Appel

samedi 14 janvier 2017

Primaire du PS : un premier débat à fleuret moucheté

Pour le premier des trois débats télévisés qui rythmeront la primaire du PS d’ici le premier tour le 22 janvier, les sept candidats ont évité la confrontation directe, portant sur le quinquennat finissant une critique mesurée. 
Sur le plateau de télévision, pas trop de heurts, pas de règlement de compte cinglant, notamment à l’encontre de celui qui incarnait à lui seul la quintessence du quinquennat, l’ex Premier ministre Manuel Valls. Il en fut autrement dans les QG improvisés des soutiens aux sept candidats à la primaire du PS, où Manuel Valls fut copieusement hué par les partisans de Hamon ou Montebourg. Durant deux heures et demie sur TF1 et RTL, pour ce premier débat -deux suivront, dimanche soir et jeudi prochain- ils se sont rarement interpellés, chacun avançant son programme avec l'objectif commun d'empêcher que le second tour de l'élection présidentielle oppose la droite "brutale" de François Fillon, à l'extrême droite.
 
Des oppositions, il y en eut pourtant. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg se sont engagés à abroger la loi travail, adoptée sans vote l'an dernier via la procédure de l'article 49-3 de la Constitution. Manuel Valls a quant à lui confirmé sa volonté de prolonger la politique menée lorsqu'il était premier ministre, en promettant d’ »aller plus loin, non pas de changer de cap ». Vincent Peillon, mezza voce, a critiqué le pacte de responsabilité et le CICE, reconnaissant que le million d’emploi attendu « n’est pas venu ». Il entend néanmoins le maintenir, « avec contreparties » cette fois. Pas de critique virulente du quinquennat, au point que Manuel Valls put dire « je n’ai pas d’adversaire ici » sans être contredit. Benoît Hamon a critiqué la tentative, soutenue par l'ancien Premier ministre, d'étendre la déchéance de nationalité, jugeant que "cette mesure a heurté des millions de compatriotes ». Le bilan du quinquennat finissant de François Hollande a été résumé en quelques mots en début d’émission, - "un sentiment d'inachevé" pour Benoît Hamon, des "avancées" mais un échec sur le chômage pour Arnaud Montebourg - à l'exception de Manuel Valls, qui a dit sa « fierté d'avoir servi les Français dans une période très difficile ». 
 
Benoît Hamon put ainsi rendre évidente une interpellation de tous les candidats sur le revenu universel, question imposée dans le débat à gauche désormais, tandis qu'Arnaud Montebourg a promis de taxer les banques de 5 milliards d'euros par an et de contester l'objectif européen de limiter le déficit à 3% du PIB, "une règle absurde".
 
Pour éviter l'élimination de la gauche au premier tour de la présidentielle, les candidats ont dit leur volonté de discuter avec Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Emmanuel Macron (En Marche !) pour se rassembler, mais refusé de dire s'ils s'effaceraient derrière l'un ou l'autre de ces concurrents qui pour l’instant les devancent dans les différents sondages effectués. Pour l'emporter, "il faut que la gauche se retrouve", a plaidé pour sa part Arnaud Montebourg, invitant les déçus du quinquennat de François Hollande à voter pour lui.
 
Soulignant que "gouverner, c'est difficile", Manuel Valls a mis en avant son expérience, tandis que l'ex-ministre Vincent Peillon s'est affiché comme le point d'équilibre de la gauche. Quelque peu isolés dans cette primaire qui avait été initialement taillée pour François Hollande, les candidats non issus du PS ont cherché à occuper un positionnement identifiable. La candidate du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, a défendu les entreprises, l'écologiste François de Rugy a mis en garde contre les promesses non financées, et Jean-Luc Bennahmias, du parti Front démocrate, a mis en avant « l'intérêt général », moqué toute la soirée sur Twitter. Il a paru en effet découvrir dans la bouche de la journaliste qui le questionnait sa proposition de constituer un corps de vigiles privés... qui figure sur son site internet.

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