Cinq hôpitaux visités, rencontres avec les directions des établissements, les syndicalistes, les usagers, une réunion publique… la délégation de députés et sénateurs communistes n’a pas chômé, au cours de deux journées de déplacement dans la région grenobloise. Une conviction, à l’issue de ces débats : l’hôpital illustre un choix de société, l’accès à la santé ou la fabrique à dividendes.
Témoignages. Les hospitaliers comme les usagers de l’hôpital n’en sont pas avares… et ce n’est pas toujours réjouissant. Le tour des France des parlementaires communistes qui faisait escale en Dauphiné les 26 et 27 février n’a pas échappé à la règle.
Michel
Soulié intervient devant les parlementaires, Pierre Dharréville, Annie
David, Guillaume Gontard, Laurence Cohen et Dominique Wattrin.
Réalités qui ne sont plus aujourd’hui contestées par personne : on a fait toutes les économies possibles et imaginables, reste aujourd’hui à réduire le personnel. Et c’est ce à quoi s’attachent les politiques mises à œuvre à l’hôpital. Laurence Cohen, sénatrice du Val de Marne, constatait ainsi que le nombre de lits hospitaliers a été réduit de 60 000 entre 2003 et 2015, pour 23 000 création de « lits à temps partiels », des places d’hospitalisation moins médicalisées. Michel Soulié, syndicaliste CGT, notait que le groupement hospitalier de territoire a été mis en place avec cet objectif : la mutualisation des services avec des suppressions de postes. C’est la cas de la cuisine à La Mure, qui s’approvisionne partiellement au CHU de Grenoble, avec à la clé la disparition de deux emplois.

Laurence Cohen sénatrice du Val-de-Marne.
Pourtant, de nouvelles baisses de la tarification ont été annoncées fin février et il va encore falloir faire des économies. « On voit bien que nous sommes au bout d’un système », notait Dominique Wattrin, sénateur du Pas-de-Calais. Car les chiffres sont abyssaux. « Ces dix dernières années, on a demandé aux hôpitaux de réaliser sept milliards d’euros d’économie dont trois milliards ces trois dernières années et le budget de la sécurité sociale voté par la majorité actuelle prévoit encore, pour la seule année 2018, une réduction des budgets de 1,5 milliard », indiquait-il. Cela alors que le vieillissement de la population, le développement de maladies chroniques et tout simplement l’augmentation de la population entraînent des besoins supplémentaires.

Dominique Wattrin, sénateur du Pas-de-Calais.
Pour sortir de ces logiques, députés et sénateurs communistes ne manquent pas de propositions. Comme celle, toute simple, de supprimer la taxe perçue par l’Etat sur les salaires des hospitaliers. Quatre milliards. Soit 75 000 emplois. Quatre milliards, c’est aussi ce que l’Etat a abandonné aux grandes fortunes en réformant leur impôt.

Christian
Villermet, directeur du centre hospitalier de La Mure et Mustapha
Soussi, médecin urgentiste et président de la commission médicale
d’établissement.
Le tour de France des hôpitaux des parlementaires communistes va se poursuivre. Avec un objectif, celui de contribuer à ce que la situation de l’hôpital fasse irruption sur la place publique et que des collectifs se créent pour la défense et la promotion de l’hôpital. Les entretiens que les parlementaires auront eus vont se traduire par des propositions de loi qui seront mises en débat dans tout le pays.
Car s’il est bien un enjeu de société aujourd’hui, c’est celui du droit à l’accès aux soins pour tous.
Luc Renaud

Les représentantes syndicales Unsa et CGT à l’hôpital de la Mure.
LE TRAVAILLEUR ALPIN
Pierre Dharréville : « la santé n’est pas une fabrique à dividendes »
Pierre Dharréville, député communiste des Bouches-du-Rhône, participait à la délégation qui s’est rendue dans les hôpitaux de Voiron, Saint-Egrève, au CHU de Grenoble, à l’hôpital Sud et à la Mure. « J’en retiens d’abord l’engagement de ces hommes et ces femmes qui, très attachés à leur métier, souffrent des conditions dans lesquelles ils sont contraints de l’exercer », dit-il. Car la situation est grave. « L’hôpital public est arrivé à un point de rupture, qui impose des décisions politiques ». Pour le député, il est impératif de donner priorité à l’hôpital public, au service public hospitalier faute de voir se transformer le système de santé en « fabrique à dividendes ».
Pierre Dharréville, député communiste des Bouches-du-Rhône.
« Nous allons faire des propositions pour redonner à l’hôpital public les moyens de son fonctionnement, pour que la sécurité sociale retrouve l’ambition d’une couverture à 100% du risque maladie, pour développer la formation des personnels et ouvrir de nouveaux droits ».
Un ensemble de propositions à débattre avec les personnels et l’ensemble de la population. « La situation est telle qu’une prise de conscience s’impose et nous avons bien l’intention de jouer notre rôle pour le développement des luttes pour développer un système de santé à la hauteur des besoins ».

Le débat a eu lieu le 26 février dans l’amphi du CHU à Grenoble.
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