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jeudi 1 juin 2017

André Chassaigne. "Je crois, à une aspiration essentielle : l’exigence de remettre l’économie au service des besoins humains"

En tête des plus assidus, André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme et candidat aux législatives, qui enregistre 260 présences en commission, 1 600 amendements et 11 rapports rédigés. Photo : Joël Saget/AFP
 au député André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et Président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l'Assemblée qui a adressé la sienne en retour. 
Je tiens tout d’abord à remercier . Les propositions formulées sur le thème de l’emploi sont intéressantes et constituent pour nous une source d’inspiration.
 
Parmi les nombreux sujets abordés, je remarque que plusieurs préoccupations essentielles ressortent, comme la nécessité de partager le temps de travail, de lutter contre la précarisation des emplois, d’inventer un nouveau modèle de croissance, de sortir de la financiarisation à outrance de l’économie, d’aller vers une harmonisation sociale en Europe. Elles répondent, je crois, à une aspiration essentielle : l’exigence de remettre l’économie au service des besoins humains.
 
Nombre de vos propositions font écho à des combats que les députés du Front de gauche ont portés en matière sociale lors de la législature qui s’achève. Notre bilan d’activité en témoigne. J’en citerai quelques-unes : l’abrogation de la loi travail et de la loi Macron, la réduction du temps de travail, la lutte contre le développement des emplois précaires, la sécurité sociale professionnelle, l’encadrement du temps partiel subi qui précarise les femmes, la création de nouveaux pouvoirs pour les élus du personnel, le droit à la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires et l’encadrement des rémunérations des dirigeants, l’interdiction des licenciements boursiers…
 
Sur tous ces sujets, les députés du Front de gauche ont eu la volonté constante d’être les porte-voix des préoccupations du monde du travail en mettant au débat des amendements, des propositions de loi, mais aussi en relayant les luttes sociales et syndicales.
 
Par ailleurs, je note qu’un certain nombre de vos contributions porte sur des enjeux de plus long terme mais au combien essentiels. Elles formulent des orientations pour un nouveau modèle de croissance et dessinent les conquêtes sociales de demain.
 
Plusieurs d’entre vous ont ainsi souligné la nécessité d’engager une transition écologique dans le domaine de l’énergie, des transports et de l’agriculture tout comme l’urgence d’investir dans les services publics (santé, éducation, transport, poste, police de proximité). Ces mesures, qui me paraissent primordiales, pourraient aussi constituer les grandes orientations d’une stratégie industrielle ambitieuse. En plus d’apporter des réponses aux nombreux défis écologiques et sociaux, elles permettraient de créer des milliers d’emplois et de lutter contre le chômage endémique que connaît notre pays.
 
Parallèlement, je crois fortement à l’importance du secteur de l’économie sociale et solidaire pour développer des solutions économiques d’avenir pour nos territoires. Je retiens que plusieurs contributions évoquent cette piste en proposant de soutenir financièrement les associations et en privilégiant la création des coopératives. Il s’agit là d’un enjeu essentiel, tout comme la reconnaissance du droit de préemption pour les salariés, qui en est un levier important.
 
Enfin, la question du revenu universel est également évoquée par plusieurs d’entre vous. Certes, il s’agit d’une idée intéressante, mais elle nécessite d’être largement débattue au regard de son contenu, de son rôle et de son ambition. Cette proposition a néanmoins le mérite de poser le débat sur la place du travail dans notre société et des mutations du monde du travail. C’est pourquoi il est indispensable d’anticiper ces mutations en accordant de nouveaux droits sociaux aux travailleurs : des garanties en termes de continuité du salaire, des droits à la formation tout au long de la vie, des protections contre les licenciements, une allocation d’études et d’autonomie pour aider les jeunes à trouver leur place dans le monde du travail.
 
C’est tout le sens de la proposition de loi que nous avons déposée, avec mes collègues députés du Front de gauche, visant à apporter une sécurité de l’emploi et de la formation.
 
Loin d’être dans une opposition archaïque dans laquelle certains tentent de nous enfermer, les députés du Front de gauche ont toujours été et seront toujours porteurs de politiques de transformation sociale ambitieuses.
 
C’est tout l’intérêt de disposer d’un groupe de députés progressistes à l’Assemblée nationale pour lutter contre les régressions sociales qui s’annoncent.
 
André Chassaigne,
député du Puy-de-Dôme et Président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine

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