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jeudi 27 avril 2017

Nouvelles agressions militaires de la Turquie contre les forces kurdes

Ceux qui escomptaient un apaisement après la victoire étriquée et frauduleuse du OUI au référendum du 16 avril en Turquie en sont pour leurs frais.
Le président R.T. Erdogan, qui ne connaît que la crise perpétuelle et la radicalisation comme mode de gouvernement, a lancé une opération aérienne contre les Kurdes de Syrie. Le quartier général des Unités de Protection du Peuple (YPG) a été bombardé faisant 28 morts et 19 blessés parmi les combattant-e-s.
Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière commise par Ankara contre les forces engagées contre l'organisation de l’État islamique (EI) à Raqqa.
Au même moment, une offensive de l'armée turque a frappé les Kurdes yézidis dans le Sinjar (Irak), victimes en août 2014 d’une tentative de génocide par l’EI. Six membres des forces de sécurité kurdes irakiennes ont également trouvé la mort.
Après le camouflet du référendum, R.T. Erdogan se crispe à nouveau pour devenir encore plus agressif et oppressif. La France et l’Union européenne doivent condamner ces attaques, et faire en sorte d'isoler cette politique dangereuse pour l’ensemble du Moyen Orient.
Le Parti communiste français exprime sa solidarité totale avec tous les Kurdes engagés contre les groupes djihadistes, et qui œuvrent pour faire prévaloir la démocratie et la paix. Les forces progressistes doivent s’unir pour clamer : #StopErdogan !

mercredi 26 avril 2017

230 circonscriptions gagnables pour la gauche (hors PS)

C'est ce qui découle d'une analyse des résultats de Jean-Luc Mélenchon. Dans 212 circonscriptions, il arrive en tête ou second du premier tour des élections présidentielles. Imaginez maintenant le PCF et la France Insoumise unis pour gagner des centaines de députés face à Macron où Le Pen 

Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête ou second dans 230 circonscriptions de France et d'Outre-Mer. Doit-on laisser être divisé pour une question de charte ? doit-on laisser l'Assemblée nationale aux mains des libéraux et réactionnaires ?

Voir la liste de ces dernières en pièce jointe
  Présidentielle.xls  (40.5 Ko)

 

Législatives: le secrétaire national du PCF lance un "appel" à La France insoumise pour "des candidatures de rassemblement" car "le temps presse"

Le secrétaire national du parti communiste Pierre Laurent a lancé mardi un "appel" à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour "des candidatures de  rassemblement" dans le plus possible de circonscriptions, car "le temps presse" avant les législatives.
M. Laurent a lancé "un appel, notamment à La France insoumise dont je ne comprends pas le silence à nos appels à la discussion commune pour les législatives depuis dimanche", lors d'une conférence de presse à la veille du conseil national du PCF.
"Je n'ai pas d'explication au silence de LFI, chaque jour qui passe devrait être du temps utile", a-t-il regretté.
Dimanche au premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a réuni 19,6% des voix, un score qui n'a pas suffi à le qualifier pour le second tour. Il ne s'est pas exprimé depuis.
Pour Pierre Laurent, ce chiffre important crée "une situation nouvelle" car, sur les 577 circonscriptions, il y en a 212 où "la totalité des voix de gauche et écologistes qui se sont portées sur les candidatures de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et des candidats d'extrême gauche devancent (celles obtenues par) Emmanuel Macron et Marine Le Pen", les deux qualifiés, ainsi que la droite.
Le responsable communiste a également souligné que "dans 210 circonscriptions, ce sont des candidats du FN qui menacent d'être élus", obligeant selon lui la gauche anti-libérale à se rassembler.
"La reconquête engagée le 23 avril peut se poursuivre mais à une condition: que les forces qui ont permis ensemble le score de Jean-Luc Mélenchon envoient un signal fort de mise en commun de leurs forces dans cette nouvelle bataille" des législatives. "Ensemble, nous pouvons gagner des dizaines et des dizaines de circonscriptions, séparés, nous n'en gagnerons qu'une poignée", a-t-il diagnostiqué.
Les déclarations de candidatures doivent être déposées entre le 15 et le 19 mai.
Des discussions compliquées avaient commencé cet hiver entre La France insoumise, le PCF et Ensemble, sur les législatives. Discussions très vite suspendues et qui avaient finalement été gelées dans l'attente du résultat de la présidentielle, alors que M. Mélenchon était en pleine dynamique.
Parmi les points de désaccords, la volonté de La France insoumise de contraindre les candidats à utiliser sa charte graphique, à une obligation de vote une fois élus, et au rattachement à son association de financement. Côté communiste, on avait insisté pour que les sept députés sortants se représentent, et que les sièges perdus de peu en 2012 soient réservés au PCF.

mardi 25 avril 2017

Election Présidentielle : tous les résultats par ville et par département

Toute l’actualité du 24 avril 2017 converge sur les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle 2017.
Cidefil met à votre disposition les résultats des 35.503.471 suffrages exprimés, hors Français de l’étranger, donnés par le ministère de l’Intérieur, ainsi que les UNES des quotidiens nationaux et internationaux :
Emmanuel Macron 23, 75 % Marine Le Pen 21,53% François Fillon 19,91% Jean-Luc Mélenchon 19,64% Benoit Hamon 6,4 % Nicolas Dupont-Aignan 4,75% Jean Lassalle 1,22% Philippe Poutou 1,10% (...)
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lundi 24 avril 2017

ELECTION PRESIDENTIELLE – 1er tour 23 avril 201





Déclaration du Parti communiste français


 Le second tour de l'élection présidentielle opposera la candidate de l’extrême-droite raciste et xénophobe, Marine Le Pen, à Emmanuel Macron, candidat que les milieux financiers se sont choisi pour amplifier les politiques libérales dont notre pays souffre depuis 40 ans.

C'est une situation extrêmement grave pour notre pays. L'extrême-droit est au second tour et la gauche est éliminée. Pourtant, pour la première fois depuis des décennies, des millions de
citoyen-e-s, qui aspirent à la transformation sociale, ont presque réussi à hisser leur candidat Jean-Luc Mélenchon au second tour. Tous ceux qui ont été trahis par les politiques menées par Hollande et Valls et se sont mobilisés pour la présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour éprouvent ce soir des sentiments mêlés et contradictoires. A l'heure où nous nous exprimons et au vu des premiers résultats à notre disposition, nous leur disons que les près de 20 % obtenus par Jean-Luc Mélenchon lèvent un espoir nouveau pour l'avenir, pour réinventer la gauche nouvelle qu’attend notre pays, pour déverrouiller le système politique et la démocratie. C'est un score remarquable et inédit pour un candidat de transformation sociale depuis 1981.

Le combat continue pour ces millions de jeunes, de femmes et d’hommes qui aspirent à une nouvelle société  débarrassée des logiques de rentabilité, à une véritable politique de gauche, de justice  et de progrès social tournant le dos à l’austérité, au chômage et à la précarité.

Nous entrons dans une période totalement nouvelle et inédite de l’histoire politique de notre pays. Même si elle est dévoyée par les pièges de la présidentialisation, la secousse est forte : les deux partis, le Parti socialiste et les Républicains, qui ont dominé la vie politique française depuis 40 ans, sont éliminés au soir du premier tour.

L’aspiration au changement, à un nouveau choix de société, continuera de pousser inexorablement. La mobilisation de la jeunesse et des quartiers populaires est une promesse pour l'avenir.

C'est pour nous la leçon essentielle de cette campagne : rien n’est plus urgent que de continuer à ouvrir à ces nouvelles aspirations, à une véritable démocratie citoyenne, les voies de leur  rassemblement pour construire une nouvelle République sociale, écologique, solidaire, respectueuse de la diversité et des attentes de notre peuple.

Ce combat, le Parti communiste entend le poursuivre avec toutes les forces politiques, sociales et   citoyennes disponibles. Nous avons des atouts inédits pour cela.

Nous saluons la campagne de Jean-Luc Mélenchon, tous les militants communistes, du Front de gauche, de la France insoumise, les élus communistes et Front de Gauche, les citoyens qui s'y sont investis et qui ont voté. Ce résultat est le leur.

L’engagement de notre parti, de ses militantes et militants, des élu-e-s communistes et républicains  dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon a permis des rassemblements prometteurs. Jean-Luc Mélenchon obtient de très bons résultats dans les villes, les cantons, les circonscriptions où le Parti communiste est bien implanté et dispose d'un réseau important de militant-e-s et d'élu-e-s .


Le résultat de Jean-Luc Mélenchon marque un désir profond  de changement  vers plus d'honnêteté en politique, de justice sociale, de solidarité, de démocratie réelle, de paix et de respect de l'environnement.

C'est une nouvelle page de la gauche française qui a commencé à s’écrire dans cette campagne. La gauche  change d’époque. Le Parti communiste est totalement investi dans cette réinvention, avec son projet, La France en commun, et entièrement tourné vers les défis du XXIè siècle.

Dans l'immédiat, conscients des immenses batailles qui sont à venir et des responsabilités qui incombent à notre parti, nous appelons le 7 mai, lors du second tour de l'élection présidentielle, à barrer la route de la Présidence de la République à Marine Le Pen, à son clan et à la menace que constitue le Front national pour la démocratie, la République et la paix, en utilisant le seul bulletin de vote qui lui sera malheureusement opposé  pour le faire.

Marine Le Pen veut une société de haine, du rejet de l'autre, du racisme et de la xénophobie, une société qui divisera ceux qui ont des intérêts communs au profit de son clan et des puissances d’argent, qui substituera aux principes fondamentaux d’égalité et de fraternité dans la République des principes de discrimination entre Français, entre ceux qui vivent et travaillent dans notre pays selon leur origine et leur nationalité. Nous n’en voulons pas. 

Marine Le Pen veut un monde dangereux où toutes les aventures guerrières deviendraient possibles, où toutes les rivalités nationalistes seraient encouragées. Avec Donald Trump, Vladimir Poutine, Bachar El Assad, et les extrêmes droites européennes comme alliés, elle menacerait la sécurité du monde si elle présidait la France, un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Nous ne le voulons pas.

Nous avons le devoir, pour aujourd’hui comme pour les générations futures, d'empêcher son accession à la Présidence de la République, qui signifierait la prise en main par l'extrême-droite de tous les instruments d’État.

Notre appel pour le 7 mai n’est évidemment en aucun cas un soutien au programme libéral anti-social d’Emmanuel Macron, que nous avons combattu quand il était ministre et que nous combattrons demain sans concession, chaque fois qu’il portera atteinte  au  monde du travail, à ses droits, à nos services publics.

Nous appelons, dans le respect des appels qui seront lancés le 1er mai par les organisations syndicales, à faire de cette grande journée sociale du 1er mai un  moment de lutte et de mobilisation sociale contre l’extrême-droite, pour la paix, la démocratie et le progrès social.

Face à un tel second tour de l’élection présidentielle, les élections législatives des 11 et 18 juin prennent désormais une importance cruciale. Les citoyen-nes qui ont porté à un haut niveau l'élan de la transformation sociale avec le vote pour Jean-Luc Mélenchon, doivent maintenant transformer l'essai lors des prochaines élections législatives. L'Assemblée nationale peut devenir un contre-pouvoir à la politique qui sera conduite à la suite du résultat du second tour de l'élection présidentielle le 7 mai prochain.

Fort du résultat obtenu ce dimanche, nous pouvons élire un grand nombre de députés honnêtes, proches de vous,  fidèles aux intérêts populaires, comme l’ont été les députés communistes pendant 5 ans, notamment  contre les lois Macron ou El Khomri. Des députés qui résisteront à la droite et à l’extrême-droite, qui ne s’allieront pas  avec les députés macronistes pour voter des lois anti-sociales.  Des députés porteurs de résistance et d'espoir face aux appétits de la finance et contre la haine et les divisions.


Les communistes sont déjà pleinement investis dans cette bataille législative que nous savions essentielle depuis le premier jour, à l’égal de l’élection présidentielle.  Le PCF présente et soutient une nouvelle génération de candidat-e-s à parité pour faire  entrer le peuple à l’Assemblée nationale.

Dès ce soir, et dans les quarante-huit heures qui viennent, le Parti communiste appelle les forces de gauche et de progrès, les équipes de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, toutes les forces engagées dans la campagne, celles de Benoît Hamon, des socialistes et des écologistes, des femmes et des hommes désireux de reconstruire une gauche de combat et de transformation sociale et à se réunir, à débattre publiquement et préparer ensemble les échéances décisives à venir, celles du second tour de l'élection présidentielle, du 1er mai, et celles des élections législatives des 11 et 18 juin.

Pour sa part, le PCF s’engage sans attendre dans toutes ces mobilisations.

dimanche 23 avril 2017

A l'attention des indécis et abstentionnistes, quatre arguments pour le vote Jean-Luc Mélenchon

1.
Allez voter ! Si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique, elle, s'occupe de vous.
2.
Une chance historique pour la gauche de transformation est à portée de main avec la qualification de Jean-Luc Mélenchon pour le second tour, sa victoire le 7 mai puis celle d'une majorité de gauche anti-austérité, pour la relance sociale, la transition écologique et le renouveau démocratique. On a tant attendu ce moment là, ne passons pas à côté.
3.
Le vote Mélenchon est le plus efficace face à Marine Le Pen. C'est le vote le plus clair sur la question sociale. Quand une espérance de gauche et de progrès social se lève, l'extrême droite est en grande difficulté et ne peut plus prospérer sur les haines et lespeurs. C'est pourquoi Marine Le Pen termine sa campagne sur le vieux fond de commerce du FN.
4.
L'élection de Jean-Luc Mélenchon pourra trouver son prolongement lors des élections législatives avec une majorité parlementaire pour voter les lois dont nous avons besoin pour nos vies.

samedi 22 avril 2017

Votons Mélenchon !

Les amis, pour une société plus juste, pour des conditions de vie plus que décentes, pour de véritables avancées sociales, pour une 6e République qui donne la parole et les moyens d'agir au peuple... bref pour améliorer notre quotidien, un seul bulletin de vote dimanche, celui de Jean-Luc Mélenchon !

Comité de campagne


Comité de campagne pour les législatives : dernières analyses sur la situation avant le premier tour des présidentielles et perspectives communistes pour la suite !
Photos d'Alain Pianetta

Référendum Turquie : « Une prétendue victoire électorale mais une réelle défaite politique cinglante »

vendredi 21 avril 2017

Au Parlement européen, les votes méprisants du FN et de Marine Le Pen à l’égard des travailleurs

Dans le cadre de la campagne présidentielle, le Front national et sa candidate Marine Le Pen cherchent à labourer les terres de la gauche en se posant en défenseurs des travailleurs et des protections sociales. Pendant ce temps, au Parlement européen, les eurodéputés frontistes montrent un tout autre visage : ils se désintéressent des accords de libre-échange et de leurs conséquences, refusent de lutter contre les délocalisations, soutiennent le « secret des affaires » qui protège les multinationales, s’opposent à l’égalité femmes-hommes au travail, freinent la prévention des cancers professionnels ou la lutte contre l’évasion fiscale. Les votes des députés d’extrême-droite démontrent qu’ils ne se préoccupent pas des intérêts des travailleurs, et ne souhaitent pas une société moins injuste.
L’affaire des « faux » assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, qui valent aujourd’hui à Marine Le Pen une demande de levée de son immunité parlementaire, a mis en lumière combien le parti d’extrême-droite a su profiter matériellement de sa présence à Bruxelles et à Strasbourg. Avec une vingtaine de sièges d’eurodéputés remportés en 2014, le FN a mis la main sur une manne qui lui a permis de rémunérer élus et permanents. Mais qu’en a-t-il fait politiquement ?
Dans sa campagne électorale, le Front national et sa candidate Marine Le Pen cherchent à attirer le vote des travailleurs et des déçus de la gauche, en s’appropriant certains symboles comme la retraite à 60 ans. Ils ne cessent de dénoncer les délocalisations, la finance et les lobbys. L’Union européenne et la monnaie unique sont présentées comme la source exclusive de tous nos maux économiques et sociaux. Voilà pour les grands discours frontistes.
L’historique des votes des eurodéputés FN au Parlement européen raconte une toute autre histoire. Qu’il s’agisse de libre-échange, d’améliorer la sécurité des travailleurs, d’égalité professionnelle, de secret des affaires ou de droits syndicaux, les parlementaires frontistes ratent rarement une occasion de démontrer leur dédain total pour les travailleurs et leurs intérêts. Ils se montrent particulièrement actifs pour saborder les modestes efforts des parlementaires de Bruxelles pour promouvoir une Europe plus sociale. Le bilan des élus frontistes au Parlement européen met en lumière le vrai visage économique et social de l’extrême-droite : le mépris pour les salariés, français et étrangers.

Accords de libre-échange : le FN s’en moque

Premier constat : sur les grands sujets que la candidate Marine Le Pen met en avant en France pour dénoncer l’Europe et ses « diktats », comme la directive travailleurs détachés ou les accords de libre-échange type Tafta ou Ceta, les eurodéputés frontistes ne paraissent pas franchement mobilisés. Entre les discours fervents à destination des électeurs français et la réalité des votes au Parlement, c’est parfois le grand écart. Déjà, en avril 2014, lors de la précédente législature, Marine Le Pen avait choisi de s’abstenir, plutôt que de voter contre la directive sur les travailleurs détachés, malgré ses critiques virulentes contre ladite directive en France. En mars 2016, à nouveau, l’eurodéputé LR Jérôme Lavrilleux a publiquement dénoncé l’absence de l’ensemble des frontistes lors d’un débat au Parlement sur les travailleurs détachés.
Même observation en ce qui concerne les accords de libre-échange. Le 28 mai 2015, la commission « Commerce international » – dont Marine Le Pen est membre titulaire – se prononce sur le projet d’accord de libre-échange transatlantique, ce fameux Tafta que la patronne du FN ne cesse de pourfendre dans ces discours. Mais elle n’a pas jugé bon de faire le déplacement. Ni d’ailleurs son suppléant d’alors, Aymeric Chauprade. Bis repetita en janvier 2017, lorsque la commission Commerce international est saisie de l’accord de commerce entre Europe et Canada, le Ceta, qui contient les mêmes dispositions controversées que le Tafta. Marine Le Pen avait visiblement mieux à faire. Pendant ce temps, organisations non gouvernementales, mouvements sociaux et eurodéputés de gauche et écologistes se mobilisaient.

Lutter contre les délocalisations : Marine Le Pen s’y refuse

Toujours dans le domaine commercial, une importante bataille se livre en mai 2016 au sujet de la Chine. La Commission aussi bien que le Conseil européen envisagent alors d’accorder à la Chine le statut d’économie de marché. Cela aurait davantage ouvert les portes des marchés européens aux produits chinois, à un moment où de nombreux secteurs industriels souffrent de la concurrence chinoise et de son dumping social. Les eurodéputés votent finalement une résolution appelant la Commission à refuser à la Chine ce statut d’économie de marché. Les parlementaires frontistes se sont abstenus...
C’est encore pire en ce qui concerne les délocalisations industrielles, un autre cheval de bataille du parti d’extrême-droite en France. En octobre dernier, suite à l’annonce de la fermeture d’une usine Caterpillar en Belgique et à la menace de fermeture de l’usine Alstom de Belfort, le Parlement européen adopte une résolution sur la lutte contre la désindustrialisation en Europe. Cette fois, les eurodéputés frontistes votent carrément contre, à l’exception de Florian Philippot.

Le « secret des affaires » protégeant les multinationales : le FN vote pour

L’un des votes qui a le plus été reproché aux eurodéputés frontistes est leur soutien à la directive « secret des affaires », adoptée par le Parlement européen au printemps 2016 malgré une campagne virulente de la société civile, des journalistes et des syndicats (lire notre article). Ce texte comporte des risques graves de régression en matière de droit à l’information et expose tous ceux qui s’intéresseraient de trop près aux activités des entreprises à des poursuites judiciaires. Là encore, les invectives répétées du FN contre les lobbys et le manque de transparence des institutions européennes ne l’empêchent pas de valider un texte en contradiction flagrante avec ces beaux discours. D’autant plus que la directive a été directement inspirée par des cabinets de lobbying au service de grandes multinationales, qui ont travaillé main dans la main avec la Commission, comme l’a montré une enquête de l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory. C’est peut-être pourquoi Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et lui aussi eurodéputé, a cherché ultérieurement à prétendre, face à des journalistes, que le FN n’avait en fait pas voté pour cette directive…
Pourquoi les députés FN soutiennent-ils une telle mesure favorable aux multinationales, à leurs stratégies de contournement de l’impôt, à leurs pratiques néfastes en matière sociale ou environnementale ? Sans doute parce que le parti d’extrême droite s’accorde avec la vision du monde de certains grands groupes français qui se sentent menacés par la concurrence « étrangère ». Les révélations des Panama Papers, quelques jours auparavant, ont aussi probablement joué un rôle. Des proches de Marine Le Pen comme Frédéric Chatillon – ancien militant du groupuscule néofasciste violent Gud – et l’expert-comptable Nicolas Crochet, ont ainsi été mis en cause. Ils avaient recouru à des montages financiers « offshore » pour mettre à l’abri dans des paradis fiscaux des fonds provenant de leur société Riwal, principal prestataire du FN pour sa communication. Le but de l’opération était, selon leur propre aveu au Monde, d’« échapper à la pression médiatique ». La directive « secret des affaires » compliquera ce type d’investigations.

Renforcer le pouvoir des salariés : le FN vote contre

Malgré leur rhétorique sur les attaques contre les travailleurs, les eurodéputés frontistes ne sont pas tendres envers les syndicats. Lors du vote de la résolution du Parlement européen sur les affaires Alstom et Caterpillar, ils ont rejeté une série d’amendements visant à renforcer les droits des salariés et de leurs représentants face aux restructurations et aux licenciements boursiers, et à les associer plus étroitement à la définition des stratégies des entreprises.
Lors de l’adoption de la loi travail en France en 2016, alors même que Marine Le Pen dénonçait publiquement le texte, les sénateurs FN David Rachline et Stéphane Ravier ont cherché à y inclure en douce, avant de les retirer, plusieurs amendements visant à réduire les droits syndicaux, notamment dans les petites entreprises, et supprimer certains droits sociaux comme le compte pénibilité. De quoi ravir le patronat.

Droits des femmes et égalité au travail : le FN vote contre

La défense des droits des travailleuses et de l’égalité au travail ne semble pas compatible avec la vision du monde du Front national. Comme le rappellent l’eurodéputée socialiste Pervenche Bérès dans un petit livre, ou la journaliste Marine Turchi dans un article plus ancien pour Mediapart, les parlementaires FN s’opposent systématiquement aux efforts du Parlement européen dans ce domaine. Ils « ont voté contre les huit rapports présentés au Parlement européen depuis 2014 visant à renforcer les droits des femmes, écrit Pervenche Bérès. Ils sont opposés au congé maternité harmonisé à 20 semaines partout en Europe et rémunéré à 100 % ; ils sont contre un salaire égal entre les femmes et les hommes à compétences égales. » L’eurodéputé frontiste Dominique Martin a défendu en séance la « liberté des femmes de ne pas travailler » et de « s’occuper de leur foyer », à laquelle il faudrait accorder selon lui une importance au moins égale à celle de l’égalité salariale.

Prévenir les cancers professionnels : le FN vote contre

Le Front national est tout aussi absent sur les questions de santé et de sécurité au travail. Une proposition de directive sur les cancers au travail est actuellement en cours de discussion au Parlement. Les eurodéputés de la commission Emploi ont souhaité renforcer la proposition très faible élaborée par la Commission (lire notre article), en fixant des seuils d’exposition plus stricts et en incluant de nouvelles substances dans la liste des produits potentiellement toxiques. Les deux députés FN qui siègent dans cette commission, Dominique Martin et Joëlle Ménil, sont parmi les rares à s’y être opposés. On verra quelle sera leur attitude lors du vote en plénière.

Lutter contre l’évasion fiscale : le FN vote contre

Une grande partie des votes négatifs des eurodéputés FN contre des mesures visant à défendre les travailleurs et les classes défavorisées semblent motivés par le refus de toute avancée sociale dès lors qu’elle se situe au niveau européen. Ils rendent Bruxelles et l’euro responsables de la détresse sociale que connaissent de nombreux Français, mais contribuent dans le même temps à bloquer toutes les tentatives d’atténuer le carcan néolibéral qui pèse aujourd’hui sur l’Europe.
Quand bien même ils ne cessent de dénoncer l’évasion fiscale des multinationales – du moins quand elles sont états-uniennes –, ils ont refusé de voter en faveur d’une résolution du Parlement, adoptée en décembre 2015, sur la lutte contre l’évasion fiscale en améliorant « la transparence, la coordination et la convergence des politiques en matière d’impôts sur les sociétés au sein de l’Union ». Explication de ce refus ? Cela risquait d’encourager une évolution vers une « union fiscale ».