vendredi 25 novembre 2016

Airbus : 1000 emplois supprimés, 1000 milliards de commandes

Airbus group va bien : un carnet de commandes de 1000 milliards (presque 50 % du PIB annuel de la France) et 15 ans d’activité assurée, un chiffre d’affaires en hausse de 6 %, un résultat net progressant de 15 % à 2,7 milliards.
Pourtant, la direction du groupe, annonce la suppression de 1000 emplois dans le cadre son plan « Gemini », avec en particulier 400 postes détruits dans le secteur clef de l’innovation technologique.

Ce paradoxe insupportable, montre que le choix de la direction est de sacrifier la pérennité à long terme de l’entreprise au profit de la satisfaction immédiate de l’intérêt financier de ses actionnaires et des stock-options des hauts dirigeants. Ceci est la conséquence logique d’une composition du capital par un actionnariat à plus de 74 % flottant et privé. Or les bons résultats actuels du groupe sont dus à des programmes dont le lancement porte sur une ou plusieurs décennies, ainsi le début des études des premières versions du best-seller d’Airbus l’A320 remonte à 1975.
L’industrie aéronautique va être confrontée dans les années avenirs aux défis de la lutte contre le réchauffement climatique et au pic pétrolier, ce qui devrait impliquer des investissements massifs en termes de salariés, de formations et de recherche & développement.

Le gouvernement français porte une responsabilité accablante dans cette situation, car il a laissé passer en 2013 l’occasion historique que se constitue avec Airbus le premier groupe public européen lorsque la banque publique allemande Kreditanstalt für Wierderaufbau a racheté la moitié des parts de l’actionnaire privé Daimler et alors que parallèlement le groupe Lagardère se désengageait du capital.

Aujourd’hui afin d’assurer l’avenir d’Airbus group, le PCF demande solennellement à État français toujours actionnaire du groupe, d’intervenir pour que le plan « Gemini » de 1000 destructions d’emplois soit retiré. Notre pays comme l’Europe à l’heure des menaces de guerre commerciale de Trump ont plus que jamais besoin d’une ambitieuse politique industrielle.

jeudi 24 novembre 2016

L’Assemblée Nationale adopte le budget 2017


L’Assemblée nationale a voté ce mardi 22 novembre 2016, (287 voix pour, 243 voix contre, 22 députés se sont abstenus) l’ensemble du projet de loi de finances pour 2017 en première lecture.
Le PLF 2017, sous réserve de sa transmission, fera l’objet, jeudi 24 novembre 2016, d’une discussion générale en séance publique. Cette discussion ouvre traditionnellement l’examen du projet de loi de finances au Sénat.
Mercredi 16 novembre 2016, la commission des finances du Sénat s’est réunie pour examiner les articles de la première partie du projet de loi de finances pour 2017. Elle a donné mandat au rapporteur général pour rédiger une motion tendant à opposer la question préalable sur l’ensemble du projet de loi de finances.
Cette motion, déposée au nom de la commission, sera débattue en séance publique mercredi 30 novembre 2016.
Les députés Front de gauche ont voté CONTRE. Explication de vote par Gaby Charroux :
"Nous voici au terme de l’examen de ce projet de loi de finances pour 2017, dernier budget du quinquennat. Le temps est donc venu de prendre du recul pour faire le bilan de la politique budgétaire menée depuis 2012.
Soyons francs : ce quinquennat aura été celui d’un transfert inédit de fiscalité. En effet, le choix exclusif d’une politique de l’offre, fait dès 2012 et amplifié en 2014, aura conduit à diminuer de plus de 30 milliards d’euros les prélèvements sur les entreprises et à augmenter de 20 milliards d’euros environ les prélèvements sur les ménages.
Avec la hausse du taux de CICE et la baisse programmée du taux de l’impôt sur les sociétés, adoptées dans ce budget, ce choix est, malheureusement, conforté. Dès lors, messieurs les ministres, que va-t-il rester de notre impôt sur les sociétés dont le rendement sera deux fois moindre que celui de la moyenne des pays de l’OCDE ?
Autre question : ce transfert massif – et douloureux –des prélèvements des entreprises vers les ménages, qui s’accompagne d’une TVA désormais en surpoids, a-t-il été bénéfique pour l’emploi et la cohésion sociale ? Malheureusement non ! En quatre ans et demi, le chômage comme la précarité n’auront cessé de croître. L’erreur manifeste aura été de croire et de faire croire que la compétitivité des entreprises dépendait exclusivement du prix du travail, je dis bien de son prix car le travail n’est pas un coût !
Or c’est par l’investissement, l’innovation et la formation que notre pays doit se singulariser. C’est par un mode de développement fondé sur la transition écologique, la réussite éducative ainsi qu’un véritable accompagnement dans l’emploi tout au long de la vie que nous parviendrons à proposer un chemin d’espérance et d’optimisme à nos concitoyens.
Ce chemin est, pour le moment, coupé par une fracture territoriale, silencieuse et pourtant si douloureuse, qui s’aggrave : la métropolisation a contribué à accroître les inégalités sociales et le sentiment d’abandon. La baisse des investissements publics, en particulier à l’échelon local, qui a subi une baisse drastique et indifférenciée de ses moyens, a été lourde de conséquences pour nos territoires.
Bien sûr, nous avons salué certains efforts nécessaires, en matière de police, de gendarmerie et de justice, pour assurer la sécurité de nos concitoyens. Nous avons également soutenu le rattrapage concernant l’éducation nationale, même si un effort supplémentaire reste nécessaire.
Ce soutien, nous l’avons apporté en responsabilité, ce dont nous nous félicitons, compte tenu de ce que d’aucuns promettent ! Contrainte de faire de la surenchère pour pouvoir se démarquer politiquement, la droite annonce, selon les goûts, entre 80 et 110 milliards d’euros de diminution de dépenses publiques, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur notre capacité à répondre aux défis du temps présent.
C’est une ineptie au moment où toutes les grandes institutions prônent un desserrement des politiques d’austérité qui font tant de mal aux plus fragiles.
Mais si nous en sommes là, messieurs les ministres, si nos concitoyens font preuve d’un tel rejet à l’égard de la politique menée depuis 2012, c’est tout simplement parce que le chemin choisi n’a pas été à la hauteur de leurs attentes et de vos engagements.
En refusant de toucher à une ligne du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance – TSCG – et donc en refusant de porter le fer contre l’orthodoxie européenne qui fait des 3 % de déficit l’horizon indépassable, notre pays s’est mis dans l’impasse.
En ne portant pas une véritable réforme fiscale posant la progressivité et la justice comme valeurs cardinales, modulant les prélèvements des entreprises en fonction de l’utilisation des bénéfices et décourageant la rente, le Gouvernement est resté dans le couloir de l’ordolibéralisme ambiant.
Le prélèvement à la source n’est en aucun cas une réforme fiscale. Source de complexité, qualifié par certains d’usine à gaz, il présente des risques importants en matière de confidentialité et d’efficacité du recouvrement en associant un tiers à la collecte, en l’occurrence l’entreprise, dont ce n’est pourtant pas le rôle.
Pis, le prélèvement à la source pourrait être pour la droite le cheval de Troie d’une flat tax, un impôt proportionnel qui toucherait uniformément les plus riches et les plus pauvres, ce qui constituerait un désastre social.
Dans sa philosophie, ce budget ne diffère pas des précédents. Au terme de cette législature, il signe la déception de ne pas avoir ouvert un autre chemin : celui d’une création et d’une répartition plus égalitaires des richesses, celui du progrès et de l’ambition, celui de l’innovation et de l’espoir.
C’est pour avoir oublié sa volonté de battre en brèche une finance internationale toute-puissante, c’est pour avoir pris le parti de la doxa libérale que le Gouvernement, entraînant toute la gauche, a perdu une grande partie du peuple. L’urgence est telle que la résignation comme la satisfaction seraient une faute. Nous voterons contre ce projet de budget."

mercredi 23 novembre 2016

Pour André Chassaigne (PCF), la candidature de François Fillon « prépare des lendemains douloureux »

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, a jugé le 22 novembre que, face au « programme ultra-libéral » de François Fillon, il fallait « une gauche décomplexée, qui assume son identité ».

Le député du Puy-de-Dôme a estimé, lors d'un point presse, que le candidat de la primaire de la droite, favori pour le second tour, portait un programme très « éloigné du gaullisme social », « extrêmement dur et qui prépare des lendemains douloureux ».

Aux yeux de l’élu communiste, la proposition de M. Fillon de supprimer 500.000 postes en cinq ans dans la fonction publique est « une forme d'aveu d'apesanteur par rapport aux réalités du peuple », qui connaît notamment « la dégradation du service dans les hôpitaux » et « une présence scolaire dans les territoires défavorisés » en recul.

François Fillon, « c'est le bulldozer, la grosse Bertha » avec la perspective de la TVA sociale, la retraite à 65 ans, la suppression de l'ISF, des 35 heures, retient André Chassaigne en citant Cocteau: « pour que les Dieux s'amusent beaucoup, il importe que leurs victimes tombent de haut ».

Selon le patron des députés du Front de gauche, « quand une porte a été entrouverte [vers le libéralisme] comme elle l'a été par les socialistes, certains mettent de grands coups de pied dedans ».

Ainsi la « dérive » du gouvernement « pousse encore davantage la droite vers des mesures conservatrices ». Face à cela, « il faut une gauche décomplexée, qui assume son identité », préconise-t-il.

mardi 22 novembre 2016

Présidentielle. Au PCF, derniers jours de débat avant le vote

Avant de se rendre aux urnes cette semaine, les communistes poursuivent leurs échanges. Leur secrétaire national, Pierre Laurent, a confirmé son choix d’un soutien à Jean-Luc Mélenchon.
Semaine décisive au PCF. À partir de jeudi, les militants communistes sont appelés à se prononcer sur leur choix de candidature pour la présidentielle de 2017. Et le débat se poursuit, au plan local comme national, sur les deux options en balance : soit un appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon assorti d’une campagne autonome du PCF, soit la désignation d’un candidat communiste qui pourrait se retirer au profit d’une « candidature commune d’alternative à l’austérité ». Le 5 novembre, la conférence nationale du PCF s’était prononcée à 55,69 % en faveur de la seconde hypothèse.
Comme plusieurs responsables et élus ces deux dernières semaines, Pierre Laurent, le secrétaire national, a confirmé, vendredi dans une note de blog, le choix qu’il avait fait connaître à la veille de ce rendez-vous. « Face au paysage plein de dangers qui se met en place, je conçois l’appel à voter Jean-Luc Mélenchon comme un levier, un appel pour pousser plus loin le travail de rassemblement vers un front social, politique et citoyen », explique-t-il, tout en rappelant que, à ses yeux, il s’agit avec cette prise de position « non pas (de) se rallier mais (de) lancer sans tarder une grande campagne communiste autonome ».

« Construire la possibilité d’un véritable choix pour les électeurs »

Le dirigeant du PCF invite, face au risque de détournement de la colère populaire à l’instar de Trump aux États-Unis, à « construire la possibilité d’un véritable choix pour les électeurs, c’est-à-dire une candidature tout à la fois porteuse de résistance et d’un projet répondant à leurs attentes, et portée par un arc de rassemblement suffisamment crédible à leurs yeux. (…) C’est sur cette seconde dimension essentielle que risque de buter, à notre corps défendant, une candidature communiste », estime-t-il. Et d’objecter à ceux qui constatent l’absence d’accord politique avec le candidat de La France insoumise qu’une « totale liberté de campagne » et un « engagement immédiat dans les constructions les plus rassembleuses possibles dans chaque circonscription législative » seraient les « meilleures garanties » d’y parvenir.
En fin de semaine dernière, un texte signé par 23 membres du Conseil national du PCF favorables à la désignation d’un candidat communiste a aussi été rendu public. « Nous voulons être à l’offensive pour empêcher la droite et l’extrême droite de conquérir le pouvoir, rassembler tous ceux qui luttent contre l’austérité », y écrivent ces dirigeants, dont certains responsables de fédération, jugeant que la candidature de l’un des leurs serait « la garantie d’une démarche collective » et permettrait une plus grande « visibilité » de leurs propositions et de leur démarche. « Les militants, les sympathisants, tous ceux pour qui le PCF est un point de repère, longtemps désorientés par une stratégie trop floue ou illisible, retrouveront ainsi le chemin du débat et de l’action », ajoutent-ils, tandis que, selon eux, Jean-Luc Mélenchon « hypothèque par sa posture toute perspective majoritaire ». Parmi ces signataires figurent des économistes du PCF qui ont parallèlement rédigé une note à propos du programme de La France insoumise : celui-ci « ne présente pas seulement des divergences et des contradictions avec nos propositions. Sa conception même est fondamentalement contraire à toute perspective de rassemblement à gauche », jugent-ils.
Au-delà du candidat, les communistes auront aussi cette semaine à se prononcer sur la résolution qui fait état de la démarche générale du PCF pour 2017, adoptée par leur conférence nationale à plus de 90 %. Preuve pour Pierre Laurent que, « quel que soit le résultat, (leur) route restera commune sur le chemin du rassemblement ».

lundi 21 novembre 2016

Patrice Bessac. "Nous sommes, avec 7500 élus, une force considérable"

Patrice Bessac, 38 ans, maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a été élu président de l’Association nationale des élus communistes et républicains qui tenait son congrès à Saint-Etienne (Loire) ce week-end. Il prend la suite du maire de Champigny (Val-de-Marne), Dominique Adenot.
Vous avez été élu à la tête de l’Anecr dimanche matin, lors de son congrès, comment envisagez-vous le rôle des élus communistes et républicains dans la période à venir ?
Patrice Bessac.
 D’abord, cela a été un congrès très réussi. L’Anecr doit être la maison commune de tous les élus communistes et partenaires mais elle doit particulièrement s’attacher à fournir aux élus minoritaires dans leur conseil les outils pour mener le combat d’idée. Car les élus minoritaires d’aujourd’hui, sont les élus majoritaires de demain. Ils ont besoin d’une association à l’offensive, d’un réseau d’actions et de partage d’expériences. Ensuite, dans un contexte marqué par le risque d’une prise de pouvoir de l’extrême-droite dans notre pays, par les difficultés à venir aux élections présidentielle et législatives, nous sommes, avec 7500 élus, une force considérable. Nous serons, après 2017, un élément essentiel de la stratégie de reconquête, de reconstruction à gauche.
 
Vous avez été élu au sein d’une équipe fortement renouvelée, qu’est-ce qui la caractérise et quels seront ses objectifs ?
Patrice Bessac. Je remercie Dominique Adenot et l’équipe précédente qui ont décidé de donner notamment aux élus de 2014 de nouvelles responsabilités. Notre équipe de jeunes et de moins jeunes a pour caractéristique commune d’être volontaire, d’avoir envie d’apporter des moyens, de la formation, des propositions pour permettre aux élus de mener le combat qui s’ouvre. Nous avons conscience qu’aujourd’hui la France est fracturée, qu’une partie du monde rural et périurbain décroche. Nous sommes donc très déterminés à poser la question de l’avenir de la France aussi bien dans les grands centres urbains que dans les zones rurales et périurbaines.
 
Votre congrès a lancé une campagne intitulée « Commune debout », en quoi consiste-t-elle ?
Patrice Bessac.
 Cette campagne c’est la volonté de préserver cet outil démocratique que sont les communes face à la tentation d’une technocratisation qui éloigne les citoyens des centres de décisions. Et qui vise à briser l’une des originalités de la France : son réseau de communes qui forme la première cellule de la vie démocratique. Donc nous allons, aussi bien en zone urbaine que rurale, poursuivre cette campagne et dans quelques semaines notre Conseil national, à partir de nos travaux du week-end, annoncera un dispositif de travail et de premières lignes d’actions politiques.
 
Cette campagne est-elle connectée aux mobilisations, qu’avec d’autres, vous avez menées contre les restrictions budgétaires imposées aux collectivités ? 
Patrice Bessac.
 La bataille pour les moyens des collectivités territoriales ne fait que commencer. Le programme de la droite promet près de 100 milliards d’euros d’économie sur le service public dont près d’un tiers imputé aux collectivités. C’est la double peine : après la politique désastreuse de François Hollande, la droite nous promet la même chose en pire. C’est donc un combat qui débute et qui, au-delà même des élus communistes et Front de gauche, devra s’ancrer dans tout le pays car à travers les moyens des communes c’est la question du devenir du service public local qui est posé.
 
Le congrès a également adopté deux adresses, l’une destinée aux élus, l’autre aux citoyens. Quels en sont les messages ?
Patrice Bessac.
 Le premier, et finalement le message le plus important, c’est la volonté de connecter l’action des élus communistes et partenaires à la démocratie locale, à la vie de nos concitoyens. Pour y parvenir, il faut rétablir de la confiance, aller au devant de nos compatriotes. C’est ce que les élus de l’Anecr ont voulu faire en disant qu’ils ne laisseront pas la France se donner à Marine Le Pen. Qu’ils entendent faire leur devoir et mettre en œuvre tous les actes qui permettront d’éviter la catastrophe annoncée que ce soit en 2017, en 2020 ou en  2022. Ce sont des élus debout qui étaient réunis en congrès ce week-end.

Évasion fiscale. Joseph Stiglitz: « Il faut une tolérance zéro envers le secret ! »

Invité à Bruxelles par la Commission d’enquête parlementaire sur les Panama Papers, le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz en appelle à une transformation radicale du système fiscal international qui dans son état actuel, sape, selon lui, les fondements mêmes de la société mondiale.
C’est peut-être parce qu’il a le même âge que Mick Jagger et qu’il en partage la célébrité, qu’on l’affuble souvent du surnom de rock star de l’économie. Sans doute aussi parce que, comme le chanteur de Satisfaction, le prix Nobel d’économie n’hésite pas à hausser la voix lorsqu’il s’agit de dénoncer les travers de l’ordre économique mondial. Il en a pourtant été à plusieurs reprises l’un des acteurs au plus haut niveau: entre autres, comme membre de l’administration Clinton, ou comme vice-président du FMI, ce qui ne l’empêchera pas de critiquer vivement cette institution.
En tous cas, le monde entier se l’arrache dès qu’il s’agit de donner un avis sur une question économique, et les députés européens n’ont pas résisté, eux non plus, à l’envie d’inviter le boss, pour l’entendre donner son avis sur le scandale des Panama Papers, et au delà, sur les moyens de lutter contre ce fléau mondial qu’est l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent.
Un fléau qui pour Joseph Stiglitz, n’est d’ailleurs pas uniquement économique, mais dont les effets pernicieux s’étendent à l’ensemble de la société - « car le blanchiment encourage la corruption », dit-il - et pas seulement au Panama, mais au niveau mondial.
« 80% de ce que révèlent les Panamas Papers ne se déroule pas au Panama, » explique le Prix Nobel pour qui, si les documents qui ont fuité sont bien « une mine d’or », ils ne constituent pourtant qu’une minuscule partie du gigantesque iceberg de l’évasion fiscale.
D’abord parce qu’il y a des centaines d’autres sociétés au Panama du même type que Mossack Fonseca ( le cabinet d’avocats par qui le scandale est arrivé ), mais aussi parce que, malgré les 214 000 sociétés offshore qu’elle abrite, c’est une des moins importantes du pays.
Quand on sait que sur la base des informations contenues dans les seuls Panama Papers, la France vient de lancer 560 contrôles fiscaux, on se met à rêver aux sommes cachées qu’il serait possible de débusquer si l’on avait accès aux coffres de toutes les sociétés qui se livrent au même business partout dans le monde.
« L’évasion fiscale, le blanchiment d’argent sapent les bases de la société mondiale, c’est le côté obscur de la mondialisation », explique Joseph Stiglitz, qui exhorte à s’attaquer de front à ce problème, sinon  « la confiance des citoyens sera définitivement sapée.»
Comment ?
L’économiste propose plusieurs pistes.
La première, c’est d’avoir une approche globale du secret fiscal, car si ce secret perdure dans un seul endroit, on ne pourra pas efficacement lutter contre. « Il faut une approche planétaire et une tolérance 0 », assure Joseph Stiglitz.
Trop complexe ? Trop difficile ?
« Quand on s’est attaqué au terrorisme, certains disaient la même chose, et pourtant on y est arrivé », répond-il, reconnaissant qu’en ce qui concerne le blanchiment, pour l’instant, « on a choisi de ne pas le faire. » C’est pour lui l’unique raison qui fait que l’évasion fiscale dure toujours et qu’elle se porte si bien.
Pourquoi ?
« Parce que ne sont pas seulement des sociétés offshore », qui se livrent au sport mondial de l’évasion fiscale, explique Joseph Stiglitz, « ce sont aussi les sociétés « onshore », aux Etats-Unis et en Europe.
C’est pourquoi, selon lui, c’est aujourd’hui d’abord aux Etats-Unis et à l’Europe de prendre la tête du combat mondial contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. L’administration américaine a commencé à le faire, explique-t-il, notamment en renforçant la surveillance des banques, mais ce n’est pas suffisant.
L'un des principaux objectifs, selon Joseph Stiglitz, doit être la création d'un registre public répertoriant les véritables propriétaires et bénéficiaires des sociétés de boîtes aux lettres, ce qui empêcherait les entreprises et les particuliers de soustraire leurs richesses à la surveillance des autorités fiscales et du public.
« Beaucoup de multinationales ont des centaines de filiales, explique-t-il. Pour quoi faire ? Quand on tombe sur des enchevêtrements de ce type, il y a un soupçon très net que c’est parce qu’elles veulent éviter de payer les impôts, » ajoutant : «  qui est derrière ces centaines de d’entreprises ? Quel en est le propriétaire ? Qui les a crées ? Pour quoi faire ? Il faut que les états créent un registre public de ces entreprises, ça n’existe nulle part. »
 
Joseph Stiglitz en appelle aussi à la fin de la concurrence fiscale entre les états. Pour lui, cette concurrence est destructrice et engendre des coûts sociaux énormes. Il tacle au passage l’Irlande pour avoir annoncé une augmentation de 26% de ses richesses tout en ayant un taux d’impôts pratiquement nul. Selon lui, une telle croissance est impossible, elle ne correspond à aucune activité économique réelle. Le soupçon pèse donc que ces ressources proviennent de l’évasion fiscale, sans rapporter d’impôts. « Mais c’est une fausse croissance, analyse Stiglitz. Lorsqu’il n’y a pas de recettes fiscales, on ne peut pas investir dans les infrastructures, les recherches technologiques, la formation, etc...Tous les investissements sont touchés. »
 
Comment faire pour convaincre les états de coopérer ?
Là encore, pour le Prix Nobel, d’économie, il faut en passer par des mesures coercitives. « La pression doit être mise sur les états qui ne voudraient pas coopérer, en leur disant que s’ils refusent, leurs banques ne seront plus autorisées à avoir de relations avec les banques des pays qui respectent les règles. » Il faut même, ajoute Stiglitz, refuser aux pays qui ne collaboreraient pas, l’accès aux marchés mondiaux. «  Le droit de commercer, c’est un privilège, pas un droit inconditionnel,» conclut-il.
 
Malgré l’énormité du combat à mener contre l’évasion fiscale, Joseph Stiglitz se veut malgré tout optimiste. Même si tous les pays n’y participent pas, il relève que les Etats-Unis et l’Europe commencent à s’y mettre. Compte tenu de l’arrivée de Trump au pouvoir, il demande cependant à l’Europe de s’apprêter aujourd’hui à assumer le rôle principal dans cette lutte, car « quand votre président est le chef de l’évasion, estime-t-il en parlant de Donald Trump, il est difficile d’avoir confiance dans la direction que va prendre le pays. »
Pour lui, le rôle des citoyens et des opinions publiques est décisif dans cette lutte. C’est pourquoi il en appelle à un véritable statut des lanceurs d’alerte. On en est loin aujourd’hui en Europe, malgré tous les débats autour de cette question.
Interrogé par le député européen, membre de Die Linke, Fabio De Masi ( Gauche unitaire européenne ), sur la façon dont les mesures fiscales pourraient aider l'Europe à surmonter ses problèmes économiques, Joseph Stiglitz a répondu que ces pratiques illicites que sont le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale « ne font rien moins que de mettre en péril l'avenir de l'Europe », car, a-t-il conclut, s’appuyant sur le mauvais exemple de l’Irlande, « s'il n'y a pas de recettes fiscales, on n’a pas de ressources pour faire les investissements dont le pays a besoin. »

dimanche 20 novembre 2016

Emmanuel Macron en marche... ses bus déjà en faillite

Vendue par l’ancien locataire de Bercy, désormais candidat à la présidentielle, comme la solution miracle à la mobilité et à la création d’emplois, la libéralisation des lignes de bus longue distance est un fiasco. Un marché où se livre une féroce guerre des prix au détriment des salariés et des usagers. 
Débutant dans l’exercice de candidat à une élection, Emmanuel Macron a mal choisi son moment pour se lancer dans la course à la présidentielle. Tandis qu’il se déclarait officiellement hier, la loi qui porte son nom s’apprêtait à accoucher d’un scandale social. Un groupe britannique, pesant 4 milliards de chiffre d’affaires et opérant en France pour le compte d’une start-up allemande via sa filiale Megabus dans le transport par car « libéralisé » par la loi Macron, va licencier ses 175 employés, non sans avoir « bénéficié des aides de l’État et évité de payer des impôts en France », accusent les salariés.
Derrière les phrases attrape-tout du candidat sur « la réconciliation de la liberté et du progrès », se dévoile le vrai visage de la « libéralisation » sauvage qu’Emmanuel Macron veut généraliser, après l’avoir expérimentée sur les autocars. Ce coup d’essai du « modèle » Macron, sur lequel le candidat s’est soudain fait pudiquement discret ces dernières semaines, a accouché d’un véritable fiasco : 1 400 embauches sur les 22 000 qu’il avait promises – un chiffre que l’ex-ministre a récemment qualifié de « fou » à la télévision – soit à peine 6 % de l’objectif. Et pour quel résultat ? Des lignes fermées moins d’un an après leur ouverture, une ultraconcentration du secteur à rebours du discours sur les soi-disant vertus de la « libre concurrence », et la guerre menée au service public ferroviaire.
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à peine candidat, déja sous le feu des critiques
La candidature de l’ancien ministre e l’économie a suscité de nombreuses réactions. « Macron, une candidature de plus pour le libéralisme. À quand une candidature unie de l’alternative à l’austérité ? Le temps presse. » a réagi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Au gouvernement, le premier ministre, Manuel Valls, ne s’est pas fait attendre pour réagir, affirmant qu’il faut « une expérience qui a été éprouvée par le temps » pour gouverner et « refuser les aventures individuelles », sans nommer directement son ancien ministre. Arnaud Montebourg dénigre quant à lui « le candidat des médias », qui doit encore « démontrer qu’il a des propositions pour transformer le pays ». Du côté des candidats à la primaire de la droite, les mots ne sont pas tendres non plus. Alain Juppé invite à « ne pas être naïf » face à un candidat qui se présente en « chevalier blanc », alors qu’il « a totalement cautionné la politique économique menée depuis 2012 », quand François Fillon a la « conviction » que « les Français ne confieront pas leur destin à quelqu’un qui n’a aucune expérience et surtout qui n’a rien démontré ».

samedi 19 novembre 2016

Primaire à droite. Sept mercenaires se défient pour mieux servir les nantis

Six hommes et une femme, jouant tous à  « plus à droite que moi tu meurs », sont à nouveaux réunis ce soir pour décliner ce qui leur sert de projet dans le cadre de l’élection primaire dont le premier tour à lieu dimanche prochain. Ce soir, France 2 les reçoit tous ensemble après leur avoir donné la parole à tour de rôle, quatre d’entre eux ayant même bénéficié de deux heures pleines d’échanges dans le cadre de « L’émission politique » du jeudi soir.
Ils sont sept mais leurs projets n’en font qu’un à quelques nuances près. En gros c’est austérité pour ceux qui vient de leur travail, encore plus de cadeaux pour les riches. Ainsi n’ont-ils pas avancé une idée, une seule, pour  freiner le réchauffement climatique alors que se termine la Cop 22 à Marrakech. Il est vrai que la question ne leur fut guère posée par les journalistes chargés de les questionner. En revanche, les sondages ont été nombreux pour tenter de savoir quels seraient les deux qualifiés du second tour. Les derniers chiffres en  provenance de l’Institut Elabe donnaient 34% des voix à Juppé, 30% à Sarkozy, 21% à Fillon et seulement 7% à Le Maire qui comptait exclusivement sur l’atout jeune pour faire la différence, avec ou sans cravate.
Sur ces sept candidats, six demandent la suppression de l’impôt sur la fortune. Ils le font à un moment où les salaires annuels des dirigeants d’entreprises explosent, accompagnés de bonus quand ils suppriment beaucoup d’emplois et délocalisent des productions afin d’accroître les profits. Voilà comment on « gagne » souvent plus de 10 millions d’euros par an. Afin que ces riches toujours plus riches puissent transmettre la totalité de leurs biens à leurs descendants en payant un minimum d’impôts, les sept candidats de la droite sont unanimes pour demander la baisse des droits de succession. Dans le même ordre d’idées, ils veulent tous que les gens de maison coûtent moins cher à leurs employeurs  en supprimant « les charges patronales pour les emplois à domicile » dit Le Maire ; en baissant « d’un milliard d’euros les cotisations patronales sur l’emploi à domicile dit Copé ; en supprimant  « toutes les charges sur les emplois à domicile  au niveau du SMIC «  dit Sarkozy; en allégeant « les cotisations  des particuliers employeurs pour un coût de 600 millions d’euros », dit Juppé. Hormis Jean-Frédéric Poisson, le moins connus d’entre tous, les autres veulent en finir avec les 35 heures de travail hebdomadaires. Mais ils sont sept sur sept à s’engager à « baisser les charges des entreprises » et « baisser les impôts sur les sociétés ». Ils sont aussi six sur sept à vouloir repousser l’âge de la retraite à 65 ans, Sarkozy réussissant à être le moins pire avec une étape à 63 ans en 2020 et une autre à 64 ans en 2025.

Prendre aux pauvres pour donner aux riches

Ils sont encore sept sur sept à vouloir « réduire le nombre de fonctionnaire » ; six sur sept à dire qu’il réduiront « la dépense  publique » ; six sur sept à vouloir « aligner le statut des fonctionnaires sur le régime général » ; sept sur sept à vouloir « augmenter le temps de travail dans la fonction publique » selon de recensement scrupuleux effectué par Le Figaro Magazine de la semaine dernière, sans doute soucieux de venir en aide à ses lecteurs au moment de voter dans le cadre ce cette primaire. Enfin, comme il faut que le plus grand nombre paie les cadeaux concédés aux plus riches, Juppé promet d’augmenter la TVA d’un point, Fillon et Copé veulent trois points d’un coup.
Cela s’appelle prendre aux pauvres pour donner aux riches. C’est aussi le plus sûr moyen de déboucher sur une récession économique comme celle qui touché la Grèce et d’autres pays de l’Union européenne ces dernières années. A ce propos, les résultats d’une étude de l’Office européen des statistiques publiée hier nous indique que 25 millions d’enfants, soit 26,9% âgés de 0 à 7ans, étaient menacés de pauvreté en 2015 dans les pays membres de l’Union européenne. Selon Eurostat, « cela signifie qu’ils vivaient dans des ménages affectés par au moins trois des conditions suivantes: en risque de pauvreté après les transferts sociaux, en situation de privation matérielle sévère ou vivant dans des ménages à très faible intensité de travail ». Les pays les plus impactés étaient la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, la Hongrie, l’Espagne et l’Italie qui sont aussi parmi les plus engagés dans la voie du dumping social. Ceux qui s’en sortent le moins mal sont la Suède, la Finlande, le Danemark, la Slovénie, les Pays Bas, la République Tchèque et l’Allemagne. La France, sans doute enfouie au milieu du peloton, n’était pas indiquée dans ce classement par la dépêche d’agence qui a transmis l’information. Mais avec ce que nous propose la droite on mesure ce qui  lui est réservé.
Hier aussi, il convenait de lire l’entretien accordé par le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT)  au quotidien Le Monde daté du même jour. Selon le britannique Guy Ryder, nouvellement réélu à la direction de l’OIT, « l’instauration de politiques d’austérité sévères, après la catastrophe de 2008, a généré de graves problèmes sociaux, eux-mêmes se traduisant par des évènements politiques comme le Brexit ou l’élection de Donald Trump aux Etats Unis (…) Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour mettre en garde contre les dangers de l’inégalité, mais les actes ne suivent pas. Ce qui se passe est très inquiétant et l’évolution du monde du travail y est pour quelque chose. Une personne sans emploi fixe, sans contrat de travail, ou qui n’a pas connu dévolution salariale, est une cible de choix pour les discours démagogiques. La meilleure manière de faire face aux dérives éventuellement autoritaires, antidémocratiques, est de prendre au sérieux la question sociale, de développer des politiques inclusives. Il faut occuper ce terrain plutôt que de le laisser à ceux qui proposent de fausses solutions» , affirme Guy Ryder dont l’analyse rejoint celle de Bernard Thibault, membre du conseil d’administration de l’OIT dans son livre intitulé La troisième guerre mondiale est sociale (1) .

vendredi 18 novembre 2016

Panama Papers. 560 contribuables français en « cellule de dégrisement fiscal »

Bercy confirme avoir lancé une vaste opération de contrôles fiscaux suite aux révélations du printemps dernier s’appuyant sur les Panama Papers.

L'administration fiscale a entrepris de vérifier la situation de 560 contribuables français sur la base des révélations des "Panama papers". C’est ce qu’a confirmé ce jeudi une porte-parole du ministère de l’Economie et des Finances, faisant suite à une information du Monde. Les opérations de contrôles, lancées à l'issue d'un travail de plusieurs mois destiné à examiner et recouper les données révélées par les Panama papers, ont "commencé", a-t-il été précisé. Ces vérifications devraient s'étaler sur plusieurs mois. Les 560 contribuables sont soupçonnés d'avoir dissimulé de l'argent dans des paradis fiscaux, notamment les Bahamas et les îles Vierges britanniques, via des sociétés-écrans mises en place par le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. Selon Bercy, 724 autres contribuables auraient eu recours à ce cabinet pour échapper au fisc. Mais ces dossiers avaient déjà été repérés par le service de traitement des déclarations rectificatives, et sont en cours de régularisation.

Le cabinet d'avocats Mossack Fonseca s'est retrouvé au coeur de la tourmente en avril, avec la publication par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) de 11,5 millions de documents issus de ses archives. Une « fuite » qui serait dû à un lanceur d’alerte anonyme. Ces derniers ont révélé les détails financiers de près de 214.000 comptes ouverts dans des paradis fiscaux, notamment par des sportifs, des personnalités politiques ou du monde des affaires. Parmi les noms dont il a été fait écho dans la presse à l’époque des révélations, l’on trouvait l'ancien ministre délégué au Budget accusé de fraude fiscale, Jérôme Cahuzac, le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, Arnaud Claude, l'associé de Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, associé du fond luxembourgeois LSK , l'homme d'affaires franco-israélien Patrick Drahi, patron d'Altice et propriétaire de SFR, de Libération et de L'Express, Jean Marie Le Pen et plusieurs de ses proches, l'éditeur Jacques Glénat, Jean-Noël Guérini, ancien président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, sénateur des Bouches-du-Rhône, Cécilia Attias, ex-épouse de l'ancien président Nicolas Sarkozy et son époux , l’homme d’affaires Richard Attias. Selon le journal belge Le Soir, Waldemar Kita, le président du FC Nantes serait lui aussi concerné. Pour récupérer ces documents, plusieurs pays, comme le Danemark, ont accepté de payer une source anonyme. La France, qui ne peut rémunérer à l'heure actuelle ses informateurs, a choisi de s’appuyer sur la coopération fiscale avec des pays tiers.

Déjà 47.800 demandes de régularisation, portant sur 29,4 milliards d'euros d'avoirs

D'après le Canard enchaîné daté de mercredi, Bercy a ainsi refusé en 2015 d'acquérir un fichier d'un millier de sociétés offshores détenues par des clients de Mossack Fonseca: son détenteur réclamait en échange près d'un million d'euros. "C'est contraire à nos pratiques", souligne-t-on au ministère, qui met en exergue les "bons résultats" en terme de lutte contre la fraude fiscale obtenus grâce au mécanisme du Service de traitement des déclarations rectificatives. Ce dispositif, parfois qualifié de "cellule de dégrisement fiscal", a été mis en place en 2013 pour permettre aux contribuables possédant un compte à l'étranger non déclaré de régulariser d’eux-mêmes leur situation. Fin octobre, cette cellule avait enregistré près de 47.800 demandes de régularisation, portant sur 29,4 milliards d'euros d'avoirs. Le montant des droits et pénalités encaissés était lui de 6,7 milliards d'euros. Selon le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, les 724 dossiers liés au Panama déjà traités par le STDR ont porté sur près de 4 milliards d'avoirs. Ils ont permis à l'Etat de percevoir 1,2 milliard d'euros d'impôts et de pénalités.

Outre la France, plusieurs pays ont rendu public ces dernières semaines le nombre de procédures fiscales lancées par leur administration sur la base des révélations des Panama papers. Le Danemark a indiqué fin septembre travailler sur quelque 320 dossiers, impliquant entre 500 à 600 contribuables. Le fisc islandais a dit pour sa part avoir ouvert des enquêtes pour évasion fiscale contre 108 contribuables.

jeudi 17 novembre 2016

Candidature d'Emmanuel Macron : Réaction d'Olivier Dartigolles

En déclarant sa candidature à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron, cet enfant gâté du patronat, du quinquennat et des médias, aimerait incarner, contre le statut quo, un avenir de progrès. Mais Emmanuel Macron n'est pas un perdreau de l'année. Il a été, comme conseiller du candidat Hollande puis secrétaire général de l'Elysée et ministre de l’Économie, l'un des piliers des politiques désastreuses menées depuis le printemps 2012. Il n'a pas uniquement "vu de l'intérieur" le système. Il est un acteur de ce système et le restera pour, lors de la prochaine présidentielle, défendre les intérêts d'une classe, d'un camp et d'un clan.
Des premières trahisons du quinquennat à la loi El Khomri, du CICE à la loi qui porte son nom, Emmanuel Macron a déjà des états de services qui en disent long sur la nature de son projet politique. Il parle "d'émancipation des personnes et de la société" après avoir tant œuvré à la précarité généralisée. Il veut "protéger les plus faibles" après avoir contribué à l'explosion des inégalités et du chômage. Il parle d'enjeux écologistes et énergétiques après avoir sacrifié le service ferroviaire public pour des les "bus Macron". Il parle des jeunes après leur avoir taillé un beau costard...
Macron, avec d'autres, prennent place dans le paysage présidentiel pour dévoyer les aspirations populaires au changement. Que les forces de gauche, de l'écologie, du progrès social et démocratique, alternatives à l'austérité, au libéralisme et au quinquennat Hollande, se rassemblent enfin sur l'essentiel. Qu'elles convergent vite pour reconstruire une espérance collective pour la France et la gauche. 

Olivier Dartigolles, Porte-parole du PCF