Liste UN ENGAGEMENT COMMUN

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samedi 28 juin 2014

Quelle mort de quelle gauche?

Par Yvon Quiniou
Le propos alarmant de Manuel Valls annonçant l'éventuelle mort de la gauche constitue une double mystification. D'abord parce que cette mort de la gauche socialiste est survenue idéologiquement depuis longtemps et qu'elle a été opérée pratiquement par la politique de F. Hollande, clairement assumée par Valls. Tout le monde aujourd'hui reconnaît que le Parti dit "socialiste" n'est ni socialiste ni social-démocrate mais social-libéral et que sa politique actuelle est, à quelques réformes sociétales près, de droite. D'ailleurs, Valls lui-même incarne au PS le courant le plus droitier de celui-ci puisque son positionnement vise à abandonner toute idée de "socialisme". Or, peut-il y avoir une gauche authentique sans un ancrage idéologique fort dans cette idée? Autant demander d'abandonner la référence au Christ dans le christianisme! En ce sens, cette mort annoncée, en partie pour faire taire les dissidents qui ne s'y résignent pas, a tout d'un meurtre: en politique il n'y a pas de mort naturelle et ledit PS est en train de casser historiquement la gauche (voir un de mes précédents billets), rejoignant la cohorte de ses partis amis en Europe qui mettent en oeuvre ou soutiennent dans leurs pays respectifs les pires mesures anti-sociales que nous ayons connues depuis un siècle (alors que les dirigeants de la finance internationale se portent, eux, très bien). Avec la conséquence que nous voyons arriver: la montée d'une extrême-droite fascisante se nourrissant des effets dramatiques de cette orientation dans les classes populaires. Car il faut le marteler: l'influence grandissante de cette extrême-droite ne signifie en rien une adhésion de masse à son idéologie, elle n'est que l'expression d'une souffrance sociale produite par le néo-libéralisme et la mondialisation capitaliste que les élites politiques qui alternent au pouvoir, PS  inclus par conséquent, soutiennent activement, voir passionnément. Le PS, donc, non seulement tuerait la gauche mais il provoquerait la renaissance des idées fascistes? En tout cas, si on laisse de côté ce dernier point, le propos de Valls  a tout l'air d'une autocritique involontaire en même temps que d'un énoncé performatif: il dit ce que son auteur veut faire pour y habituer les consciences et faciliter ainsi sa réalisation. Stratégie classique: on a ainsi annoncé autrefois la mort de la référence à Marx (souvenez vous des "nouveaux philosophes")... pour contribuer à la faire disparaître... alors qu'elle ne s'est jamais mieux portée qu'aujourd'hui!
Mais tout autant, il y a l'autre aspect de cette mystification, qui ressemble ici à un mensonge délibéré et malhonnête. En parlant de la gauche,  Valls s'approprie frauduleusement cette identité (voir ce qui précède), il oublie ou fait semblant d'oublier qu'il y a en France une autre gauche, celle du Front de gauche. 

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