vendredi 6 avril 2012

Mélenchon: «L'insurrection est un devoir sacré de la République»

REPORTAGE : Tout à tour lyrique, didactique, ou grave, le leader du Front de gauche a une nouvelle fois réussi à galvaniser la foule, massive, massée place du Capitole à Toulouse.  


Par Lilian ALEMAGNA, envoyé spécial à Toulouse  
«Allez! On a fini le rouge, on fait le noir!» En plein milieu de la place du Capitole de Toulouse, ils sont huit en ligne à agiter de grands cartons pour faire sécher la peinture. A leur pied, la banderole du rassemblement: «Prenons le pouvoir, votons Mélenchon».
Du rouge, Jean-Luc Mélenchon en avait beaucoup en face de lui hier soir. Drapeaux, pulls, cravates, collants... Le candidat du Front de gauche à la présidentielle a rassemblé de nouveau plusieurs dizaines de milliers de personnes (70 000, selon les organisateurs), venus en centre-ville malgré la pluie. «Je connais bien ma ville. C'est colossal», entend-on en coulisses. La «réplique» voulue par Mélenchon à sa «reprise de la Bastille» mi-mars à Paris est d'une magnitude élevée.
Lyrique puis didactique, grave, son discours dure un peu moins de trente minutes. Mélenchon répond d'abord à la droite qui critique le «coût» de son programme: «Je vous demande moi des comptes sur le malheur que vous répandez?» Puis il égrène sa vision républicaine et internationaliste. «Constituante», nouveaux droits constitutionnels, «souveraineté» du pays, nouvelles alliances... «Dès lors qu'il n'y a plus de liberté, l'insurrection est un devoir sacré de la République», lance-t-il. Son discours est réussi. Le rassemblement aussi.

«RESISTANCE»

Avant l'entrée en scène du candidat, beaucoup patientait déjà pour assister au deuxième des quatre grands rassemblements du Front de gauche avant Marseille le 14 avril et le Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris le 19. Dans le public, les pancartes sont tenues fièrement: «Osons Mélenchon présidons», «Dans le Mélenchon, tout est bon»... Celle d'Elsa c'est «Le bonheur existe et j'y crois». Cette assistante de vie scolaire de 41 ans a inscrit «RESISTANCE» au feutre sur son front. Elle est fière: «Maintenant qu'il est troisième, le vote utile, c'est Mélenchon. Je dis aux copains de se faire plaisir!»
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