Appel

jeudi 26 janvier 2012

Gilles Balbastre « Notre critique est une critique de classe »

Gilles Balbastre a réalisé avec Yannick Kergoat les Nouveaux Chiens de garde. Il revient sur le fonctionnement aberrant des grands médias et suggère à la gauche « politique et syndicale » de se saisir du débat. 

Le film que vous cosignez avec Yannick Kergoat dénonce le formatage 
de l’information. Quel était votre objectif ?
Gilles Balbastre. Nous posons 
la question politique des médias. Dans quel univers médiatique nous trouvons-nous, 
et pourquoi ? Il y a eu dérégulation du marché des médias et de la presse, comme il y a eu dérégulation du marché de l’éducation, 
de la santé, des transports… Depuis trente ans, le seuil de concentration des médias s’est 
élevé et, dans le même temps, les journalistes ont perdu leur statut de résistance et n’ont plus vraiment les moyens de s’opposer à leur hiérarchie. Ce documentaire est un premier constat cinématographique. C’est intéressant de voir le nombre de grands médias qui nous sollicitent depuis la fin du film. Ils nous invitent pour en parler sur les plateaux télé alors qu’ils sont pris la main dans le sac. J’avoue que 
je trouve ça suspect en termes de récupération. En tout cas, nous avons tenté, avec ce film, 
de faire en sorte que les initiés ne s’ennuient pas, et qu’il soit pédagogique et ouvert aux troupes citoyennes qui n’ont pas encore tous 
les éléments pour avoir un avis complet 
là-dessus. Nous voulons dépasser le noyau dur de la critique des médias. On a de la chance, 
ce film sort au bon moment, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

Au centre de votre film, il y a ce triptyque dangereux journalistes-politiques-patrons, 
qui fonctionne comme une grande famille. Comment en est-on arrivé là ?
Gilles Balbastre. Je voudrais vous citer un extrait de la déclaration des devoirs et des droits 
de la presse libre, adoptée par la Fédération nationale de la presse en 1945, c’est-à-dire, par les patrons de presse : « La presse n’est pas un instrument de profit commercial, c’est un instrument de culture, sa mission est de donner des informations exactes, de défendre 
des idées, de servir la cause du progrès humain. La presse ne peut remplir cette mission que 
dans la liberté et par la liberté.
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