
Mais face au scandale, Éric Besson ne lâche rien. Lors de sa conférence de presse de rentrée, mercredi, le ministre de l’Immigration a annoncé un recensement précis du nombre de mineurs étrangers maintenus en rétention. Les derniers chiffres remontent à 2007. Un rapport de la Cimade comptabilisait alors 242 mineurs enfermés dans les CRA durant l’année. « Depuis le 16 août, selon le ministre, 15 mineurs sont passés par les centres de rétention administrative de France métropolitaine. Je m’engage à rendre public ce chiffre, en toute transparence, à intervalles réguliers. » Ultime argument avancé par le ministre : les centres de rétention ont été créés par François Mitterrand et Pierre Mauroy en 1981 et le décret autorisant l’enfermement des enfants a été signé par Lionel Jospin, Daniel Vaillant, Laurent Fabius, Élisabeth Guigou et Marylise Lebranchu…
Enfin, Éric Besson botte en touche sur la responsabilité de l’État, assurant que ce sont les parents qui font le choix de garder près d’eux leurs enfants : « Les parents sont libres de choisir d’amener ou pas leur enfants dans un centre de rétention ou de les confier à l’extérieur. » Un argument qui fait bondir RESF : « La "liberté" qu’accorde M. Besson aux parents de faire enfermer leurs enfants avec eux ou de les "confier à l’extérieur" (À qui ? À l’Assistance publique ?) est une imbécillité ou une monstruosité. (…) M. Besson s’imagine-t-il que c’est quand la police débarque à 7 heures du matin, arrache les enfants du lit, menotte les parents, qu’on a la "liberté" d’abandonner ses enfants ? »
Mi-août, la défenseure des enfants s’était émue du sort de ces mineurs étrangers enfermés. Plutôt que leur placement en rétention, Dominique Versini préconise l’assignation à résidence des familles avec enfants visées par un arrêté de reconduite à la frontière. Elle avait alors rappelé que l’article 37 de la Convention internationale des droits de l’enfant demande que « nul enfant ne soit privé de liberté de façon illégale ou arbitraire : l’arrestation, la détention ou l’emprisonnement d’un enfant doit être en conformité avec la loi, être qu’une mesure de dernier ressort et être d’une durée aussi brève que possible ».
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