La fete des Allobroges

samedi 21 janvier 2012

Le "J'accuse" des ouvrières de Lejaby

Les salariées du fabricant de lingerie Lejaby ont accusé jeudi les pouvoirs publics de leur avoir "menti", au lendemain de l'annonce de la fermeture de leur dernière usine à Yssingeaux (Haute-Loire), érigée en symbole d'une industrie française en crise et soumise aux délocalisations.
"Les pouvoirs publics ont fait semblant de nous soutenir, nous ont menti, ont préféré les déclarations d’intention à l’action pour garder l’emploi", écrivent les "Lejaby" dans une motion adoptée en assemblée générale. "Ils ont laissé prendre le contrôle du groupe Lejaby par un fond de pension italien et l’arrêt des productions en France. C’est inacceptable et c’est l’exemple de l’échec du sommet social" de la veille à l'Elysée, dénoncent-ils.
Plusieurs salariés ont passé la nuit de mercredi à jeudi dans l'usine, après l'annonce par le tribunal de commerce de Lyon d'un repreneur, Alain Prost, ex-PDG de l'Italien La Perla, associé au sous-traitant de Lejaby en Tunisie. Il s'est engagé à garder 195 des 450 salariés en France, mais a prévenu que l'usine d'Yssingeaux fermerait. "Notre lutte est le symbole de ce que subissent aujourd’hui les salariés. Nous refusons de baisser les bras", mettent en garde les salariés d'Yssingeaux, qui réclament "un plan de réindustrialisation" de leur site.
Ils ont également dénoncé jeudi le "bluff" de Xavier Bertrand, annonçant que 98% de leur rémunération nette serait maintenue pendant un an en vertu du contrat de sécurisation professionnelle, alors qu'il ne s'agit que du dispositif légal. "C'est pas qu'un effet d'annonce, c'est un bluff total !", a déclaré Raymond Vacheron, responsable textile à la CGT, présent à l'assemblée générale d'Yssingeaux.
Pour le Parti communiste, "Lejaby est le symbole cruel de l'incompétence gouvernementale" au lendemain du sommet "social". Il accuse les pouvoirs publics d’avoir "menti" et "fait semblant de les soutenir". "Le PCF exige des mesures concrètes contre les plans sociaux, les délocalisations et la précarité", ajoute-t-il dans un communiqué.

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