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samedi 7 juin 2014

Philippe Marlière : « La notion de socialisme a été dévoyée par le gouvernement »

Entretien par Laura Raim
Professeur de sciences politiques à University College London, Philippe Marlière est co-fondateur avec l’ex-eurodéputé PS Liêm Hoang Ngoc du club des "socialistes affligés". Il explique leur démarche, à la fois critique et constructive, et qui n’exclut personne entre le PS et le Front de gauche.
Le Club des "socialistes affligés" sera officiellement lancé samedi 7 juin lors d’un colloque à Paris sur les alternatives à la politique de l’offre.
Regards. D’où est venue l’idée de ce mouvement ?
Philippe Marlière. Le club des "socialistes affligés" s’est construit par petites touches depuis plus d’un an. Je connais Liêm Hoang Ngoc depuis une dizaine d’années. Nous avons milité ensemble dans la gauche du Parti socialiste, notamment lors de la campagne pour le "non" au traité constitutionnel européen en 2005. Nous avons très tôt pris conscience que la présidence Hollande allait chavirer. Il est allé faire allégeance à l’ordo-libéralisme d’Angela Merkel à Berlin deux jours après son élection. Deux ans plus tard, nous voici au Pacte de responsabilité, et il a nommé le plus droitier des dirigeants de son parti à Matignon. Nous sommes partis d’un double constat : d’une part, l’opposition socialiste à cette politique néo-sarkozyste reste inaudible à l’extérieur du PS. D’autre part, le Front de gauche ne parvient pas à gagner la confiance d’un électorat socialiste désabusé et en colère. Les "socialistes affligés" veulent aider à fédérer des forces éparses à gauche pour proposer une alternative crédible à un gouvernement de plus en plus discrédité et rejeté par la population.
Vous vous définissez à la fois comme "socialiste" et comme compagnon de route du Front de gauche…
Oui, et je ne suis pas le seul au Front de gauche ! Je note que le Parti de gauche se revendique "éco-socialiste", et il existe de nombreux socialistes au sein du Front de gauche, certains sont d’ex-membres du PS, d’autres pas. Évidemment, mon socialisme n’a rien à voir avec les néolibéraux du gouvernement qui se font élire sous l’étiquette socialiste, ou même les sociaux-démocrates bon teint. Je suis d’accord avec François Mitterrand (qui n’est pourtant pas un personnage que j’admire) quand il déclarait au congrès d’Épinay : « Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre capitaliste ne peut pas être un des membres du Parti socialiste ». Voilà mon socialisme ! Voici aussi pourquoi j’ai quitté le PS en 2009, en même temps que Jean-Luc Mélenchon et ses amis.
« Nous ne tentons pas un remake de la Gauche plurielle »

Avec l’appellation "socialistes affligés", vous restez toutefois à l’intérieur du cadre du PS. Pourquoi ne pas avoir décidé d’en sortir ?

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