vendredi 15 novembre 2013

Nucléaire iranien/Genève : « La politique étrangère porte atteinte à la crédibilité de la France »


Il n'y aura donc pas d'accord international ce week-end à Genève sur le nucléaire iranien. 
L'arrivée in-extremis du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour exiger des "concessions" à l'Iran a fait capoter ce cycle de trois jours intenses de négociations multi-partites entre l'Iran, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France.

On sait que ces négociations constituaient le résultat de plusieurs mois de travail entre Américains, Iraniens et de l'Union européenne, portant des avancées réelles. Un accord est donc possible, c'est encourageant et ce qui a, sans nul doute, permis aux négociateurs de se quitter, certes sans accord mais en prenant date pour le 20 novembre prochain.
Hasard des calendriers ? cette date correspond au lendemain de la visite officielle que François Hollande va effectuer en Israël, et Palestine.

Quelle politique la France poursuit-elle exactement ? Quels intérêts défend-elle ? celui de la paix, du désarmement et de la dénucléarisation du Proche et du Moyen-Orient ? Rien n'est moins sûr.
L'intervention de Laurent Fabius dans les négociations de Genève peine à cacher, sous les circonvolutions rhétoriques d'usage et un vocabulaire technique prétendument responsable, un parti pris partagé avec l'Arabie saoudite et Israël, doté - faut-il le rappeler ?- de la capacité nucléaire. L'Arabie saoudite a, quant à elle, investi dans le programme nucléaire du Pakistan avec l'intention d'en retirer le bénéfice et de se doter de l'arme nucléaire à des fins "pacifiques", dit-elle.

Exiger des "concessions" à l'Iran dans le cadre de ces négociations, c'était donc exiger de lui publiquement de se plier devant la "communauté internationale". C'était s'assurer d'un refus iranien, et donc d'un blocage -au prix, d'ailleurs, d'un renforcement de l'isolement de la France.
Ce n'est pas de la diplomatie, et encore moins de la politique. C'était abandonner, et pousser tous les négociateurs à abandonner, l'objectif des discussions : éloigner le danger nucléaire pour tous les peuples de la région, et pour le monde tout entier.

Le PCF ne félicite pas le ministre français des Affaires étrangères dont la politique, depuis plusieurs mois en mettant ses pas dans ceux de son prédécesseur, porte maintenant atteinte à la crédibilité de la France sur la scène internationale et contribue à compliquer l'action diplomatique particulièrement déployée par l'ONU, notamment pour tenter de dénouer la crise syrienne.
Ce que la France doit faire aujourd'hui est tout autre. Elle doit libérer sa politique internationale des injonctions des milieux d'affaires, des lobbies militaro-indutriels, des pressions de ses "alliés" surtout quand ceux-ci poursuivent une politique militariste et de domination régionale, elle doit s'émanciper d'une conception rétrograde et vouée à l'échec de relations internationales fondée sur les menaces.
La France peut changer sa politique extérieure. Elle ne resterait pas très longtemps seule sur ce terrain, et contribuerait avec d'autres à jeter les bases de résolution réelle des souffrances profondes et nombreuses, des facteurs de crises et de conflits que le capitalisme financier mondialisé a dramatiquement multipliés.
Communiqué du Parti communiste français 

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