jeudi 25 juillet 2024

Le NFP propose Lucie Castets au poste de première Ministre


 La réunion des responsables des partis du Nouveau Front Populaire a conclu positivement ses travaux ce mardi 23 juillet, 16 jours après le résultat des élections législatives qui ont fait de la coalition la première force à l’Assemblée nationale.


Elle présente au président de la République la proposition de nommer Première ministre Madame Lucie Castets.


Animatrice de luttes associatives pour la défense et la promotion des services publics, activement engagée dans le combat d’idées contre la retraite à 64 ans, haute fonctionnaire ayant travaillé à la répression de la fraude fiscale et de la criminalité financière, issue de la société civile, elle sera forte de notre engagement complet à ses côtés dans le gouvernement qu’elle dirigera.


Prêt au travail commun, le Nouveau Front Populaire appelle notre peuple à s’impliquer par son action dans la réussite de la mise en œuvre de son programme pour satisfaire ses aspirations à une vie digne et répondre à la crise environnementale.

mercredi 24 juillet 2024

André Chassaigne : « La solution du président Macron, c’est l’arrêt sur image »


 André Chassaigne, chef de file des députés PCF, a failli être élu président de l’Assemblée nationale, jeudi 18 juillet, mais souligne que la gauche reste en position de force au Palais Bourbon. Il appelle le Nouveau Front populaire à désigner un premier ministre au plus vite pour mettre Emmanuel Macron au pied du mur.

Le 18 juillet, vous vous êtes incliné de très peu face à la sortante Yaël Braun-Pivet, qui briguait elle aussi la présidence de l’Assemblée nationale. Qu’est-ce qui a manqué ?

L’enjeu était extrêmement important et a très vite dépassé ceux strictement liés au Perchoir en tant que tel. Le président de la République a souligné qu’il s’appuierait sur la couleur de la présidence pour considérer la majorité politique de l’Assemblée. Dès lors, c’est l’interprétation des résultats des législatives qui était en jeu.

Ce qui a donné lieu à un marchandage éhonté entre la Macronie et les députés de la « droite républicaine » pour se répartir les postes clés de l’Assemblée. Les troupes présidentielles en ont proposé trois fois plus à la droite par rapport à ce qu’elle aurait légitimement dû recevoir. Cette combine – qui a en partie été déjouée – s’est faite sur le dos des Français et dans l’irrespect le plus total par rapport à ce qui s’est exprimé dans les urnes lors des législatives.

Que pensez-vous du vote de 17 ministres devenus députés pour le scrutin tout en restant au gouvernement ?

Il y a eu 13 voix d’écart entre Yaël Braun-Pivet et moi, et 17 ministres qui ont pris part au vote, ce qui constitue un coup de force contre la Constitution et la séparation des pouvoirs. Nous observions déjà depuis des années l’écrasement du pouvoir législatif par l’exécutif. L’Assemblée s’est peu à peu transformée en courroie de transmission des volontés de l’Élysée.

Mais nous avons franchi, jeudi 18 juillet, un stade gravissime. La Ve République était déjà très malade et ils la poussent à l’agonie, à force de triturer ainsi la Constitution. Ce qui se passe va bien au-delà de ce que souhaitait le général de Gaulle. La Macronie passe son temps à piocher ce qui l’arrange et à cumuler les articles autoritaires : vote bloqué, 49.3, ordonnances, etc. Tout ce qui est exceptionnel devient commun.

Rendez-vous compte : le premier ministre Gabriel Attal est aussi président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée ! Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau est aussi président du groupe Modem ! Ils sont en train de sacrifier la séparation des pouvoirs et l’adhésion même de tous à la Loi fondamentale.

L’élection de Yaël Braun-Pivet éloigne-t-elle la gauche de Matignon ?

Pas forcément. Ce qui éloigne la gauche de Matignon, c’est surtout son absence de consensus sur la personne à y envoyer. Nous devions nous inspirer de ce que nous avions fait pour me désigner comme candidat commun du Nouveau Front populaire (NFP) au Perchoir.

En une journée, nous avons acté le principe d’une candidature unique et, le lendemain, nous nous sommes entendus sur la personne. Même si j’ai été battu de très peu, nous avons su créer un espoir gigantesque pour tout le peuple de gauche. C’est cette méthode qu’il faut utiliser.

Il y a une attente extrêmement forte pour que la gauche se mette d’accord et porte l’alternative. Nous sommes favorables, chez les députés communistes, pour organiser un vote permettant de désigner le premier ministre du NFP. Nous devons avancer le plus vite possible, afin de mettre Emmanuel Macron au pied du mur.

Notre candidat doit à la fois incarner notre programme et rassembler au-delà de nos rangs, sans quoi c’est le président qui sortira vainqueur de l’affrontement et désignera en septembre un premier ministre de son camp. Il veut ouvrir une bouteille d’Eau écarlate et effacer d’un coup de chiffon le résultat des législatives. À nous de le faire échouer.

Comment analysez-vous le rapport de force à l’Assemblée ? Après avoir perdu le Perchoir, la gauche a emporté 12 postes sur 22 au bureau…

Les élections qui ont suivi celle du Perchoir ont en effet donné des résultats qui font que la gauche est majoritaire au bureau de l’Assemblée. C’est un signal fort.

La Macronie est de plus privée des deux postes budgétaires les plus importants, celui de président de la commission des Finances et celui de rapporteur général du budget. Je sais qu’Éric Coquerel et Charles de Courson ne feront aucun cadeau aux macronistes.

La Macronie peut-elle encore gouverner aujourd’hui ?

Elle ne peut le faire que dans l’immobilisme le plus total. La solution du président, c’est l’arrêt sur image. Sitôt qu’il présentera de nouveaux textes, ils ne pourront avancer qu’au prix de marchandages incessants.

L’image sera terrible : le peuple attend des réformes sociales pour le pouvoir d’achat et contre la vie chère, il veut le retrait de la réforme des retraites, il exige le retour des services publics, et il espère que l’on s’attaque à l’argent. Or notre gouvernement est à la solde des multinationales et ne pense qu’au prochain tour de vis austéritaire.

Après leur entente pour le Perchoir, la Macronie et LR peuvent-ils diriger le pays ensemble ?

Cela viendrait à usurper le vote populaire qui s’est exprimé lors des législatives. Une majorité s’est exprimée dans notre pays pour un changement de direction politique. Mais au final, rien ne change ! Emmanuel Macron a été sanctionné dans les urnes mais c’est la même équipe de ministres qui dirige le pays.

Je rappelle que la Macronie et les LR disposaient à eux deux d’une majorité absolue avant les législatives. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Si la Macronie garde le gouvernail, cela encouragera le dégoût de la politique. Le président ne peut pas rester muet et caché éternellement, il doit appeler le NFP à gouverner.

La CGT salue l’élargissement de l’indemnisation « intempérie » des travailleurs du BTP en cas de canicule

 La CGT salue la publication du décret « Intempéries » pour le BTP s’agissant des périodes caniculaires. Périodes qui devraient monter en fréquence et en intensité selon les scientifiques du climat.

Enfin, ce décret prévoit un congé « intempérie » en cas de périodes de canicule dans le secteur du BTP.

La réglementation sur le congé intempéries remonte à 1947 et ne traitait que des conditions hivernales qualifiées de « rustiques » lors des fortes gelées, inondations et autres tempêtes de vent… Réglementation qui avait pour objectif la protection des salariés.

Or, cet objectif n’a jamais été respecté : les « intempéries » étaient décidées la plupart du temps soit en lien avec des prévisions d’activités insuffisantes de l’entreprise ou parce que les matériaux (béton, enrobés de chaussées…) supportaient mal les températures négatives avec le risque de malfaçons sur ouvrages couvertes par une garantie décennale.

Pour la première fois, l’esprit de la loi va effectivement respecter la notion de protection de la santé du salarié mais malheureusement uniquement sur les périodes de forte chaleur.

Ce toilettage était nécessaire. La CGT le revendique depuis 2018 auprès de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP), pour être enfin à la mesure de cette barrière thermique dorénavant infranchissable y compris pour les plus aguerris d’entre nous.

Le code couleur Météo France, qui sert de référence pour déterminer les périodes de canicule a été adopté grâce aux interpellations de la CGT : il est selon nous mieux adapté pour gérer les situations sur chaque territoire. Pour autant, la codification régissant « la canicule » qui comprend la durée en jours et les températures nocturnes ne répond que partiellement à nos attentes.

Sans compter l’interdiction de travailler en cas de forte chaleur qui demeure à la discrétion du préfet de région. Travailler à des températures élevées, même sur une seule journée, provoquera indéniablement des dommages physiques graves sur une population de salariés des plus exposée.

Le congé intempérie ne peut à lui seul régler l’exposition des acteurs en extérieur qui pratiquent des métiers de force. Si cette avancée, gagnée après des années de revendications par les organisations syndicales, est à saluer, il est temps que l’ensemble des parties professionnelles concernées se mettent autour de la table afin d’envisager et d’adapter le travail en France. Qui plus est dans les territoires ultramarins, face au dérèglement climatique dorénavant visible et subi.  

La CGT revendique que les élu·es du personnel puissent produire un droit d’alerte pour Danger Grave et Imminent dans l’intérêt des travailleur·es, y compris si eux-mêmes le jugent nécessaire.

Montreuil, le 17 juillet 2024

Dans l’impasse, Emmanuel Macron plaide pour une « trêve politique » pendant les JO


 Espérant encore pouvoir gouverner malgré la défaite de son camp aux élections législatives, le président de la République temporise. Il a ainsi estimé, lundi 22 juillet, en marge de la visite du village des athlètes à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), que les Jeux Olympiques qui s’ouvrent vendredi 26 juillet seraient un moment de « trêve politique » alors que le gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal n’est toujours pas remplacé.

Emmanuel Macron est sorti du silence ce lundi 22 juillet… pour plaider en faveur d’une « trêve politique » pendant les Jeux Olympiques. Interrogé par des journalistes en marge de la visite du village des athlètes à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le président de la République a estimé que les Jeux n’étaient « pas du tout » gâchés par sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale en juin.

Une « grenade dégoupillée », selon ses propres termes, qui a plongé la France dans la crise politique. Il « y a une forme de trêve », a-t-il insisté assurant que ce sont « les Jeux qui seront au cœur de la vie du pays et le monde sera en France grâce à eux ».

Emmanuel Macron temporise pour tenter de garder la main

Le gouvernement de Gabriel Attal, pourtant démissionnaire depuis le 16 juillet, pourrait ainsi rester en place malgré la défaite de la Macronie aux élections législatives et alors que les ministres élus députés ont siégé à l’Assemblée la semaine dernière. Une pratique qui bafoue la séparation des pouvoirs et qui a contribué, avec le renfort de LR, à ce que le camp présidentiel conserve de justesse (à 13 voix près) la présidence de la chambre basse.

L’accord avec la Droite républicaine (le nouveau nom du groupe LR au Palais Bourbon) ne lui a toutefois pas permis de conserver la majorité des postes au sein du Bureau qui compte 12 députés Nouveau Front populaire sur 22, ni de confier à ses alliés la présidence de la puissante commission des Finances.

Pour autant le chef de l’État n’est toujours pas décidé à nommer un premier ministre issu des rangs de la coalition de gauche à Matignon et temporise dans l’espoir de garder la main en imposant l’idée du « large rassemblement » réunissant les « forces républicaines » qu’il a défendu dans sa lettre aux Français du 10 juillet.

Un proche du chef de l’État a ainsi estimé, auprès de l’AFP, que le travail des « forces républicaines » en vue d’une coalition devait se poursuivre pendant les JO, tout en assumant miser sur une « fracturation » du Nouveau Front populaire pour rallier une partie de la gauche.

Une option refusée par toutes les composantes du NFP qui tarde cependant à se mettre d’accord sur une candidature commune à Matignon qui lui permettrait de couper l’herbe sous le pied du locataire de l’Élysée.

mardi 23 juillet 2024

Laurence Tubiana renonce à être première ministre du Nouveau Front populaire


 L’économiste et diplomate, dont le nom avait été proposé par les socialistes, a annoncé ce lundi 22 juillet prendre acte des désaccords que suscite sa « candidature » à Matignon, et renonce.

On ne sait toujours pas qui la gauche veut envoyer à Matignon mais on sait qui n’y ira pas. L’économiste et diplomate Laurence Tubiana, artisane de l’Accord de Paris sur le climat en 2015, a annoncé ce lundi qu’elle renonçait à devenir première ministre du Nouveau Front populaire (NFP), dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux.

Laurence Tubiana avait été accueillie par un « non » catégorique des insoumis

« Je constate que mon nom a rencontré des oppositions au sein du NFP, écrit-elle. Tout cela ne me semble plus mener à l’apaisement dont nous avons tant besoin. » Proposé par les socialistes, le nom de Laurence Tubiana, ancienne co-présidente de la Convention citoyenne pour le climat, avait été accueilli par un « non » catégorique des insoumis, qui lui reprochaient d’avoir signé, le 11 juillet, une tribune appelant la gauche à « tendre la main aux autres acteurs du front républicain pour discuter d’un programme » – sous-entendu y compris avec les macronistes.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait ensuite proposé un vote des 193 députés du NFP pour départager Laurence Tubiana et Huguette Bello, proposition soutenue par les communistes et les insoumis. Deux semaines après le second tour des législatives, qui l’a propulsée première force dans l’hémicycle, la coalition de gauche est toujours embourbée sur la question du chef de gouvernement à proposer à Emmanuel Macron. Ce lundi matin, la députée écologiste Sandrine Rousseau évoquait l’hypothèse d’un « ticket » Huguette Bello-Laurence Tubiana, avant que cette dernière ne se retire. La question est encore loin d’être réglée.

Communiqué André Chassaigne


 

Grenoble, rassemblement pour réagir à l’enfer de Gaza

L’Association France Palestine solidarité a organisé un rassemblement le vendredi 19 juillet à Grenoble.

L’AFPS, Association France Palestine solidarité appelait vendredi 19 juillet à un rassemblement, place Notre-Dame à Grenoble avec un appel, « A Gaza, c’est l’enfer, le monde regarde ailleurs.»

Jean-Paul Fourcroy (AFPS) a pris la parole :

L’armée israélienne exhorte les Palestiniens de Gaza de se rendre dans des zones humanitaires sécurisées, à Gaza ville, Khan Younes, camp de Mawani, etc. mais à chaque fois c’est le même scénario. En réalité aucun lieu n’est sûr. Tous les jours des dizaines de morts, de blessés sous les énormes bombes fournies par les Etats-Unis. Silence, silence, silence, silence.
Depuis plus de 10 mois, c’est l’exode permanent des Gazaouis dans un territoire de 41 km de long. La population est martyrisée, épuisée physiquement et moralement.
60% des habitations sont détruites ou endommagées, écoles, universités, bâtiments administratifs, infrastructures économiques, agriculture… la dévastation… 65% des routes sont inaccessibles. L’accès aux soins est quasi impossible : 27 hôpitaux détruits, 55 structures de soin hors d’usage, des ambulances bombardées, médicaments et matériel médical manquants… Les bombes tuent mais la faim aussi. Sans eau ni nourriture, sans marché, sans boulangeries ou infrastructures qui apportent des vivres, la famine menace et a déjà tué.
En dix mois de guerre, Gaza est devenue l’un des endroits les plus dangereux du monde et plus encore pour les enfants. Et en Cisjordanie, à Jérusalem Est, l’annexion se vit tous les jours. Démolitions, destructions, expulsions, arrestations, exactions de l’armée israélienne et des colons.

Jean-Paul Foulcroy.

Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza ; la fin de la colonisation et de l’occupation ; la reconnaissance par la France de l’État de Palestine dans le cadre du droit du peuple palestinien à l’autodétermination ; l’arrêt immédiat de toute coopération militaire avec Israël et de toute livraison d’armes, des sanctions, dont la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.
Plus que jamais, le peuple palestinien a besoin de votre solidarité. Boycottez les fournitures scolaires vendus par Carrefour : pas d’apartheid dans le cartable de vos enfants. Pour aider les agriculteurs palestiniens à « Garder leur terre » en soutien à la résistance populaire palestinienne achetez des oliviers qui seront plantés. Pour une protection du peuple palestinien, rejoignez la lutte contre la violence israélienne en Cisjordanie. Appel pour une présence d’internationaux de protection. Soutenez le peuple palestinien à travers différents projets par vos dons.

Eric-Piolle

Place Notre-Dame, à Grenoble.

Puis Marie-Luce Jaouhari, coprésidente de l’AFPS Grenoble Isère, a lu un poème palestinien sur l’identité palestinienne.

Pendant plus d’une heure, les personnes présentes ont échangé, distribué des tracts, commenté l’actualité catastrophique à Gaza et en Cisjordanie dont le récent communiqué d’une revue scientifique, The Lancet : « Selon une lettre publiée sur le site du Lancet, le bilan humain dans le territoire palestinien en guerre depuis dix mois avec Israël, serait beaucoup plus élevé que les plus de 38 300 annoncés par le ministère de la Santé du Hamas. »

Eric-Piolle

Marie-Luce Jaouhari, coprésidente de l’AFPS Grenoble Isère.

Eric-Piolle

 

André Masson au Centre Pompidou-Metz

Comme nous l’avons écrit précédemment, les Isérois ont la chance de pouvoir découvrir jusqu’au 21 juillet, au Musée de Grenoble, une remarquable et immanquable exposition Miró. S’ils ne savent pas ensuite où partir en vacances, s’ils en ont encore les moyens financiers, je leur recommande un séjour en Lorraine à l’occasion duquel ils pourront, en particulier, visiter la ville de Metz (même s’ils l’ont déjà fait) et voir l’exposition André Masson au Centre Pompidou-Metz, intitulée Il n’y a pas de monde achevé.

Il y a plusieurs raisons de recommander cette exposition rétrospective où sont réunies plus de 300 œuvres, dessins, peintures, gravures, lithographies, sculptures… produites entre 1920 et 1987, année de la mort d’André Masson, né en 1896. D’abord parce qu’il fut l’un des plus grands artistes du XXe siècle. Ensuite parce que, malgré cela, il est mal connu et peu d’expositions lui ont été consacrées et parce qu’il a eu une influence très grande sur de nombreux peintres dont les expressionnistes abstraits états-uniens (Arshile Gorky, Jackson Pollock…), ainsi que sur Miró dès 1920, qu’il introduisit dans le mouvement surréaliste. Et c’est pourquoi les deux expositions de Grenoble et de Metz semblent constituer les deux volets d’un diptyque exceptionnel créé à l’occasion du centième anniversaire du Manifeste du surréalisme publié par André Breton en octobre 1924. André Breton dont l’attention avait déjà été attirée par le travail de Masson.

André Masson est le peintre qui a fait le cache de la célèbre peinture de Courbet, L’Origine du monde (aujourd’hui au Musée d’Orsay) pour son dernier propriétaire, son beau-frère Jacques Lacan. Si ses premières œuvres relèvent du cubisme, c’est à partir de 1925 qu’il évolue vers le surréalisme auquel il restera fidèle jusqu’à la fin, même s’il s’éloignera du groupe entre 1936 et 1939. Il inventera le dessin automatique, les tableaux de sable, il ne cessera d’expérimenter sous la dictée de l’inconscient afin de faire émerger les pulsions de sexe et de mort, la violence, le masochisme, l’abjection… tout le refoulé de la « nature » humaine ; la première guerre mondiale à laquelle il a participé dans l’infanterie lui a laissé des traumatismes physiques et psychiques. Il reprend, dans sa peinture, les grands archétypes de la mythologie antique, Osiris, Pasiphaé, Minotaure, Thésée et Ariane, Narcisse et Echo, Apollon et Daphné…

Le temps de la palabre.

Il a son atelier au 45 rue Blomet à Paris, là où il fait venir Miró, et où se rencontre régulièrement un groupe d’amis parmi lesquels les écrivains Michel Leiris, Georges Bataille, Antonin Artaud, Georges Limbour, Armand Salacrou, André Breton… Louis Aragon lui fait découvrir le grand poète mystique anglais William Blake (1757-1827) également graveur, dont certains poèmes expriment sa propre pensée. Et lui qui dessine des bouches en forme de sexe féminin créera des illustrations pour Justine de Sade, ainsi que pour Le Con d’Irène d’Aragon. Il illustrera d’ailleurs de nombreux livres de ses contemporains et d’auteurs plus anciens, des revues… Il était un très grand lecteur et l’exposition nous offre la restitution d’une partie de sa bibliothèque personnelle (2080 livres) très éclairante sur cet artiste incontestablement « cérébral ». C’est peut-être ce côté de sa personnalité qui explique que son œuvre soit plus difficile d’accès que celle d’autres artistes modernes et que peu d’institutions muséales lui aient consacré une rétrospective, une injustice que l’exposition de Metz vient corriger. Mais il fut accueilli par les plus grandes galeries.

Même s’il s’efforça toujours de laisser toute leur place aux automatismes et à l’inconscient, cela ne l’empêcha pas de produire des dessins satiriques féroces pour dénoncer le fascisme et le cléricalisme haineux et visqueux qui assassinaient la jeune République espagnole.

André Masson – Animal labyrinth (1956)

Peintre du changement qu’il exprime à travers certains éléments de ses œuvres, expression du mouvement, permanence du thème solaire quasi obsessionnel, présence du corps féminin, sexualité masculine, sang, violence et mort (les tauromachies), le combat permanent de la vie contre la mort… on trouve tout cela dans les œuvres d’André Masson qui voulait faire d’un tableau une « explication de l’univers ».

Jusqu’au 2 septembre de 10 à 18 heures du mercredi au lundi et de 10 à 19 heures vendredi, samedi et dimanche. On peut regretter le prix élevé du catalogue (40 €), mais c’est malheureusement une habitude française.

 

lundi 22 juillet 2024

Qui obtient les postes clés de l'Assemblée nationale ?


 Après la réélection contestée de la présidente Renaissance Yaël Braun-Pivet au perchoir, les scrutins internes se sont poursuivis vendredi et samedi à l’Assemblée nationale. Le Nouveau Front populaire sera majoritaire au sein du bureau, la plus haute instance exécutive de l’Assemblée nationale, avec douze postes sur vingt-deux. Eric Coquerel a été réélu samedi président de la commission des Finances. Le camp présidentiel obtient six des huit présidences de commission.

Au lendemain de la réélection contestée de Yaël Braun-Pivet au perchoir, les députés sont revenus vendredi dans l’hémicycle pour trois votes à bulletin secret afin de désigner les membres du bureau du Palais-Bourbon : six vice-présidents, douze secrétaires et trois questeurs. Le tout, dans une ambiance survoltée.  

Le premier tour du scrutin visant à élire les vice-présidents de l’Assemblée a même été annulé puis réorganisé, en raison de la présence d’un trop grand nombre d’enveloppes par rapport au nombre de votants. Le député PS Jérôme Guedj a dénoncé une « fraude », un « événement d’une brutalité démocratique absolument impensable. » « Honte à ceux qui ont organisé ça dans l’hémicycle ! », a-t-il tonné dans l’hémicycle, demandant qu’une « enquête approfondie soit mise en œuvre ». 

Le Nouveau Front populaire majoritaire au bureau de l’Assemblée

Après un premier tour entaché d’irrégularités, une première dans l’histoire de la Vème République, les députés ont à nouveau voté pour élire leurs vice-présidents. Les insoumises Clémence Guetté et Nadège Abomangoli ont été élues vice-présidentes de l’Assemblée. Auxquelles sont venus s’ajouter quatre autres vice-présidents : Xavier Breton et Annie Genevard pour le groupe Droite républicaine (DR, ex-Les Républicains), mais aussi Roland Lescure pour Ensemble pour la République (EPR, ex-Renaissance) et Naïma Moutchou pour Horizons.  

Dans la nuit de vendredi à samedi, le Nouveau Front populaire (NFP) a obtenu neuf postes de secrétaire sur douze au sein du bureau, la plus haute instance exécutive de l’Assemblée nationale. Dans le détail, les nouveaux secrétaires sont Gabriel Amard et Farida Amrani (FI), Iñaki Echaniz et Sophie Pantel (PS), Stéphane Peu et Mereana Reid Arbelot (Gauche démocrate et républicaine), Sébastien Peytavie, Sabrina Sebaihi et Eva Sas (Ecologiste et social). Lise Magnier (Horizons), Christophe Naegelen et Laurent Panifous (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) font aussi partie de la composition du bureau.  

Avec neufs postes de secrétaire sur douze, la gauche est donc majoritaire au sein du bureau de l’Assemblée nationale, plaçant la présidente (Renaissance) de l’institution, Yaël Braun-Pivet, dans une situation de cohabitation au sein du bureau où elle est désormais minoritaire. Mathilde Panot, présidente du groupe la France insoumise, voit dans ce résultat la « démonstration que le Nouveau Front populaire est le pôle le plus grand de l’Assemblée ». Elle s’est aussi félicitée d’« un cordon républicain, qui empêche le Rassemblement national et l’extrême droite d’arriver à une sorte de légitimé dans l’institution ». Le Rassemblement national (RN) n’a en effet obtenu aucun poste à responsabilité, contrairement à la législature précédente, où la Macronie avait concédé deux vice-présidences à l’extrême droite.  

Christine Pirès-Beaune (NFP-Parti socialiste), Brigitte Klinkert (Ensemble pour la République), Michèle Tabarot (La Droite républicaine) assumeront les fonctions de questeurs de l’Assemblée.

Eric Coquerel réélu à la commission des Finances

Les députés se sont réunis samedi matin pour élire, cette fois, les présidents de commission. Par 29 voix contre 28 pour sa concurrente Véronique Louwagie (LR) et 18 pour Jean-Philippe Tanguy (RN), Eric Coquerel conserve son poste de président de la commission des Finances, chargée notamment de la supervision du budget. « J’aspire, comme toute la coalition, à gouverner le pays le plus rapidement possible », a réagi Eric Coquerel après sa réélection à la commission des finances. « Quand Emmanuel Macron se sera rendu à l’évidence, c’est-à-dire que nous sommes la majorité, je démissionnerai pour laisser ce poste à la nouvelle opposition », a-t-il assuré. Le camp présidentiel domine les présidences des autres commissions : Sandrine Le Feur (Développement durable), Jean-Michel Jacques (Défense), Antoine Armand (Affaires économiques), Florent Boudié (commission des Lois), Paul Christophe (Affaires sociales), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères). La gauche peut se consoler avec la nomination de la socialiste Fatiha Keloua Hachi aux affaires culturelles.

Chypre : 50 ans d’occupation et de division, ça suffit !

Il y a 50 ans, le 15 juillet 1974, un coup d’Etat d’extrême-droite avait lieu à Chypre, avec le soutien de la junte militaire grecque et des Etats-Unis. Quelques jours plus tard, l’armée turque envahissait illégalement le nord du pays. Depuis, 37% du territoire restent occupés par la Turquie. Les dernières négociations sont suspendues depuis 2017.

Depuis 2017, le régime d’Erdogan se livre à de multiples provocations, au sein de la zone économique exclusive chypriote comme à Varocha, sur la ligne de démarcation, en violation des résolutions de l’ONU 550 et 789. Il intensifie la militarisation du nord de Chypre. Le régime d’Erdogan est un danger pour la sécurité régionale, tant à Chypre, qu’en Syrie et en Irak, tant à l’encontre du peuple arménien que du peuple kurde. Erdogan essaie de rendre irréversible la division du pays, en ayant fait entrer l'entité autoproclamée du nord au sein de l'organisation des Etats turciques.

L’Union Européenne se désintéresse de la question chypriote, donnant la priorité à ses minables arrangements avec le régime d’Erdogan au détriment du respect du droit des peuples. L’incurie de l’UE est une honte.

Le PCF appelle la France et l’UE à agir en faveur du respect du droit international et des principes de la charte des Nations Unies. Cela implique :

  • La reprise des négociations là où elles ont été abandonnées en 2017 pour une solution complète à la question chypriote ;
  • La fin des actions illégales du gouvernement turc, le retrait des troupes turques et la fin du traité de garantie de 1960 signé entre le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie qui limite l’indépendance chypriote ;
  • Une solution complète pour la réunification de Chypre en tant que fédération bi-zonale, bi-communale à égalité de droits, à citoyenneté et à souveraineté internationale uniques.

Le PCF réaffirme sa pleine solidarité envers le peuple chypriote dans sa totalité et avec nos camarades d’AKEL qui luttent pour la souveraineté et la réunification de Chypre.

Parti communiste français