la crise : elle est au cœur du projet néolibéral et permet de renforcer le contrôle des individus et des sociétés. « Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie », nous explique le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato (La Fabrique de l’homme endetté). Entretien.
Basta ! : Vous dites que l’Homo debitor est la nouvelle figure de l’Homo economicus. Quelles sont les caractéristiques de ce « nouvel homme » ?
Maurizio Lazzarato : De nombreux services sociaux, comme la formation ou la santé, ont été transformés en assurance individuelle ou en crédit. Le mode de développement néolibéral est fondé sur le crédit et l’endettement. Cette situation s’est aggravée avec la crise des subprimes de 2007. Un exemple ? La formation aux États-Unis : la Réserve fédérale (Banque centrale) a récemment évalué que le montant total de prêts aux étudiants était de 1 000 milliards de dollars [1] ! C’est un chiffre astronomique. Pour avoir accès aux services, à la formation, vous devez tout payer par vous-même. Vous devenez débiteur. Entrepreneur de votre vie, de votre « capital humain ».
Le droit à la formation ou au logement s’est transformé en droit au crédit…
C’est une logique qui ne fonctionne que si l’économie est en expansion. Or la dette privée a été transférée aux États, lorsque ceux-ci ont sauvé les banques notamment, ce qui fait augmenter la dette souveraine. Et nous sommes devenus tous endettés. Cela ne peut pas continuer à l’infini ! Chaque bébé français naît aujourd’hui avec 22 000 euros de dette… À l’époque de l’expansion du capitalisme néolibéral, le crédit permettait de réaliser des projets économiques, des projets de vie, c’était une ouverture du temps et des projets. La logique s’est inversée. Aujourd’hui, notre seule perspective pour quelques années, c’est de rembourser ! La dette est produite et fabriquée par les banques privées, et c’est la population dans son ensemble qui doit rembourser. En Espagne, en Italie, en Grèce, les politiques d’austérité vont approfondir cette privatisation des services et la logique libérale d’endettement.
En quoi cela fonde-t-il un nouveau rapport social, et un nouveau rapport au temps ?
Lire la suite
Emprunt, crédit, créanciers, débiteurs, déficits, remboursement, taux d’endettement, « pacte budgétaire » La dette est partout, elle a envahi nos vies. Or la dette n’est pas seulement économique, elle est avant tout une construction politique. Elle n’est pas une conséquence malheureuse de la crise : elle est au cœur du projet néolibéral et permet de renforcer le contrôle des individus et des sociétés. « Le remboursement de la dette, c’est une appropriation du temps. Et le temps, c’est la vie », nous explique le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato (La Fabrique de l’homme endetté). Entretien.
Basta ! : Vous dites que l’Homo debitor est la nouvelle figure de l’Homo economicus. Quelles sont les caractéristiques de ce « nouvel homme » ?
Maurizio Lazzarato : De nombreux services sociaux, comme la formation ou la santé, ont été transformés en assurance individuelle ou en crédit. Le mode de développement néolibéral est fondé sur le crédit et l’endettement. Cette situation s’est aggravée avec la crise des subprimes de 2007. Un exemple ? La formation aux États-Unis : la Réserve fédérale (Banque centrale) a récemment évalué que le montant total de prêts aux étudiants était de 1 000 milliards de dollars [1] ! C’est un chiffre astronomique. Pour avoir accès aux services, à la formation, vous devez tout payer par vous-même. Vous devenez débiteur. Entrepreneur de votre vie, de votre « capital humain ».
Le droit à la formation ou au logement s’est transformé en droit au crédit…
C’est une logique qui ne fonctionne que si l’économie est en expansion. Or la dette privée a été transférée aux États, lorsque ceux-ci ont sauvé les banques notamment, ce qui fait augmenter la dette souveraine. Et nous sommes devenus tous endettés. Cela ne peut pas continuer à l’infini ! Chaque bébé français naît aujourd’hui avec 22 000 euros de dette… À l’époque de l’expansion du capitalisme néolibéral, le crédit permettait de réaliser des projets économiques, des projets de vie, c’était une ouverture du temps et des projets. La logique s’est inversée. Aujourd’hui, notre seule perspective pour quelques années, c’est de rembourser ! La dette est produite et fabriquée par les banques privées, et c’est la population dans son ensemble qui doit rembourser. En Espagne, en Italie, en Grèce, les politiques d’austérité vont approfondir cette privatisation des services et la logique libérale d’endettement.
En quoi cela fonde-t-il un nouveau rapport social, et un nouveau rapport au temps ?
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lundi 10 septembre 2012
L'agenda social oublié par le président
Tout en prenant acte de l'impatience des Français qui après 10 ans
de droite au pouvoir attendent une action gouvernementale à la hauteur
des urgences et attentes sociales, le président de la République a fait
un discours de la méthode qui au risque de se répéter sera très vite
inopérant.
L'agenda qui fixe à deux ans "le rythme du redressement du pays" avant d'envisager "la construction d'une société de solidarités" semble remettre à plus tard le changement annoncé et surtout oublie complètement le changement social qui est bien à l'ordre du jour.
Ainsi, alors que c'est aujourd'hui qu'il faut un moratoire sur les plans de licenciements boursiers, et que les salariés menacés doivent sentir que le pouvoir est dans leur camp, ceux de PSA apprennent qu'ils seront "accompagnés" par l'État dans les plans de reconversion.
Au surplus, son silence absolu sur le Traité européen soumis à ratification alors qu'il n'a pas été renégocié d'une virgule est très préoccupant. Les Français ont droit à ce débat, ils ont le droit de décider.
L'austérité des comptes publics n'est pas la solution, elle est le problème. Et ce sont bien des ressources nouvelles qu'il faut dégager, à commencer par récupérer celles accaparées par les marchés.
Le PCF et le Front de gauche sont disponibles pour un tournant politique, celui de la justice sociale et de la relance économique et écologique.
L'agenda qui fixe à deux ans "le rythme du redressement du pays" avant d'envisager "la construction d'une société de solidarités" semble remettre à plus tard le changement annoncé et surtout oublie complètement le changement social qui est bien à l'ordre du jour.
Ainsi, alors que c'est aujourd'hui qu'il faut un moratoire sur les plans de licenciements boursiers, et que les salariés menacés doivent sentir que le pouvoir est dans leur camp, ceux de PSA apprennent qu'ils seront "accompagnés" par l'État dans les plans de reconversion.
Au surplus, son silence absolu sur le Traité européen soumis à ratification alors qu'il n'a pas été renégocié d'une virgule est très préoccupant. Les Français ont droit à ce débat, ils ont le droit de décider.
L'austérité des comptes publics n'est pas la solution, elle est le problème. Et ce sont bien des ressources nouvelles qu'il faut dégager, à commencer par récupérer celles accaparées par les marchés.
Le PCF et le Front de gauche sont disponibles pour un tournant politique, celui de la justice sociale et de la relance économique et écologique.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
La CGT se dit "opposée à la ratification du traité européen" et prévient de ses conséquences sociales
La direction de la CGT affirme vendredi son opposition à la
ratification du traité budgétaire européen qui "sanctuarise l'austérité"
et aura des "conséquences sociales", et demande une renégociation des
traités européens.
"Alors que s'engage enfin un débat en France sur le nouveau traité européen", la CGT "affirme son opposition résolue à toute ratification, sous quelque forme que ce soit, de ce traité", affirme dans une déclaration sa Commission exécutive qui "demande une renégociation des traités européens qui devra notamment consacrer l'adoption d'une clause de progrès social" et se dit "opposée à la ratification par la France de ce traité européen quelle que soit la procédure utilisée".
Pour la CGT, "le pacte pour la croissance", décidé en juin, "permet de donner un peu d'oxygène, pour un temps, aux pays les plus en difficulté", mais "il ne réoriente pas le traité lui-même". "Ce traité sanctuariserait les politiques d'austérité comme seul moyen d'atteindre l'objectif d'assainissement des finances publiques". "Aucune régulation financière n'est envisagée".
Par ailleurs, pour la CGT, "ce traité aurait des conséquences directes dans le domaine social". "Tout accroissement des dépenses pour répondre aux besoins sociaux serait difficile sinon interdit". "Avec ce traité, le nouveau gouvernement français n'aurait pas pu faire adopter la mesure sur le départ à la retraite à 60 ans des salariés ayant effectué des carrières longues". "Vu la situation financière de la France, les instances européennes auraient jugé contraire au traité cette mesure compte tenu du niveau du déficit public", argue-t-elle. "En cas d'adoption de ce traité, les instances européennes pourraient mettre en cause les résultats de la négociation sociale. C'est la douloureuse expérience déjà vécue par les salariés grecs, espagnols, italiens". "La bataille revendicative et la négociation sociale seraient encore plus difficiles", estime la CGT.
Elle appelle les salariés à "exprimer leur rejet, notamment au travers de la pétition" que la CGT leur proposera. "Cette pétition sera adressée aux parlementaires et au gouvernement afin d'obtenir une non-ratification du traité". Elle rappelle que son "opposition" à ce texte est "dans la droite ligne" de l'analyse de la Confédération européenne des syndicats (CES)".
"Alors que s'engage enfin un débat en France sur le nouveau traité européen", la CGT "affirme son opposition résolue à toute ratification, sous quelque forme que ce soit, de ce traité", affirme dans une déclaration sa Commission exécutive qui "demande une renégociation des traités européens qui devra notamment consacrer l'adoption d'une clause de progrès social" et se dit "opposée à la ratification par la France de ce traité européen quelle que soit la procédure utilisée".
Pour la CGT, "le pacte pour la croissance", décidé en juin, "permet de donner un peu d'oxygène, pour un temps, aux pays les plus en difficulté", mais "il ne réoriente pas le traité lui-même". "Ce traité sanctuariserait les politiques d'austérité comme seul moyen d'atteindre l'objectif d'assainissement des finances publiques". "Aucune régulation financière n'est envisagée".
Par ailleurs, pour la CGT, "ce traité aurait des conséquences directes dans le domaine social". "Tout accroissement des dépenses pour répondre aux besoins sociaux serait difficile sinon interdit". "Avec ce traité, le nouveau gouvernement français n'aurait pas pu faire adopter la mesure sur le départ à la retraite à 60 ans des salariés ayant effectué des carrières longues". "Vu la situation financière de la France, les instances européennes auraient jugé contraire au traité cette mesure compte tenu du niveau du déficit public", argue-t-elle. "En cas d'adoption de ce traité, les instances européennes pourraient mettre en cause les résultats de la négociation sociale. C'est la douloureuse expérience déjà vécue par les salariés grecs, espagnols, italiens". "La bataille revendicative et la négociation sociale seraient encore plus difficiles", estime la CGT.
Elle appelle les salariés à "exprimer leur rejet, notamment au travers de la pétition" que la CGT leur proposera. "Cette pétition sera adressée aux parlementaires et au gouvernement afin d'obtenir une non-ratification du traité". Elle rappelle que son "opposition" à ce texte est "dans la droite ligne" de l'analyse de la Confédération européenne des syndicats (CES)".
dimanche 9 septembre 2012
La bataille contre la pacte budgétaire européen est lancée…
Un collectif contre le pacte budgétaire européen s’est
constitué dans le Grésivaudan. Il regroupe des organisations politiques : Front
de Gauche (PAG38, PCF, PCOF, PG), POI, NPA ; des associations : ATTAC,
ADECR, des syndicats : UL CGT ainsi que des citoyen(ne)s.
Son objectif est
d'organiser localement la bataille afin d'empêcher la ratification du traité TSCG (devenu "pacte
budgétaire"). Le gouvernement entend utiliser la voie parlementaire fin
septembre ou début octobre. Le temps presse.
Une série de
réunions d’information est d’ores et déjà programmée dans le Grésivaudan. Par
exemple dès la semaine prochaine, le 11/9 à 20h30 salle chartreuse à CROLLES.
Ce matin une
dizaine de militants distribuaient un tract d’information sur le marché de
CROLLES (voir le tract ci-contre). Dans ce document le comité invitait la population à signer une
pétition demandant aux parlementaires de ne pas ratifier le traité et au
président de la République de convoquer un referendum sur cette question.
Figurait aussi un appel à une manifestation nationale le 30 septembre à PARIS
samedi 8 septembre 2012
Le Front de gauche parle licenciement boursier à Jean-Marc Ayrault
Les parlementaires Front de Gauche ont, comme en juillet,
réaffirmé ce vendredi au Premier ministre leur souhait de légiférer pour
interdire les licenciements boursiers. Un soutien bienvenue à une
mesure dont le gouvernement ne semble pas vouloir consacrer une loi.
Jean-Marc Ayrault a reçu André Chassaigne, président du groupe des députés, et Nicole Borvo présidente du groupe des sénateurs communistes. Les deux présidents de groupe "ont fait valoir la nécessité de légiférer, dès cet automne, pour interdire les licenciements boursiers et pour mettre en oeuvre une réforme en profondeur de la fiscalité". Les parlemenatires du Front de gauche ont redéposé en juin un nouveau projet de loi contre les licenciements boursiers.
Réforme du licenciement collectif
Les élus du Fornt de gauche interviennent alors que l'entourage du ministre du Travail, Michel Sapin, laisse entendre que la lutte contre les licenciements boursiers (licenciements pas liés à des difficultés économiques réelles dans une entreprise mais à une volonté de l'entreprise d'accroître ses bénéfices) n'aura pas de loi en propre, mais sera noyée dans la réforme à venir du licenciement collectif. Nous voulons aller "vers une disposition universelle qui couvrira toutes les situations de licenciement" sans pour autant revenir à l'autorisation préalable de licenciement supprimée en 1986, indique-t-on de même source.
De source syndicale, on indique que la possibilité d'une homologation a priori du bien-fondé des licenciements par l'inspection du Travail a été évoquée lors de discussions préalables à la négociation.
Thème de campagne de François Hollande
Durant sa campagne et face à des plans sociaux qui choquaient l'opinion, le président François Hollande avait annoncé qu'il s'attaquerait aux licenciements dits boursiers. En juin, le ministre du Travail Michel Sapin assurait que le gouvernement allait "agir et agir vite sur les licenciements boursiers", qui ont pour "seul motif d'augmenter encore un peu plus les dividendes versés à l'actionnaire". La possibilité d'une législation nouvelle ou d'un renchérissement du coût de ces licenciements avait été évoquée.
Jean-Marc Ayrault a reçu André Chassaigne, président du groupe des députés, et Nicole Borvo présidente du groupe des sénateurs communistes. Les deux présidents de groupe "ont fait valoir la nécessité de légiférer, dès cet automne, pour interdire les licenciements boursiers et pour mettre en oeuvre une réforme en profondeur de la fiscalité". Les parlemenatires du Front de gauche ont redéposé en juin un nouveau projet de loi contre les licenciements boursiers.
Réforme du licenciement collectif
Les élus du Fornt de gauche interviennent alors que l'entourage du ministre du Travail, Michel Sapin, laisse entendre que la lutte contre les licenciements boursiers (licenciements pas liés à des difficultés économiques réelles dans une entreprise mais à une volonté de l'entreprise d'accroître ses bénéfices) n'aura pas de loi en propre, mais sera noyée dans la réforme à venir du licenciement collectif. Nous voulons aller "vers une disposition universelle qui couvrira toutes les situations de licenciement" sans pour autant revenir à l'autorisation préalable de licenciement supprimée en 1986, indique-t-on de même source.
De source syndicale, on indique que la possibilité d'une homologation a priori du bien-fondé des licenciements par l'inspection du Travail a été évoquée lors de discussions préalables à la négociation.
Thème de campagne de François Hollande
Durant sa campagne et face à des plans sociaux qui choquaient l'opinion, le président François Hollande avait annoncé qu'il s'attaquerait aux licenciements dits boursiers. En juin, le ministre du Travail Michel Sapin assurait que le gouvernement allait "agir et agir vite sur les licenciements boursiers", qui ont pour "seul motif d'augmenter encore un peu plus les dividendes versés à l'actionnaire". La possibilité d'une législation nouvelle ou d'un renchérissement du coût de ces licenciements avait été évoquée.
La bataille contre le Pacte budgétaire européen continue.
"Sur l'Europe, les parlementaires Front de gauche ont redit à Jean-Marc
Ayrault leur opposition à la ratification du traité "Sarkozy-Merkel"
qui n'a pas été renégocié et qui vouerait les peuples de France et
d'Europe, à l'austérité à vie".
Lienemann insiste pour reporter la ratification du traité européen
Marie-Noëlle Lienemann dénonce le... par FranceInfo
La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a invité le président François Hollande à reporter la ratification du traité européen de stabilité budgétaire, qu'elle-même confirme ne pas vouloir voter. Elle déplore dans le même temps l'absence de débat au sein du PS.
Sur France Info, la sénatrice de Paris a lancé: "mais quelle urgence avons-nous à ratifier ce traité ?" Elle appelle François Hollande : '"au lieu d'aller dans le mur avec sa majorité", il faut "reporter cette ratification". "Tous les jours qui passent montrent que les préconisations qui étaient celles de Mme Merkel, celles de la droite allemande, vont nous amener dans l'impasse". Et selon elle, les socialistes sont "nombreux à ne pas vouloir l'approuver", une bonne trentaine.
Contre le traité, Marie-Noëlle Lienemann refuse cependant de se joindre à la manifestation organisée le 30 septembre. "Je ne crois pas qu'il faille tendre les deux pôles de la gauche, une qui gère et une qui proteste". "A tirer trop cela, on s'affaiblit", selon elle. Elle rappelle qu’elle est dans la majorité, souhaite "être efficace dans son parti".
"La cohésion d'une majorité, ça se construit, ça ne s'impose pas à la discipline"
Marie-Noëlle Lienemann a en outre déploré un "raidissement" qu'elle ne trouve pas "normal" à la tête du PS. Ce qui se retrouve au sujet du refus de débattre autour du traité européen, aussi bien qu’à à propos de la désignation du prochain Premier secrétaire du parti. "Quand vous avez le Premier ministre et la Première secrétaire qui font une contribution, qui appellent les gens largement à la rejoindre, c'est normal", a dit la sénatrice de Paris. "Mais quand ils vous disent: c'est exclusif, vous avez le droit de signer ça, mais rien d'autre, alors qu'on est au début d'un processus de débats sur le fond, ça commence déjà à faire très verrouillage". "Nous avons besoin de faire vivre une démocratie active, de vrais débats, ne pas faire des psychodrames de tout désaccord".
vendredi 7 septembre 2012
Tous à la manifestation le 30 septembre à Paris contre la ratification du pacte budgétaire (Convergence Services Publics / Résistance Sociale)
TOUS À LA MANIFESTATION LE 30 SEPTEMBRE À PARIS CONTRE LA RATIFICATION DU PACTE BUDGÉTAIRE
(TSCG, Traité pour la stabilité, la Coordination, la Gouvernance de la zone euro)
Pour défendre nos services publics et nos acquis sociaux
APPEL POUR UN RÉFÉRENDUM
Depuis le début de l'année 2012, Résistance Sociale et la Convergence de Défense et Développement des Services Publics mènent une campagne et font signer une pétition contre la ratification du Pacte budgétaire. Plusieurs milliers de militants associatifs, syndicaux, politiques l'ont signée.
Aujourd'hui, le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, déclare : « un grand pays, quand il donne sa parole, doit la respecter ». En conséquence il appelle à la ratification par voie parlementaire et à l’application du Pacte budgétaire, de sa « règle d’or ». Il n’a pas été « recadré ».
C’est faux et antidémocratique
Non, la France n’a pas donné sa parole. Ni le Parlement, ni le peuple par référendum n’ont ratifié ce Traité. Nicolas Sarkozy avait déclaré que sa réélection vaudrait approbation du Traité. Sa défaite est un refus, pas un plébiscite pour le traité et sa politique d’austérité !
Si une nouvelle majorité ne peut pas changer les choix de la précédente, alors il ne fallait pas se faire élire pour le « changement ».
François Hollande, lui, a donné sa parole (proposition n° 11) : « … Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction. »
Le traité « Merkozy » n’a pas été renégocié, ni modifié d’une virgule.
Le respect de la République, de la souveraineté populaire, passe par un débat national et un référendum.
La défaite de N. Sarkozy, le fait que F. Hollande jugeait nécessaire de renégocier le traité devraient suffire à ne pas le ratifier ou à le soumettre au référendum. Ce traité retirerait le pouvoir budgétaire au Parlement qui deviendrait une coquille vide. C’est une remise en cause majeure de la souveraineté populaire ; Seul le peuple peut la décider.
Pacte budgétaire et « pacte de croissance » n’ont rien à voir
La confusion entre les deux est volontairement organisée : le Traité est permanent. Les mesures budgétaires ponctuelles de 120 Md€ - qui ne sont
pas un pacte- n’ont aucun rapport ; les 120 Md€, montant ridicule à l’échelle européenne, ont été décidés bien avant l’élection de François Hollande ;
la participation de la France au financement est certaine, mais l’emploi ne sera pas forcément en France. D’ailleurs comment parler de croissance quand faute de budget on parle de revenir sur les investissements décidés (Canal Seine-Nord, SNCF…) ?
Lire la suite
(TSCG, Traité pour la stabilité, la Coordination, la Gouvernance de la zone euro)
Pour défendre nos services publics et nos acquis sociaux
APPEL POUR UN RÉFÉRENDUM
Depuis le début de l'année 2012, Résistance Sociale et la Convergence de Défense et Développement des Services Publics mènent une campagne et font signer une pétition contre la ratification du Pacte budgétaire. Plusieurs milliers de militants associatifs, syndicaux, politiques l'ont signée.
Aujourd'hui, le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, déclare : « un grand pays, quand il donne sa parole, doit la respecter ». En conséquence il appelle à la ratification par voie parlementaire et à l’application du Pacte budgétaire, de sa « règle d’or ». Il n’a pas été « recadré ».
C’est faux et antidémocratique
Non, la France n’a pas donné sa parole. Ni le Parlement, ni le peuple par référendum n’ont ratifié ce Traité. Nicolas Sarkozy avait déclaré que sa réélection vaudrait approbation du Traité. Sa défaite est un refus, pas un plébiscite pour le traité et sa politique d’austérité !
Si une nouvelle majorité ne peut pas changer les choix de la précédente, alors il ne fallait pas se faire élire pour le « changement ».
François Hollande, lui, a donné sa parole (proposition n° 11) : « … Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction. »
Le traité « Merkozy » n’a pas été renégocié, ni modifié d’une virgule.
Le respect de la République, de la souveraineté populaire, passe par un débat national et un référendum.
La défaite de N. Sarkozy, le fait que F. Hollande jugeait nécessaire de renégocier le traité devraient suffire à ne pas le ratifier ou à le soumettre au référendum. Ce traité retirerait le pouvoir budgétaire au Parlement qui deviendrait une coquille vide. C’est une remise en cause majeure de la souveraineté populaire ; Seul le peuple peut la décider.
Pacte budgétaire et « pacte de croissance » n’ont rien à voir
La confusion entre les deux est volontairement organisée : le Traité est permanent. Les mesures budgétaires ponctuelles de 120 Md€ - qui ne sont
pas un pacte- n’ont aucun rapport ; les 120 Md€, montant ridicule à l’échelle européenne, ont été décidés bien avant l’élection de François Hollande ;
la participation de la France au financement est certaine, mais l’emploi ne sera pas forcément en France. D’ailleurs comment parler de croissance quand faute de budget on parle de revenir sur les investissements décidés (Canal Seine-Nord, SNCF…) ?
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La mise en concurrence des salariés nuit gravement à leur santé
C'est ce qu'a estimé ce mardi le tribunal de grande instance
de Lyon. Celui-ci a interdit à la Caisse d'Epargne Rhône Alpes Sud
(CERA) de conserver son organisation du travail fondée sur le
"benchmark", ou mise en concurrence permanente de ses salariés, qui
compromet "gravement" leur santé.
La Caisse d'Epargne Rhône-Alpes a fait appel de cette décision, la qualifiant dans une déclaration à l'AFP de "particulièrement injuste et disproportionnée". Contrairement au tribunal, elle ne trouve rien à redire à ce type de fonctionnement conforme au "principe constitutionnel de liberté d'entreprendre", et expliqué que "l'objectif d'un benchmark est d'identifier les processus les plus efficaces et professionnels pour aider l'organisation à atteindre ses objectifs". La direction affirme au contraire "qu'il n'y a pas de lien de causalité entre le benchmark et les risques psychosociaux".
"Stress permanent"
Le TGI de Lyon estime lui au contraire qu'avec ce système, "le seul objectif qui existe est de faire mieux que les autres" et "tout est remis en question chaque jour ce qui crée un stress permanent". Des médecins du travail, des assistantes sociales et l'inspection du travail avaient alerté la direction sur ces risques.
"Véritable terreur"
Fin 2007, la direction de la CERA avait mis en place ce système de gestion des performances des salariés, consistant en une évaluation permanente des uns par rapport aux autres au sein de chaque agence, et aussi des agences entre elles. La part variable de la rémunération de chaque salarié dépend directement des résultats du "benchmark" puisqu'elle est fonction des résultats de son agence.
Le syndicat SUD du groupe Banque populaire-Caisse d'Epargne (BPCE), dénonçant la "véritable terreur" que fait régner le "benchmark", avait saisi la justice en mars 2011 et une audience a eu lieu le 30 mai dernier.
D'autres recours à venir ailleurs?
La justice interdit aux Caisses d'Epargne de la région Rhône-Alpes Sud de recourir à ce système, sans toutefois fixer d'astreinte, et condamne la société à payer à SUD 10.000 euros de dommages et intérêts. Dans un communiqué, le syndicat s'est félicité de cette décision, qui s'impose aussi selon lui aux autres Caisses d'Epargne sur le territoire, et au-delà peut inciter d'autres salariés à engager des recours.
"Ce jugement ne concerne en aucune façon les autres Caisses d'Epargne, qui sont totalement autonomes les unes par rapport aux autres pour définir notamment leur système de management de la performance commerciale", a contredit la caisse d'Epargne Rhône-Alpes.
L'Humanité, le 5 septembre 2012
La Caisse d'Epargne Rhône-Alpes a fait appel de cette décision, la qualifiant dans une déclaration à l'AFP de "particulièrement injuste et disproportionnée". Contrairement au tribunal, elle ne trouve rien à redire à ce type de fonctionnement conforme au "principe constitutionnel de liberté d'entreprendre", et expliqué que "l'objectif d'un benchmark est d'identifier les processus les plus efficaces et professionnels pour aider l'organisation à atteindre ses objectifs". La direction affirme au contraire "qu'il n'y a pas de lien de causalité entre le benchmark et les risques psychosociaux".
"Stress permanent"
Le TGI de Lyon estime lui au contraire qu'avec ce système, "le seul objectif qui existe est de faire mieux que les autres" et "tout est remis en question chaque jour ce qui crée un stress permanent". Des médecins du travail, des assistantes sociales et l'inspection du travail avaient alerté la direction sur ces risques.
"Véritable terreur"
Fin 2007, la direction de la CERA avait mis en place ce système de gestion des performances des salariés, consistant en une évaluation permanente des uns par rapport aux autres au sein de chaque agence, et aussi des agences entre elles. La part variable de la rémunération de chaque salarié dépend directement des résultats du "benchmark" puisqu'elle est fonction des résultats de son agence.
Le syndicat SUD du groupe Banque populaire-Caisse d'Epargne (BPCE), dénonçant la "véritable terreur" que fait régner le "benchmark", avait saisi la justice en mars 2011 et une audience a eu lieu le 30 mai dernier.
D'autres recours à venir ailleurs?
La justice interdit aux Caisses d'Epargne de la région Rhône-Alpes Sud de recourir à ce système, sans toutefois fixer d'astreinte, et condamne la société à payer à SUD 10.000 euros de dommages et intérêts. Dans un communiqué, le syndicat s'est félicité de cette décision, qui s'impose aussi selon lui aux autres Caisses d'Epargne sur le territoire, et au-delà peut inciter d'autres salariés à engager des recours.
"Ce jugement ne concerne en aucune façon les autres Caisses d'Epargne, qui sont totalement autonomes les unes par rapport aux autres pour définir notamment leur système de management de la performance commerciale", a contredit la caisse d'Epargne Rhône-Alpes.
L'Humanité, le 5 septembre 2012
jeudi 6 septembre 2012
Traité européen : Le Pen, telle un coucou, veut parasiter le nid de ses adversaires
A l'appel du Front de gauche et d'acteurs du mouvement social, la
mobilisation contre le Traité européen, pour une Europe de la solidarité
et contre l'austérité, prend de l'ampleur. Cela gêne Marine Le Pen qui a
choisi pour sa rentrée, telle un coucou, de parasiter le nid de ses
adversaires. La voilà donc qui réclame un réferendum mais pour demander
de dissoudre la zone euro, autrement dit de remplacer la catastrophe de
l'austérité généralisée par une autre catastrophe plus grande encore.
Personne n'est dupe. Les habituels discours de division des salariés européens qui opposent les peuples les uns aux autres ne sont pas les nôtres. Ils servent surtout de repoussoir idéal en faveur du camp qui veut l'adoption du traité Sarkozy/Merkel et ce, sans que les Français puissent donner leur avis.
Le Front de gauche ne tombera pas dans ce piège grossier. Face à la campagne égoïste du FN, nous portons face à l'Europe de l'austérité, le projet d'une Europe solidaire unissant les Italiens, les Grecs, les Espagnols victimes de l'austérité érigée en dogme par les promoteurs de ce traité.
Le Front de gauche, en lançant sa campagne, en mobilisant pour une grande manifestation fin septembre contre ce traité et pour la consultation des Français, veut promouvoir et refonder cette Europe. En somme, tout le contraire du discours du FN.
Communiqué du Parti communiste Français
Personne n'est dupe. Les habituels discours de division des salariés européens qui opposent les peuples les uns aux autres ne sont pas les nôtres. Ils servent surtout de repoussoir idéal en faveur du camp qui veut l'adoption du traité Sarkozy/Merkel et ce, sans que les Français puissent donner leur avis.
Le Front de gauche ne tombera pas dans ce piège grossier. Face à la campagne égoïste du FN, nous portons face à l'Europe de l'austérité, le projet d'une Europe solidaire unissant les Italiens, les Grecs, les Espagnols victimes de l'austérité érigée en dogme par les promoteurs de ce traité.
Le Front de gauche, en lançant sa campagne, en mobilisant pour une grande manifestation fin septembre contre ce traité et pour la consultation des Français, veut promouvoir et refonder cette Europe. En somme, tout le contraire du discours du FN.
Communiqué du Parti communiste Français
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